Réforme de la Directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique

Dans une lettre ouverte aux membres de la Commission des affaires juridiques du Parlement européen, l’association SPARC Europe et les principales associations européennes du domaine de l’enseignement et de la recherche mettent en garde contre les risques de dérives de la directive «Copyright». Elles souhaitent un engagement ferme de l’Union en faveur de l’Open Science et de l’Open Access.

S’associent pleinement à cette démarche :

  • Le consortium Couperin.org,
  • la Conférence des Présidents d’Universités (CPU),
  • la Conférence des Grandes Écoles (CGE),
  • la Conférence des Directeurs des Écoles Françaises d’Ingénieurs (CDEFI),
  • l’Association des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation (ADBU),
  • l’association des responsables IST des organismes de recherche (EPRIST),
  • le Centre national de la recherche scientifique (CNRS),
  • l’Institut national de la recherche agronomique (INRA),
  • l’Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture (IRSTEA),
  • l’Institut français des sciences et technologies des transports, de l’aménagement et des réseaux (IFSTTAR),
  • le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD),
  • l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD),
  • l’Institut national d’études démographiques (INED)
  • l’Institut national de recherche en informatique et en automatique (INRIA)

Le communiqué commun «Réforme de la Directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique : nous partageons et soutenons les mises en garde des principales associations européennes de l’enseignement et de la recherche» marque la volonté des signataires de voir la nouvelle directive sur le droit d’auteur s’inscrire dans une orientation permettant aux communautés de l’enseignement supérieur et de la recherche d’accomplir pleinement leur mission de recherche et d’enseignement, en développant pleinement les potentialités du numérique, en s’orientant résolument vers l’Open Science, au sein d’un cadre juridique équilibré, sans régression ni entrave au-delà de ce qui est nécessaire.

Vous trouverez le communiqué complet sur le site Couperin

Open Access Café le 23/10 au pôle Pharmacie

La 10e édition de la semaine internationale du Libre accès aura lieu cette année du 23 au 29 octobre 2017.

Le thème de l’édition 2016 est : “Open in order to…

« Cet événement mondial permet à la communauté scientifique d’en savoir plus sur les bénéfices du libre accès, de partager ses connaissances et ses expériences entre collègues, et de contribuer à la promotion du libre accès. » En France, la manifestation est coordonnée par le consortium Couperin, en partenariat avec les URFIST.

Dans ce cadre, le pôle Pharmacie (4, avenue de l’Observatoire, 75006 Paris) vous propose une rencontre informelle le lundi 23 octobre 2017, de 12h à 14h (salle Houël, à droite au rez-de-chaussée, entrée libre, café et badges offerts comme tous les ans).

Les bibliothécaires du pôle Pharmacie de la BIU Santé vous parleront rapidement des enjeux de l’Open Access et répondront aux questions que vous vous posez :

Open lock / Jisc and Matt Lincoln / CC BY-NC-ND

– Qu’est-ce que l’Open Access, quel intérêt pour les chercheurs ?

– Où et comment déposer ses publications ?

– Gérer son identité numérique, pour quoi faire ?

… et à toutes vos autres interrogations, qu’elles concernent l’OA ou non ! Problèmes d’accès aux ressources électroniques, recherches documentaires, etc.

Venez avec vos articles sur une clef USB, nous vous aiderons à leur rendre leur liberté.

Dans la salle Houel sera également projeté à 12h le documentaire de 2014 «The Internet’s Own Boy: The Story of Aaron Swartz», de Brian Knappenberger. Il retrace la vie et les actions d’Aaron Swartz, militant de l’Internet libre, mort en 2013.

Pour ceux qui ne pourront pas venir, ce documentaire est consultable librement en ligne :

En savoir plus

Open Access Café à la BIU Santé
Dans le cadre de l'OA Week 2017, échanges autour de l'Open Access avec les chercheurs de la faculté de Pharmacie de Paris.
Debut: 10/23/2017 12:00 pm
4, avenue de l'Observatoire
Paris, Île-de-France
75006
FR

Unpaywall et le libre accès à la BIU Santé

Avez-vous déjà entendu parler d’Unpaywall ? Cette extension pour navigateurs fait le buzz depuis début avril, date de son lancement officiel. Les revues scientifiques prestigieuses en parlent également, comme Nature, dans la rubrique Toolbox de son site.

Cette extension gratuite est à installer dans votre navigateur Chrome ou Firefox. Elle a d’ailleurs été téléchargée sur tous les postes publics de la BIU Santé, où vous pourrez bénéficier de ses services.

Comment ça marche ?

Unpaywall se révèle utile quand on se heurte à un… Paywall (d’où son nom). C’est-à-dire quand un éditeur vous demande de payer pour accéder à un article scientifique. Ce qui arrive aussi parfois à la BIU Santé malgré les milliers d’abonnements achetés à grands frais chaque année.

Sur la page d’un article payant, Unpaywall cherchera automatiquement une version gratuite du document. Si une telle version existe, un bouton vert apparaîtra à droite. Il suffira alors de cliquer dessus pour accéder à l’article gratuit – comme dans l’exemple ci-dessous :

Pour parvenir à cet exploit, Unpaywall se base sur le DOI des articles. Cet identifiant est alors cherché dans toute une liste de réservoirs légaux du type PubMed Central, DOAJ, Crossref 90 millions de documents seraient actuellement référencés par ce système. Rien à voir avec le piratage (et Sci-Hub, pour ne pas le nommer), il s’agit de versions libres d’articles parfois payants. Et aucune information personnelle ne vous sera demandée en échange.

Il est possible de personnaliser quelque peu l’extension : par exemple en lui demandant de distinguer les articles en Green Open Access (qu’elle affichera avec une icône… verte !) et les articles en Gold Open Access (icône jaune).

Unpaywall est développé par Impactstory. Un site Web financé par la National Science Foundation et la Alfred P. Sloan Foundation.

Il n’y a pas qu’Unpaywall dans la vie…

Cette extension rejoint d’autres projets du même type, dont la BIU Santé vous avait déjà parlé :

N’oubliez pas que la BIU Santé vous propose aussi une page spécifique sur la recherche d’articles en libre accès, ainsi que des informations sur l’Open Access.

Google Scholar propose également sa propre extension pour chercher des contenus académiques. Mais les résultats trouvés ne seront pas forcément légaux, puisque GS donne également des liens sur ResearchGate ou Academia. En effet certains chercheurs y téléchargent parfois des articles qu’ils n’ont pas encore le droit de déposer. Une option à cocher dans les préférences d’Unpaywall permet de désactiver la recherche sur ces sites. Les résultats sont alors moins nombreux, mais légaux, à vous de voir !

Open Access, réseaux sociaux et éditeurs

À noter que la plateforme Academia fait en ce moment l’objet d’une bien mauvaise presse. Elle commence en effet à faire payer ses utilisateurs pour accéder aux fonctions de recherche avancée – dans le texte intégral des articles. Articles qui ont été déposés gratuitement par leurs auteurs. Pas vraiment une surprise, mais qui confirme le regard critique à garder sur les réseaux sociaux académiques – outils commerciaux, qui peinent à trouver un modèle économique viable. Autant de soucis que vous n’aurez pas avec une archive ouverte institutionnelle du type HAL. Pour mémoire, revoir cet excellent comparatif entre les deux systèmes.

De leur côté, les éditeurs tentent de reprendre la main en contrôlant comme ils le peuvent le partage des articles publiés dans leurs revues (sujet également abordé sur le site Nature).

En savoir plus

Le site de l’extension Unpaywall et sa Foire Aux Questions (en anglais)

La page du site BIU Santé pour trouver des articles en libre accès

La page BIU Santé sur l’Open Access

How a Browser Extension Could Shake Up Academic Publishing (en anglais)

Outils de communication scientifique : les résultats pour la France

InnoScholComm logo 550x550En 2015, nous avions relayé l’enquête menée par l’université d’Utrecht concernant les outils pour la communication scientifique utilisés par les chercheurs.

Tous les résultats (anonymisés) sont librement consultables et téléchargeables sur le site de l’étude (vive l’Open Data!). Une interface intuitive permet de manipuler aisément ces données pour des comparaisons immédiates.

Au niveau mondial, cette enquête a rencontré un vif engouement, avec plus de 20.000 participants.

La France est le 5e pays en nombre de réponses (1150 chercheurs).

survey_questions

Une exploitation intéressante de ces chiffres a été mise en avant par l’European Association for Health Information and Libraries : il s’agit d’une extraction des 2.200 réponses émanant de l’Europe pour la discipline Médecine. Les résultats de cette vue particulière sont consultables via cette interface.

Malheureusement, dans cette discipline, la France n’est représentée que par 139 chercheurs (si l’on exclut les bibliothécaires et documentalistes qui pouvaient également répondre à l’enquête).

Ce faible nombre ne permet pas d’extrapoler des statistiques, d’autant que l’échantillon n’est en rien représentatif. Quelques chiffres notables néanmoins, sur ce panel restreint de 139 chercheurs français du secteur médical :

pubmed-4-300Sans surprise PubMed est plébiscité pour la recherche de littérature : 126 personnes déclarent l’utiliser. Viennent ensuite Google Scholar (104), Web of Science (36), Scopus (17), Mendeley (9) et Paperity (8), entre autres. Le même classement se retrouve à peu près au niveau européen.

Une fois les références trouvées, les chercheurs y accèdent majoritairement par leur institution / leur bibliothèque (118), mais aussi via ResearchGate (45), des courriels envoyés aux auteurs (35), la consultation d’articles en Open Access (33), et l’achat direct sur les sites des éditeurs (13). L’Open Access Button, dont nous avons déjà parlé ici, est beaucoup plus utilisé dans les autres pays (3e position).

Les systèmes d’alerte et de recommandations sont relativement peu utilisés : Google Scholar (39), ResearchGate (28), PubMed (21), JournalTOCs (22), Mendeley (6), et les sites des revues elles-mêmes (4).

Pour analyser des données, le bon vieil Excel prévaut (97 répondants), suivi par R (33), SPSS (16), GraphPad ou StatView (14), MATLAB (9). Pas de surprise non plus pour l’écriture, avec Microsoft Word (132) puis notamment Google Drive (39) et LateX (14).

zoteroDu côté des logiciels de bibliographie, Zotero est en tête (63 utilisateurs), talonné par EndNote (53), puis Mendeley (10), Papers (6), ReadCube (3), JabRef (3). La situation est bien différente au niveau européen pour les chercheurs en médecine : Zotero est au 4e rang, derrière EndNote (largement en tête), Mendeley puis RefWorks.

Plusieurs outils sont cités pour l’archivage et le partage de publications : ReserchGate (39), PubMed Central (36), les répertoires institutionnels (25), le partage des notes de travail (22), arXiv (4). Le partage de données est encore balbutiant (8 répondants citent GitHub), idem pour les posters et les présentations (7 utilisateurs de Slideshare).

Le choix de la revue où publier repose encore grandement sur le facteur d’impact du JCR (en tête avec 39 répondants). Idem pour mesurer l’impact après publication : JCR/Facteur d’impact (43), Web of Science (30), Scopus (18), Altmetric (14), PLoS (10).

Pour communiquer en dehors du milieu académique, 25 répondants utilisent Twitter, 23 Wikipédia, 11 WordPress, 8 Facebook, LinkedIn ou bien Google+. Pour les profils de chercheurs, on retrouve la prépondérance de ResearchGate (55), Google Scholar (40), Orcid (23), les pages institutionnelles (20), et Academia (10). Même classement au niveau européen.

BAQuant au développement le plus important dans la communication scientifique au cours des années à venir, de nombreux répondants citent l’Open Access – soutenu par 110 d’entre eux (16 ne savent pas, 5 sont contre).

Tous ces chiffres, à manipuler avec précaution, donnent quand même des pistes sur les outils connus et utilisés, à défaut de pouvoir en tirer des généralités.

Une enquête nationale ciblant ces publics serait sans doute utile, pour mieux cerner les pratiques et les besoins, et y répondre au mieux en bibliothèque.

David Benoist

Coûts des abonnements : l’exemple finlandais

flag-of-finland-123273_960_720La nouvelle est passée relativement inaperçue, notamment en France : pour la première fois, un pays entier, la Finlande, a rendu public le montant des abonnements payés aux éditeurs scientifiques.

Cette divulgation inédite résulte d’une initiative menée notamment par Open Knowledge Finland (OKFFI) et rOpenGov.

Les données concernent la période 2010-2015, avec les montants réglés par les universités et institutions de recherche à 244 éditeurs – soit environ 22  millions d’euros par an. Les jeux de données sont téléchargeables et exploitables sous licence Creative Commons. Concrètement, ces chiffres sont difficilement exploitables en l’état, les coûts n’étant pas présentés de manière détaillée et uniforme suivant les établissements.

Une première analyse de ces données a été publiée par le site de rOpenGov (en anglais).

couts-finlandeUne telle initiative s’inscrit dans le cadre de l’Open Science et de l’Open Data, comme préconisé dans le plan d’action d’Amsterdam sur l’innovation en matière de science ouverte, dévoilé en avril dernier (cf. également le projet européen H2020). Questions également inscrites dans la nouvelle loi numérique, actuellement en cours de discussion en France (voir notre billet de septembre 2015 pour ses implications sur les articles scientifiques et les données de la recherche).

C’est une question cruciale dans une période où les bibliothèques connaissent des difficultés grandissantes pour s’abonner aux revues nécessaires à leurs lecteurs. Les prix des abonnements ne cessent d’augmenter (10% par an en moyenne pour 2010-2015 en Finlande), tandis que les budgets des bibliothèques stagnent ou diminuent.

Un site Web répertorie les informations partielles sur ces coûts qui étaient déjà disponibles pour différents pays (dont la France). Mais l’accès à ces données demeure difficile – comme le prouve cet exemple suisse d’un simple citoyen qui tente d’obtenir par voie de justice la communication de ces montants. Autant d’informations qui relèvent des politiques des consortia et des États qui négocient avec les vendeurs.

Un article au nom évocateur (en anglais), Opening the Black Box of Scholarly Communication Funding, milite pour la divulgation publique des sommes payées aux éditeurs.

Le développement de l’Open Access pourrait être l’une des solutions à cette problématique centrale pour la recherche. En Finlande, 18% des articles auraient été publiés en Open Access pour l’année 2014. La transition globale vers ce modèle pour ce pays étant estimée à 17 millions d’euros (à comparer aux 22 millions payés chaque année aux éditeurs).

Pourquoi un tel silence en France ?

En savoir plus

L’annonce officielle finlandaise avec le lien vers les données (en anglais)

Une première analyse de ces données par le site rOpenGov (en anglais)

Annonce (en français) sur le site Libre accès à l’information scientifique et technique

Interpellation citoyenne au Consortium des bibliothèques et BIS – billet du blog Publication scientifique, par Sylvie Vullioud (dont les prises de position ont largement inspiré notre texte)

Pour mémoire, la majorité des articles scientifiques dans le monde sont publiés par 5 maisons d’édition, présentant des marges annuelles de 30 à 40%. Se reporter aux Résultats financiers 2015 de l’édition scientifique, publiés par l’Eprist.

 

Open Access, Open Science et Open Data dans l’ESR

L’Association européenne des universités (EUA, qui représente plus de 800 universités de 47 pays) vient de publier une feuille de route sur l’Open Access.

euaCe document, annoncé en octobre 2015, est issu du travail du groupe d’experts de l’EUA sur l’Open Science.

L’objectif est de contribuer à la création d’un système de publication équilibré, où les coûts demeureraient raisonnables, tout en étant bénéfique pour les éditeurs et les chercheurs.

Ce document PDF de 4 pages (en anglais) énumère un certain nombre d’objectifs : favoriser le développement de l’Open Access, imaginer de nouveaux systèmes pour évaluer la recherche et les chercheurs, permettre le Text and Data Mining (TDM), poser la question des droits d’auteur

9 actions prioritaires sont envisagées, basées sur le dialogue et la collecte d’informations, des recommandations de bonne pratique et la mobilisation des différents intervenants du secteur.

Ce travail est réalisé en accord avec les objectifs du projet Horizon 2020 de la Commission européenne.

Voir également le document de l’EUA du 12 février 2016 (en anglais) qui prône une exception textmining universelle, et pas seulement pour la recherche (via @Dorialexander).

Open Data pour l’ESR

Parallèlement, le site Universities UK, le JISC et l’Open Data Institute ont publié un guide d’introduction à l’Open Data pour l’enseignement supérieur. Pour les professionnels de l’ESR désireux de mieux appréhender les enjeux de l’Open Data (avec des recommandations et des exemples).

En savoir plus

Le document de référence en anglais

Le guide d’introduction à l’Open Data