Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Base biographique de la BIU Santé

Une nouvelle version lancée ce jeudi

La Base biographique de la BIU Santé a été restructurée, et sa nouvelle version vient d’être publiée.

La Base biographique de la BIU Santé, le 24 mai 2018

La Base biographique, c’est aujourd’hui un ensemble de 46231 fiches nominatives, et de 83761 sources distinctes. On peut espérer y trouver des informations et des références bibliographiques sur toute personne ayant contribué à l’histoire de la santé, de tous les lieux, de toutes les époques.

 

Réorganisation des données

Sans doute l’usager occasionnel de la Base biographique ne sera-t-il pas bouleversé lors de son prochain passage par le changement qui s’est opéré.

C’est même notre souhait que ses habitudes de recherche ne soient pas trop perturbées. Un outil de recherche doit être aussi simple que possible, et il n’est pas nécessaire qu’il paraisse perfectionné ou innovant, mais seulement qu’il rende le service qu’il doit rendre, et mieux qu’hier si possible.

Donc, notre chercheur percevra peut-être, cela nous l’espérons, une meilleure organisation des données. Il trouvera peut-être que les informations qui sont données sont plus claires et mieux expliquées.

Enrichissements

Un fait essentiel est toujours difficilement perceptible lorsqu’on consulte une base de données : c’est la dimension de ce réservoir d’informations. Sur ce point, nous avons la satisfaction d’annoncer que la nouvelle version contient nettement plus de données que la précédente.

Notamment, le dépouillement systématique de quelques grosses sources biographiques systématiques (par exemple le Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne d’Eloy (1778), le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre (1864- 1889), ou le Dictionary of medical biography de W. et H. Bynum (2007) comblent des lacunes qui résultaient du mode de constitution de la version précédente de la base biographique. Le développement de celle-ci était en effet, légitimement d’ailleurs et très utilement, fondé surtout sur le dépouillement au fil de l’eau des entrées de documents dans les fonds de la bibliothèque. On y trouvait ainsi et on y trouve toujours des sources rarement citées ailleurs, mais on pouvait regretter que certains noms importants ne soient pas du tout présents, parce que le hasard des publications et des entrées ne les avaient pas fait rencontrer. Ces lacunes devraient être plus rares.

Prise en charge de données hétérogènes

D’autre part, la nouvelle base biographique est structurée pour pouvoir prendre en charge des données de nature très hétérogène. Essayons de nous expliquer.

Et ceci se passait dans des temps très anciens…

À l’origine, la Base biographique de la BIU Santé était un fichier bio-bibliographique. Les fiches, de très petit format, comportaient un nom, quelques informations de base (dates et lieux, profession, parfois quelques indications sur la carrière), et surtout les références bibliographiques de documents imprimés et d’articles présents dans la collection de la bibliothèque.

Ce fichier a été transformé au début de notre siècle en une base de données informatique, sur le même modèle.

Complexification

Puis, peu à peu, grâce aux possibilités offertes par l’informatique, des données assez diverses se sont agglomérées autour de ce noyau principal de références bibliographiques (qui continuait à se développer).

Aux noms des personnes présentes ont été liés les portraits numérisés dans la Banque d’images et de portraits.

On a signalé également des portraits qui n’ont pas fait l’objet d’une numérisation (souvent pour des raisons de droit de propriété intellectuelle), mais qui existent dans la collection.

On y a adjoint, grâce à la coopération de la bibliothèque de l’Académie de médecine, les appartenances à cette compagnie (“Membre de l’Académie de médecine”), ou la présence d’un “Dossier à l’Académie de médecine”. On a versé l’intégralité du contenu du Fichier Laborde, un important dépouillement d’archives effectué sous la direction de Léon de Laborde, garde général des Archives de l’Empire à partir de 1857, qui permet notamment de repérer tout un monde de médecins et de chirurgiens du XVIe et du XVIIe siècles.

Des chercheurs,  Pierre Moulinier et Jean-Marie Mouthon, nous ont permis de charger des dépouillements d’archives et des notices biographiques rédigés par eux.

À mesure que les années passaient, la base de données devenait ainsi plus riche, mais aussi plus compliquée, et plus difficile à gérer et à documenter.

Une hétérogénéité inévitable

Pourtant, il était évident que cette complexité allait encore croître : en effet, le développement de la numérisation, à la BIU Santé et dans le monde, rendait indispensable de pouvoir ajouter à la base biographique une très grande diversité de données directement accessibles en ligne et de partout, et non seulement les nécessaires références aux collections imprimées consultables sur place à la bibliothèque.

C’est cette diversité de données que nous essayons de mieux gérer dans notre nouvelle base en ligne.

On trouvera déjà de très nombreux liens entre la base biographique et les ressources biographiques que fournit la bibliothèque numérique Medic@. Des milliers de liens ont été créés, principalement vers des dictionnaires pour l’instant, et vers les précieux “Titres et travaux scientifiques”, ces curriculum-vitae dont la bibliothèque conserve une riche collection largement numérisée. Mais nous verserons prochainement d’autres ressources.

Dans les prochains mois, la base biographique permettra ainsi d’exploiter le considérable fichier manuscrit que la famille de Jacques Léonard a donné à la BIUM lors du décès de ce chercheur en 1988, qui est constitué par le dépouillement de milliers de dossiers d’archives sur des médecins de l’ouest de la France au XIXe siècle.

Nous travaillons également à repérer dans les périodiques que nous avons numérisés les nécrologies innombrables qu’ils contiennent. Si nous en avions les moyens, nous pourrions également nous attaquer à des ressources qui se trouvent dans d’autres bibliothèques numériques ou bases de données en ligne.

Nous serions heureux de nouer de nouvelles collaborations avec des chercheurs ou des institutions, que ce soit pour signaler des ressources distantes ou pour inclure directement de nouvelles biographies rédigées. Le champ est immense, plus grand que nos forces. L’intérêt permanent du public pour la biographie nous semble justifier des efforts importants.

Les utilisateurs verront également que nous avons fait notre possible pour documenter les dépouillements que nous avons effectués. Il est indispensable d’accumuler des données : il est utile aussi de dire d’où elles viennent, et quelles sont les sources qui ont été exploitées (et donc quelles sont celles qui ne l’ont pas été). De plus, certaines de ces ressources – le fichier Laborde déjà nommé par exemple – ont absolument besoin d’être expliquées : la documentation des sources est une nécessité qui est liée à l’hétérogénéité du contenu. Cet effort de documentation nous est d’ailleurs indispensable à nous aussi, pour savoir où nous en sommes et mieux organiser nos dépouillements.

Une base techniquement plus ouverte

Enfin, la base nouvelle manière est plus ouverte, et nous nous efforcerons de l’ouvrir encore davantage dans la prochaine étape technique de son développement.

Ouverture aux moteurs de recherche

Jusque là, la base biographique appartenait au «web caché», comme on dit : on n’en trouvait pas tout le contenu par l’intermédiaire des moteur de recherche du web comme Google. La nouvelle architecture devrait permettre que les moteurs de recherche viennent lire le contenu de la base, et le proposent donc à leurs utilisateurs, c’est-à-dire à nous tous.

Les identifiants d’autorité à l’horizon

Notre prochaine étape technique, dans la mesure de nos forces, sera de lier nos données avec d’autres jeux de données disponibles, plus précisément d’abord avec ce que les professionnels de la documentation appellent les «données d’autorité».

Les données d’autorité répondent d’abord à un besoin pratique de gestion des collections, en différenciant les homonymes dans les catalogues, ou en liant entre eux les différents noms d’une même personne ; ainsi on peut indiquer quel est le Jean Durand qui a écrit un certain livre (qui n’est pas le Jean Durand qui a écrit tel autre livre) ; et on peut fournir, à celui qui cherche les ouvrages de Jacobus Sylvius, ceux qui sont notés sous le nom de Jacques Dubois.

Mais l’informatique a donné un rôle accru à ces données d’autorité et aux numéros d’identification qui les accompagnent : si vous savez quel est le numéro qui désigne une personne, vous avez en principe la possibilité de joindre ensemble toutes les informations qui contiennent ce numéro d’identification. Par exemple, si vous savez que Sigismond Jaccoud a un identifiant 64023688  dans la base de données internationale VIAF, vous pouvez récupérer les informations qui s’y trouvent liées parce qu’elles utilisent également cet identifiant, notamment les diverses pages Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, etc.), les données de Worldcat Identities, mais aussi les données bibliographiques qui concernent Jaccoud dans les catalogues de bibliothèques, etc. Ce numéro pourrait permettre aussi, en principe, que d’autres outils informatiques viennent à leur tour puiser dans la Base biographique.

L’usage de ces identifiants devrait se développer dans les temps qui viennent : nous espérons que la base biographique est aujourd’hui mieux préparée à s’intégrer dans le paysage documentaire qui se met en place. Le chemin, il faut le dire, est encore un peu long pour nous, mais l’essentiel est de pouvoir le commencer.

Nous comptons sur les utilisateurs pour nous signaler les défauts qu’ils trouveront, et nous faisons appel à leur indulgence critique.

Jean-François Vincent
24 mai 2018

Perturbations sur notre site (25/10)

bunny-154507_960_720En raison d’une maintenance informatique, certains de nos services en ligne risquent d’être momentanément indisponibles pendant la journée du mardi 25 octobre 2016.

Notamment notre bibliothèque numérique Medic@ (entre 13h et 15h) et notre catalogue général.

En cas de question, n’hésitez pas à nous contacter.

Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.

La bibliothèque du collège de pharmacie (1570-1789) en ligne !

Dans le cadre du projet «Bibliothèque Scientifique Numérique» (BSN5) financé par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, la BIU Santé a procédé ces trois dernières années à l’identification, puis à la numérisation, l’indexation et la mise en ligne des ouvrages qui constituaient, à la veille de la Révolution française, la bibliothèque du collège de pharmacie de Paris.

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Intérieur du collège de pharmacie, rue de l’Arbalète. Gravure de la Bibliothèque Nationale due à Auguste Guillaumot (1815-1892) d’après un dessin de E. Rouyer (1827-1901), extraite de l’ouvrage La salle des actes de la faculté de pharmacie-Paris V.

Cette bibliothèque, créée en 1570 à partir d’un don princeps de sept volumes, a d’abord connu une croissance lente de ses collections. Les maîtres apothicaires et épiciers ayant la charge de leur communauté prirent, dès la fin du XVIe siècle, l’habitude de laisser quelques volumes à la bibliothèque en souvenir de leur passage à la jurande. Ainsi, sur près de deux cents ans, seulement quelques dizaines de volumes vinrent compléter et accroître le fonds initial. C’est surtout à partir du milieu du XVIIIe siècle, à la faveur de dons plus importants, que la bibliothèque commune des maîtres apothicaires et épiciers de la ville de Paris put résolument changer d’échelle : des centaines de livres se trouvèrent désormais disposés sur les tablettes des trois armoires principales situées dans le «bureau» de la communauté, au premier étage d’un bâtiment acquis rue de l’Arbalète.

Lorsqu’en 1777 fut institué par ordonnance royale le collège de pharmacie de Paris, l’assemblée des maîtres apothicaires, séparés définitivement des maîtres épiciers, décida de procéder à l’inventaire des biens de la communauté. Il parut alors nécessaire de dresser le catalogue de la bibliothèque. Cette entreprise fut confiée aux prévôts René Tassart et Jean-François Hérissant. Commencé en 1780, ce catalogue fut achevé au terme de sept années de travail, puis transmis à l’écrivain-déchiffreur Saintotte qui le mit au propre. Il fut alors complété par un «État de la bibliothèque mise en ordre en 1787» et une «Table alphabétique des livres décrits ci-devant ….» ajoutée en 1788. Ce catalogue semble avoir été augmenté des nouvelles acquisitions au moins jusqu’en 1789. À cette date, la bibliothèque rassemblait déjà près de 500 volumes.

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Première page du catalogue dressé par René Tassart, copié par Saintotte

Précieusement conservé dans les collections du pôle Pharmacie-Biologie-Cosmétologie de la BIU Santé, ce catalogue a pu servir de base à la reconstitution virtuelle de la bibliothèque du collège de pharmacie. Le travail d’identification et de localisation des exemplaires a montré qu’une grande partie des volumes se trouvait toujours conservée dans les collections de la bibliothèque de la faculté de pharmacie de Paris. Quelques exemplaires ont également pu être retrouvés à la faculté de pharmacie et de médecine de Toulouse (SICD Toulouse) qui a eu l’amabilité de les numériser pour aider la BIU Santé dans son projet de reconstitution.

Aujourd’hui, c’est un ensemble de 388 volumes qui est accessible dans la bibliothèque numérique Medic@, ce qui représente un taux de reconstitution d’environ 80%.

Ce projet de numérisation devrait permettre d’apporter un éclairage nouveau sur l’environnement intellectuel et matériel d’une communauté d’Ancien Régime : celle des apothicaires et épiciers parisiens. Dans cette perspective, la BIU Santé a établi plusieurs partenariats de recherche visant à promouvoir et valoriser un ensemble documentaire unique. Ces partenaires sont la Société d’histoire de la pharmacie, le club Histoire de la chimie (Société chimique de France) et le Laboratoire S2HEP (Sciences et Sociétés : Historicité, Éducation et Pratiques) de l’université Claude-Bernard Lyon 1.

college-pharmacieÀ la suite de la numérisation de cet ensemble, un site a été élaboré par deux étudiants du master «Technologies numériques appliquées à l’histoire» (École nationale des chartes) dans le cadre de leur stage proposant une recherche simple et avancée au sein de ce corpus ainsi qu’une reconstitution virtuelle de la bibliothèque.

Solenne Coutagne & Philippe Galanopoulos

 

La Revue neurologique dans Medic@

La BIU Santé vient de mettre en ligne, dans sa bibliothèque numérique Medic@, soixante-seize volumes de La Revue neurologique (1893-1945) soit près de 75 000 pages interrogeables par mots-clés de la table des matières. Elle est accessible dans l’ensemble des documents mis en ligne mais aussi via l’interface périodiques de Medic@.

Les revues concernant la neurologie et l’étude du système nerveux sont déjà nombreuses à la fin du XIX° siècle que ce soit en France ou à l’étranger lorsque paraît en 1893 le premier numéro de La Revue neurologique. Côté français, on peut citer deux exemples fameux : Les Archives de neurologie et La Nouvelle iconographie de la Salpêtrière (à toutes fins utiles, toutes les deux sont d’ores et déjà en ligne dans la Jubilothèque, bibliothèque patrimoniale de l’université Pierre-et-Marie-Curie – UPMC). Cette nouvelle revue vient donc en complément d’une littérature déjà abondante mais va rapidement se faire une place dans le paysage éditorial jusqu’à marcher sur les plates-bandes des Archives de neurologie.

Brissaud (à g.) et Marie (à dr.), fondateurs de la revue

Fondée par Édouard Brissaud et Pierre Marie, le premier numéro de la Revue Neurologique (dont le travail original est signé de Jean-Martin Charcot) paraît donc le 28 février 1893 chez Masson, célèbre éditeur et libraire dans le domaine médical et scientifique. Six ans plus tard, en 1899, est fondée la Société de Neurologie de Paris. La Revue neurologique en devint aussitôt l’organe officiel, publiant ses actes et ses comptes rendus de séances. Ce lien étroit établi entre la Revue et la Société donna à la Revue un élan décisif, source de son succès et de sa longévité. La Revue Neurologique a en effet traversé le XX° siècle en augmentant progressivement sa production (mises à part les difficiles années de guerre, où la publication a été ralentie et a perdu en quantité et en qualité technique mais ne s’est pas arrêtée).

D’une parution bimensuelle, elle se compose principalement d’analyses de travaux et d’articles publiés dans des Actes de Sociétés savantes et, à l’origine, dans plus de soixante journaux européens, puis à partir de l’entre-deux-guerres, dans de nombreuses revues internationales. Ces analyses étaient en fait de longs comptes rendus de lecture faits par des neurologues de la Salpêtrière (comme Pierre Janet chargé de l’analyse des articles concernant la psychologie) ou de pays étrangers permettant ainsi d’avoir une connaissance approfondie du travail original. S’y ajoutent pour chaque numéro un ou deux travaux originaux dont l’importance croîtra après la Première Guerre mondiale. Certains sont signés de grands noms de la neurologie de la fin du XIX° siècle et du début du siècle dernier (Déjerine, Pierre Marie et Marinescu, Brissaud, Raymond, Charles Foix, Lhermitte…).

La Revue neurologique constitue à ce titre une source particulièrement intéressante pour les historiens de la neurologie et des maladies du système nerveux, en offrant un vaste panorama des thèmes et questions disputées en France et dans le monde depuis la fin du XIX° siècle (hystérie, introduction de la radiographie, les débuts de la neurochirurgie, la neurologie de guerre, l’encéphalite léthargique…).

Solenne Coutagne

 

Medic@ vous met au parfum ! Mise en ligne de La Parfumerie moderne

La BIU Santé vient de mettre en ligne, dans sa bibliothèque numérique Medic@, les quarante volumes de La Parfumerie moderne : revue scientifique et de défense professionnelle (1908-1956).

Numéro de la Victoire (1918)

Créé en 1908 par René-Maurice Gattefossé, cette revue est, historiquement, le premier périodique technique européen spécialisé en parfumerie. Il a été géré par l’entreprise Gattefossé de 1908 à 1940, puis de 1946 à 1950, avant de devenir, en 1951, l’organe officiel de la Société française de Cosmétologie.

Il constitue, à ce titre, une source particulièrement recommandée pour les chercheurs s’intéressant à l’histoire de l’industrie cosmétique en France et à l’étranger, et plus précisément à l’histoire de la parfumerie et de ses produits dérivés durant la première moitié du XXe siècle. On y trouve, en effet, une riche documentation scientifique en matière de formulation, fabrication, production et commercialisation des produits cosmétiques, ainsi que de très nombreuses illustrations et publicités. Quelques échappées dans le domaine de la création artistique et littéraire fournissent également un témoignage précieux sur l’évolution de l’idée de beau ou de raffinement « à la française » sur près d’un demi-siècle.

Cueillette de fleurs d’oranger, à Golf-Juan (1928)

La mise en ligne de la Parfumerie moderne complète ainsi la collection historique des périodiques numérisés par la BIU Santé qui couvre les domaines larges de la santé ; elle renforce plus généralement l’offre documentaire de Medic@ dans le domaine de la cosmétologie, domaine pour lequel la bibliothèque est Centre d’acquisition et de diffusion de l’information scientifique et technique (CADIST).

Publicité pour les vaporisateurs Franck (1920)

Signalons que ce projet n’aurait pas été possible sans l’aide de l’entreprise Gattefossé et de nos collègues de la BU Sciences – Université Paris Sud qui nous ont permis de compléter notre collection lors de la numérisation.

Les années 1908 à 1940 sont libres de droit et placées sous licence ouverte (voir le billet du 11/10/2013 : « La BIU Santé adopte la licence ouverte »). Les volumes qui n’appartiennent pas au domaine public ont été mis en ligne avec l’aimable autorisation de l’entreprise Gattefossé (pour les années 1946-1950) et de la Société française de Cosmétologie (pour les années 1951-1956).

Philippe Galanopoulos

Des nouvelles de l’Open Access

Pour mémoire, l’Open Access (ou « libre accès » en bon français) est un mouvement de mise en ligne de contenus numériques, dont on parle surtout à propos des travaux de niveau universitaire. Il permet au final d’avoir accès de manière gratuite et sans abonnement aux résultats de la recherche (tout en sachant que le système n’est pas toujours gratuit du côté des auteurs et des institutions).

L’actualité est particulièrement riche en la matière, après l’Open Access Week qui vient d’avoir lieu fin octobre (comme tous les ans)  – et les appels et controverses du début de l’année :

– Le 24 octobre 2013 a eu lieu à Lausanne un colloque intitulé « auteurs, éditeurs, financeurs et institutions au service de la diffusion des résultats de la recherche scientifique ».

Les présentations et vidéos de cette manifestation viennent d’être mises en ligne à l’adresse suivante par la bibliothèque de l’EPFL ;

– Le 18 novembre 2013 a été lancé l’Open Access Button. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un… bouton à rajouter dans votre navigateur Internet. Il vous permettra de faire part de votre dépit au monde entier quand vous n’arrivez pas à accéder à un article en ligne (dans le but de cartographier les « entraves » au libre accès). Cet outil vous aide ensuite à vérifier qu’une alternative gratuite n’existe pas pour accéder au contenu recherché (via Google Scholar, par exemple) ;

Plus d’informations à lire dans cet article de la Boîte à outils des historiens ou celui de Framasoft ;

– Les 19 et 20 novembre 2013 s’est tenue la conférence internationale Berlin 11 : nos collègues de la BU d’Angers reviennent sur cette manifestation fondatrice de l’Open Access dans leur blog consacré aux archives ouvertes ;

– La Royal Society of Chemistry vient de lancer un répertoire d’articles en libre accès. On y trouve des articles en… chimie (!) déposés par leurs auteurs (mais pas de pré-publications) ;

– Au contraire, bioRxiv n’accueille que des pré-publications dans le domaine des sciences de la vie. Cette archive ouverte a été mise en place par le Cold Spring Harbor Laboratory.

– Pour finir, nous vous rappelons l’existence de Base Lab (pour Bielefeld Academic Search Engine). Ce moteur de recherche est spécialisé dans les ressources scientifiques en accès libre. Vous y trouverez beaucoup de documents médicaux (PubMed Central, entre autres), sans compter les inestimables ressources de Gallica et Medic@ (en toute modestie). Une interface mobile est disponible, ainsi qu’un système de création d’alertes par flux RSS.

Ebooks EOD à 10 euros

Offrez un ebook EOD pour Noël !

Jusqu’au 15 décembre 2013 plus d’un million d’ebooks EOD sont disponibles au prix unique de 10 euros, quel que soit le nombre de pages (au lieu du tarif habituel de 10 € + 0.15 € par page).

Les bibliothèques se réservent le droit de faire des exceptions dans certains cas spéciaux. Consultez les termes et conditons après avoir cliqué sur le bouton « commander un eBook » dans la notice du livre qui vous intéresse.

Noël 1522 : Riva di San Nazzaro offre un ebook EOD à François de Clermont.

Pour mémoire, EOD permet de commander des copies numériques des ouvrages libres de droit présents dans les fonds des institutions participantes. Depuis notre catalogue ou le SUDOC, il suffit de cliquer sur l’icône ci-dessous pour demander la reproduction de nos documents antérieurs à 1900.Bouton EOD

 

Les documents scannés sont fournis en quelques jours à celui qui les a commandés. Au bout de quelques mois seulement, ils deviennent consultables librement par tous.

Le moteur de recherche EOD comprend déjà plus de 3,5 millions d’ouvrages. 35 institutions de 12 pays différents participent au réseau, dont en France la BIU Santé et les bibliothèques universitaires de Strasbourg.

Plus d’informations en cliquant sur les liens ci-dessous :

EOD : http://books2ebooks.eu

Moteur de recherche : http://search.books2ebooks.eu

Twitter : http://twitter.com/eod_ebooks

Page Facebook : http://www.facebook.com/eod.ebooks

La BIU Santé adopte la Licence ouverte

La BIU Santé, le musée de l’école vétérinaire de Maisons-Alfort, le musée de l’AP-HP et le musée de Matière médicale placent désormais sous licence ouverte les documents du domaine public qu’ils diffusent dans la bibliothèque numérique Medic@ et dans la banque d’images et portraits.

Quelle conséquence pour vous ?

Medic@ offre 12.500 documents en texte intégral (plus de 3 millions de pages) et la banque d’images et de portraits 150.000 illustrations. Jusqu’à présent, la réutilisation de ces ressources n’était autorisée que pour un usage privé. Vous deviez nous demander l’autorisation de les reprendre pour une publication (papier ou en ligne) et nous vous faisions parfois payer une redevance d’utilisation.

Dorénavant, les documents du domaine public des institutions citées peuvent être exploités gratuitement, y compris dans le cadre d’un usage commercial, sous la seule condition de mentionner leur provenance. Vous n’avez donc plus à nous demander de permission pour réutiliser les documents accompagnés de l’icône licence ouverte (ci-contre).

Pourquoi ?

La question des droits d’exploitation des numérisations de documents tombés dans le domaine public a fait et fait encore l’objet d’un débat âpre et complexe.

D’une part, la loi dispose que lorsqu’un document est tombé dans le domaine public (dans beaucoup de cas 70 ans après la mort de l’auteur), il n’y a plus à demander ni à payer une autorisation pour le réutiliser.

D’autre part, la numérisation de ces documents coûte cher, les budgets sont limités, et les institutions sont fermement invitées par leurs tutelles à trouver des sources de financement. L’usage existe en outre de longue date de contrôler et de vendre les reproductions issues des collections publiques. Du point de vue de l’intérêt public, le tout gratuit, fréquent sur Internet, n’est d’ailleurs pas du tout une évidence : une institution qui tire des revenus de la vente de ses images peut les réinvestir pour produire un meilleur service (acquérir des objets, les entretenir, les mettre à disposition dans de bonnes conditions, etc.), ce qui est un bénéfice commun.

Allégorie de la BIU Santé s’apprêtant à libérer les documents du domaine public .

Notre décision d’ouvrir désormais l’usage de ces données s’appuie sur plusieurs raisons :

–       L’exigence d’une autorisation préalable à la réutilisation est une gêne pour les usagers et en contradiction avec les nouvelles pratiques du web social. Elle est d’ailleurs malaisée à faire respecter et ajoute une certaine injustice (les plus respectueux des usagers étaient pénalisés par rapport aux autres) ;

–       Les bénéfices que nous tirions des redevances d’utilisation ont toujours été modestes, alors que leur prélèvement occasionne des frais notables (facturation, etc.) ;

–       L’autorisation préalable limite la valorisation des collections ; nous attendons au contraire d’un usage ouvert une plus grande visibilité de nos fonds, et la recherche de cette visibilité est en conformité avec nos missions ;

–       Il est possible d’ailleurs que cette visibilité accrue des collections conduise les usagers à commander plus de reproductions, qui resteront payantes (demande d’images nouvelles, ou numérisations à la demande : EOD), ce qui limiterait le manque à gagner pour les établissements. À noter que pour des raisons d’espace de stockage et de bande passante, nous ne pouvons pas mettre en ligne les scans originaux en haute définition. La fourniture de ces fichiers, eux aussi sous licence ouverte, demeurera un service payant dans la plupart des cas.

Comment mentionner la provenance ?

La seule condition à la réutilisation est la mention de « paternité », car la provenance d’un document constitue souvent une partie de sa valeur. Nous vous invitons à indiquer pour ce faire l’institution où ils sont conservés : BIU Santé, musée de l’AP-HP, musée de l’ENVA ou musée de Matière médicale (voir la notice du document).

Un autre moyen prévu pour mentionner la provenance est de créer un lien entre l’image réutilisée et la notice du document (en utilisant de préférence l’adresse permanente que vous trouverez dans la notice, ou au bas de chaque page de Medic@). C’est un bon moyen que nous vous recommandons : en créant un lien, vous permettez à ceux qui consulteront l’image de retrouver toutes les informations qui concernent le document, et vous nous aidez aussi à faire connaître nos services et nos collections.

Aidez-nous à conserver, à numériser et à rendre disponibles les collections.

Les dons en argent peuvent bénéficier de réductions fiscales : pensez-y, notamment si vous utilisez nos ressources dans un but commercial.

Tous les documents ne sont pas sous licence ouverte

Ne soyez pas étonnés si des mentions de copyright demeurent encore quelque temps sur certaines de nos images : l’enlèvement de ces filigranes disgracieux ne pourra se faire en un jour, malgré nos efforts.

De plus, environ 500 documents de Medic@ et 12.000 illustrations de la banque d’images ne sont pas sous licence ouverte. Cela recouvre :

–       Des documents qui n’appartiennent pas au domaine public et que leurs ayants droit ont placé en accès gratuit, mais pour un usage personnel seulement ;

–       Des documents mis en ligne par des partenaires de la BIU Santé qui n’ont pas souhaité placer leurs documents sous licence ouverte ;

–       Une très petite quantité d’images sur lesquelles leurs photographes ont des droits de propriété intellectuelle.

Pour réutiliser ces documents, vous devez donc demander l’autorisation de l’institution ou des ayants droit. Les contacts sont mentionnés dans la page d’aide « Réutilisations » de Medic@ et de la banque d’images et de portraits.

Les documents concernés sont identifiés par l’icône ci-dessous :

Medic@ signale également l’existence de 75.000 documents d’autres bibliothèques numériques, qui ont leurs propres règles : référez-vous à leurs pages d’aide pour savoir quels sont vos droits.

Pour en savoir plus

– Le site de la licence Etalab ;

– Le dernier numéro (72) de la revue professionnelle Arabesques (gratuit en ligne) fait le point sur ces questions ;

Un billet de Calimaq, sur le blog S.I.Lex.

– Le 31 octobre prochain aura lieu une journée d’étude sur le domaine public à l’assemblée nationale.

Jean-François Vincent

Nouveaux titres et travaux sur Medic@

Nouvelle addition au fonds de notre bibliothèque numérique Medic@ : 778 « titres et travaux scientifiques » supplémentaires (soit la seconde tranche de la cote 110133 pour les connaisseurs).

Que sont les « titres et travaux scientifiques » ? C’est ce que nous appellerions aujourd’hui des curriculum vitae. La BIU Santé possède une importante collection de ces documents rares. S’y côtoient plusieurs générations de savants, dans la démarche de quémander une place (on ne sait d’ailleurs pas toujours laquelle, loin de là). Beaucoup sont bien sûr des médecins, mais pas tous, au hasard de la constitution du fonds.

On trouve donc désormais dans Medic@ 2.333 « titres et travaux », datant de 1832 à 1930, comptant entre 1 et… 539 pages ! Pour un total de 131.000 pages en tout. La numérisation est exhaustive pour cette période et pour cette cote : nous envisageons de compléter ultérieurement cet ensemble en exploitant le reste de notre collection.

Marie, Pierre. Titres et travaux scientifiques
Marie, Pierre. Titres et travaux scientifiques (feuillets manuscrits). 1888. 110133x035x08.

Physiquement, cela va de l’ouvrage soigneusement imprimé et illustré au manuscrit sommaire et péniblement écrit, en passant par diverses formes de reprographie de plus ou moins bonne qualité. Un bon nombre de ces pièces (au moins 165) est dédicacé par l’auteur à quelque maître ou professeur honorable – ou utile à sa carrière.

Ces documents, dont l’intérêt est reconnu de longue date, fournissent aux chercheurs des informations souvent uniques sur la carrière de leurs auteurs.

L. Bernard dédicace au Pr Gilbert
Bernard, Léon, 1910. Dédicace au Pr Gilbert. 110133x145x07.

Autre intérêt pour les chercheurs : ils présentent un point de vue (certes très intéressé !) de ces médecins ou de ces savants sur la cohérence de leur propre parcours, à un moment donné de leur vie académique.

Retrouvez l’ensemble de ces documents en cliquant ici.

Jean-François Vincent

Mise en ligne du Progrès médical

Le Progrès médical : journal de médecine, de chirurgie et de pharmacie est désormais en ligne dans Medic@. Plus de 86 000 pages couvrant la période 1873-1943 sont interrogeables par mots clés dans les tables des matières, dans le sous-ensemble des périodiques ou dans le formulaire de recherche général de Medic@ (avec plus de 4 000 illustrations et 800 portraits). Les deux volumes, correspondant aux années 1944 et 1945, complèteront cet ensemble en 2014 et en 2015.

Cette numérisation a en partie été réalisée grâce au prêt à la BIU Santé d’une quinzaine de volumes par la bibliothèque de l’Académie nationale de médecine et la bibliothèque Charcot de l’UPMC.

Caricature du docteur Bourneville
Bourneville, Désiré Magloire (1840-1909). Cote : CIPB1413.

L’apparition en 1873 du Progrès médical est une nouveauté et un événement. Annoncé comme un journal vivant et actif, il entend se consacrer à la science médicale et à l’hygiène, mais aussi aux actualités sociales, à la défense des réformes du monde médical et des intérêts professionnels. Pendant les trente-cinq premières années de son existence, il demeure dominé  par la figure de son fondateur Désiré-Magloire Bourneville. Celui-ci bénéficie à la fois de l’appui de son maître Charcot, dont il publie toutes les leçons et conférences, et de la collaboration « de toute la jeunesse médicale studieuse de l’époque », au sein de laquelle de futurs grands noms font au journal leur apprentissage d’anatomistes, de cliniciens ou de thérapeutes. On peut ainsi citer Déjerine, qui occupera la chaire de clinique des maladies du systèmes nerveux ; Landouzy, qui écrit sur la rage et la pleurésie, tandis que Charles Richet, futur prix Nobel, publie sur les acides du suc gastrique et qu’Édouard Brissaud, qui comptera parmi les fondateurs de la Revue de neurologie, recueille les leçons de Charcot.

À côté de la publication des leçons des maîtres, revues de sujets, travaux originaux et comptes rendus des sociétés savantes, Le Progrès médical analyse la presse et les nouveaux ouvrages médicaux. Au lendemain de la guerre de 1870 une attention particulière est portée aux innovations et aux travaux étrangers.

La revue offre surtout à travers son « Bulletin » une tribune aux combats menés par Bourneville en faveur des projets de réforme dont il est l’initiateur, liés à l’enseignement médical, à l’assistance publique et aux hôpitaux. Dans un climat de luttes politiques parfois violentes, il préconise notamment la création de services d’accouchements, la professionnalisation du métier d’infirmière et la laïcisation des hôpitaux.

Une autre innovation réside dans la publication à chaque rentrée universitaire du « Numéro des étudiants », imité du « Number of students » du Lancet, qui rencontre un grand succès et dont la formule sera reprise par de nombreux autres journaux. Ces numéros de l’étudiant constituent une sorte de guide de l’étudiant en médecine, et dressent un panorama vivant, année après année, du monde médical académique parisien

Après le départ de Bourneville en 1907, le Progrès médical adopte un ton moins polémique, dans un contexte de concurrence accrue qui se traduit par la multiplication de nouveaux titres. La revue connaît des remaniements dans sa forme, avec une séparation des articles de fond et des articles « accessoires » (formulaires, variétés, nouvelles, reportages), mais conserve sa ligne de défense des praticiens et du progrès en matière d’hygiène, d’assistance, d’enseignement médical et de médecine publique. Pendant les deux conflits mondiaux elle se transforme en journal d’information médico-militaire. Enfin en 1924 un supplément mensuel abondamment illustré est créé, consacré aux rapports entre médecine, art et histoire.

Stéphanie Charreaux