Salons des écrivains médecins

Dans le cadre du Groupement des écrivains médecins, deux salons du livre se dérouleront en octobre prochain :

Salon du livre dédicacé de Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne), le dimanche 8 octobre 2017, de 10h à 18h.

Manifestation organisée par le Rotary Club de Moret-sur-Loing avec le concours du GEM, à la salle des fêtes, avec à 18h30 la remise du Prix de l’Humanisme.

Salon du livre d’automne GEM au «Yan’s Club», 5 avenue Reille, Paris 14ème, le samedi 21 octobre 2017 de 10h30 à 18h.

Pendant ces deux journées, une cinquantaine d’auteurs médecins ou chercheurs en sciences humaines/santé dédicaceront leurs ouvrages (romans, documentaires, bande-dessinées, livres pour enfants) et des animations dont des remises de prix seront prévues.

Plus d’informations sur le site du GEM.

Journées du patrimoine 2017 : les poisons, arme du crime et remède

À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la Faculté de pharmacie de Paris vous ouvre ses portes le samedi 16 septembre prochain. Au programme et au choix : visite de la salle des Actes et de la Galerie des pots, visite du Jardin botanique et visite du Musée François Tillequin, où sont conservées les collections de matière médicale de la Faculté. Au cours de cette visite vous seront présentées les collections patrimoniales du Musée et de la Bibliothèque du Pôle pharmacie de la BIU Santé consacrées au thème des poisons.

 

Toutes les choses sont poison, et rien n’est sans poison ; seule la dose détermine ce qui n’est pas un poison.

Paracelse (1493-1541), médecin et philosophe suisse. Sieben defensiones. Bâle : Samuel Apiarius, 1574.

Si le Dictionnaire usuel des sciences médicales annonce d’emblée en 1885 qu’« une définition précise de ce mot est impossible », c’est bien que l’étymologie même du mot poison renvoie à des notions apparemment antagonistes. En effet, le terme poison a un sens proche de celui de potion. Ils partagent tous deux la même origine latine, à savoir potio, qui signifie breuvage. À l’origine, sa définition est d’ailleurs similaire à celle du médicament : « elle convient à toutes les substances médicamenteuses ; venenum s’est d’ailleurs entendu, chez les Latins, du simple médicament, et, quand il a pris le nom de poison, il s’est presque toujours appliqué aux drogues dangereuses. » Le terme venenum est lui-même un équivalent latin du mot grec pharmakon, qui peut désigner à la fois le poison, drogue malfaisante, et le médicament, drogue bienfaisante. Progressivement, à partir du XIVe siècle, un glissement sémantique s’opère et c’est la première définition qui s’impose.

Charas, Moyse. Nouvelles experiences sur la vipere. Paris, l’Auteur et Olivier de Varennes, 1669

Alors que dans l’imaginaire collectif, le poison rejoint peu à peu le cabinet de l’empoisonneur, du criminel ou de la sorcière, les textes scientifiques peinent à aborder le sujet frontalement. Mettre par écrit les principes actifs et les effets sur le corps humain des substances toxiques, qu’elles soient d’origine végétale, minérale ou animale, n’est-ce pas se risquer sur le territoire de l’empoisonneur ? N’est-ce pas donner des idées aux êtres mal intentionnés ? Au contraire, selon certains scientifiques, dont le médecin et poète français Jacques Grévin, il convient de connaître les effets de ces substances toxiques pour déceler les remèdes et antidotes qui préserveront la santé du patient, « matières autant nécessaires en ce temps que les malices des hommes sont augmentées » (dédicace à la reine Élizabeth Ire d’Angleterre pour son Livre des venins, 1568). Les traités sur les poisons fleurissent dès le XIIIe siècle, tandis que les tentatives d’encadrer et réglementer la distribution des substances toxiques se succèdent au fil des époques. L’officine de l’apothicaire puis du pharmacien est un lieu sous haute surveillance : la délivrance de drogues sans ordonnance est proscrite, les substances dangereuses doivent être mises sous clef et le nom des personnes autorisées à se procurer ces substances doit être consigné dans un registre.

À travers une sélection de livres et objets datant du XVe au XXe siècle issus des collections du Musée et de la Bibliothèque, la visite vous permettra de mieux comprendre l’évolution du discours scientifique sur le poison, ainsi que sa place dans la société et dans le monde médical. En complément, une présentation d’ouvrages récents, empruntables à la bibliothèque de pharmacie, proposera une approche contemporaine du sujet.

Plus d’infos pratiques ici.

Catherine Blum

Debut: 09/16/2017 10:00 am
Fin: 09/16/2017
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006

Clins d’œil pour les 20 ans de Harry Potter

« Hermione s’interrompit. Harry avait entendu, lui aussi. Quelqu’un avait bougé derrière eux, dans l’ombre des étagères. Ils attendirent un instant et la silhouette de vautour de Madame Pince apparut à l’angle d’un rayon, ses joues creuses, sa peau parcheminée et son long nez busqué soulignés par l’éclairage peu flatteur de la lampe qu’elle tenait à la main.

—La bibliothèque ferme, dit-elle. »

Harry Potter et le prince de sang mêlé, traduction de Jean-François Ménard, tous droits réservés

Si l’on en croit la description d’Irma Pince, les bibliothécaires ne bénéficient pas d’un portrait flatteur dans la saga Harry Potter. Le premier tome paraissait il y a 20 ans tout juste, le 25 juin 1997.

Heureusement les collègues ne sont pas rancuniers. D’abord parce que les 7 tomes de cette série ont amené à la lecture toute une génération, à travers le monde, avec des traductions en près de 75 langues. Ensuite parce que les livres et la bibliothèque occupent une place de choix dans la vie quotidienne de Poudlard, l’école des sorciers.

Quel rapport avec la BIU Santé ?

Photo by DAVID ILIFF. License: CC-BY-SA 3.0

La bibliothèque est l’endroit par excellence où les élèves se retrouvent pour étudier, mais aussi pour comploter. Située au 4e étage, elle ferme à 20h, tout comme la BIU Santé (dont la grande salle a parfois été comparée à Poudlard dans certains commentaires de notre page Facebook). Dans les longs-métrages, c’est la prestigieuse bibliothèque Bodleian d’Oxford qui a servi de cadre aux prises de vues.

Quant aux livres eux-mêmes, ils sont indispensables à la formation des sorciers (ce n’est pas Hermione Granger qui dira le contraire). Des ouvrages imaginaires, ou non, ayant souvent trait à l’ésotérisme ou à l’alchimie. Disciplines représentées dans les collections anciennes de la BIU Santé, et dont vous retrouverez certains exemplaires numérisés dans notre rubrique Medic@. Vous pourrez par exemple y dénicher comment confectionner votre propre baguette magique.

Dans notre banque d’images (200.000 images accessibles gratuitement en ligne) se cachent aussi certains personnages bien connus des fans, comme le mystérieux Nicolas Flamel. Ou bien encore toute une faune fantastique, digne du bestiaire de J.K. Rowling : dragons, centaures, géants, phénix, hippogriffes, basilics…

Sans oublier notre exposition virtuelle sur les monstres de la Renaissance à l’Âge classique.

Les collections d’herbiers et les ouvrages de botanique du pôle Pharmacie ne dépareraient pas non plus dans un cours de potions. Sans parler des plants de mandragore précieusement cachés dans les serres du jardin botanique.

L’esprit de J.K. Rowling semble d’ailleurs toujours flotter dans la faculté de pharmacie de Paris, comme en témoigne ce récent tweet lors de la cérémonie de remise des diplômes :

Harry Potter et la médecine

Le rapport n’est pas évident, mais le petit sorcier a aussi trouvé sa place dans la littérature scientifique. La preuve, l’équation « harry potter » [TIAB] (recherche dans le titre ou le résumé) donne 45 résultats très sérieux dans PubMed.

D’autres scientifiques facétieux se sont plu à imaginer la publication du tome 6, si ce dernier avait été un article académique :

If Harry Potter was an academic work

Un billet toujours d’actualité, qui parle de Gold Open Access, de frais cachés de publication et d’éditeurs prédateurs…

Un anniversaire célébré en bibliothèque

De nombreuses bibliothèques à travers le monde ont donc choisi de célébrer cet anniversaire. La National Libray of Medicine prévoit des animations particulières : des billets dédiés sur son blog, Circulating Now, et des manifestations sur place. Une exposition virtuelle, Harry Potter’s World, Renaissance Science, Magic & Medicine, est également accessible en ligne (après avoir été hébergée il y a quelques années par la BIUM). La British Library prévoit aussi une importante exposition sur le sujet. Plus près de chez nous, la Bibliothèque Rainer Maria Rilke (ville de Paris) proposera également quelques festivités.

Le mot de la fin pour Hermione Granger (encore elle) : «Quand tu as un doute, va à la bibliothèque !»

En savoir plus

La place de la bibliothèque dans la saga Harry Potter

La bibliothèque de Poudlard sur le Wiki Harry Potter

Les Dievx de la BIV, saison 2 : 1er coup d’œil

Voilà un an, la BIU Santé se lançait dans l’aventure du calendrier des Dievx de la BIV dans l’optique de vous faire porter un regard nouveau sur les représentations scientifiques du corps humain. Comme toutes les aventures, celle-ci a connu quelques vicissitudes. Quelques mois ont été perdus de vue, faute de combattants.

ababaAvec le retour du printemps, les bibliothécaires du service Histoire ont décidé de jeter un œil neuf sur ce dossier. Pour satisfaire les voyeurs délaissés qui se languissaient de ne plus rien avoir à voir, ni à afficher sur les murs de leur bureau pour connaître le jour du mois.

À la manière d’une vision périphérique, ce n’est pas un corps en son entier qui sera exposé à votre regard pour ce premier épisode (car en avril…). Visons plutôt un organe, et pas des moindres. C’est donc un œil, ou plutôt des yeux, qui vous seront donnés à voir. L’œil de Bartisch, affectueusement surnommé Ababa, et ses petits frères.

03766Ils sont issus du Ophthalmodouleia Das ist Augendienst de Georg Bartisch. Ce médecin allemand, féru de chirurgie oculaire, publia son ouvrage en 1583, manuel de référence sur les troubles ophtalmiques. Ces illustrations sont à retrouver dans notre banque d’images gratuites, plus de 200.000 documents librement téléchargeables sur notre site.

Les plus perspicaces d’entre vous auront vu que c’est également de cet ouvrage qu’était issue notre très cérébrale carte de vœux 2017.

Télécharger le calendrier d’avril 2017.

voeux2017b

Colloque Animalhumanité (01 et 02/12)

Affiche du colloque AnimalhumanitéVenez assister au colloque Animalhumanité, colloque final du programme PEPS-Projet Exploratoire Premier Soutien (Université Paris-Est/CNRS), intitulé Expérimentation et fiction : l’animalité au cœur du vivant qui aura lieu le jeudi 1er et le vendredi 2 décembre 2016 !

Ce colloque a pour objectif de présenter le projet interdisciplinaire Animalhumanité qui aborde le rapport homme/animal sous l’angle particulier de l’expérimentation animale aussi bien dans la pratique des biologistes que dans la littérature, en alliant les sciences humaines et les sciences de la vie. Le sujet mobilise des chercheurs dans les domaines de la littérature, de la biologie et de l’informatique, mais aussi des étudiants du Master édition, métiers du livre de l’université Paris-Est-Marne-la-Vallée.

Sous la coordination de Gisèle SÉGINGER (Université Paris-Est-Marne-la-Vallée).

À l’amphithéâtre d’honneur, École nationale vétérinaire d’Alfort – ENVA, au 7, avenue du général De Gaulle 94700 Maisons-Alfort, les 1er et 2 décembre 2016, de 9h à 19h.

Jacqueline Vons et Stéphane Velut (université de Tours) y parleront de l’expérimentation animale chez Vésale.

Continuer la lecture de « Colloque Animalhumanité (01 et 02/12) »

Résultats de l’énigme sur le remède secret

Notre remède secret a perdu de son mystère… Trois heureux gagnants sont parvenus à résoudre l’énigme que nous vous proposions au mois d’octobre à l’occasion de notre exposition sur l’histoire des huiles essentielles. Bravo à eux et bravo à tous les participants ! Voici expliquée pas à pas la solution de l’énigme.

Eau de Cologne , prospectus, XVIIIe siècle
Eau de Cologne , prospectus, XVIIIe siècle

Souvenez-vous, nous vous demandions quelle était la maladie que permettait de soigner le remède secret. La bonne réponse est… le scorbut.

Pour trouver cette maladie, il faut d’abord identifier l’ingrédient principal du remède grâce à trois indices :

1. Mon premier indice est un fruit. Il se trouve sur la planche XXI de la page 254 du tome II du plus grand traité sur les arbres fruitiers du XVIIIe siècle.

L’indice est la bergamote. Pour le trouver, il faut chercher dans Medic@ le Traité des arbres fruitiers publié par Duhamel Du Monceau en 1768. La planche XXI de la page 254 du tome II représente une bergamote.

2. Mon deuxième indice est un personnage. La BIU Santé a fait l’acquisition récemment d’un ouvrage consacré à ses rapports avec ses dentistes.

L’indice est Napoléon. Vous le trouvez grâce au catalogue de la BIU Santé. Une recherche simple en saisissant le mot-clé « dentistes » et un classement des résultats du plus récent au plus ancien document vous permet d’afficher parmi les premiers résultats l’ouvrage de Xavier Riaud intitulé « Napoléon 1er et ses dentistes » (Paris, L’Harmattan, 2016).

3. Mon troisième indice est une maison de parfumerie. Vous le trouverez dans le numéro de Noël 1920 d’une importante revue consacrée à la parfumerie, en bas à gauche de la page 254.

L’indice est la maison Guerlain. Vous le trouvez dans Medic@ via la page dédiée aux périodiques numérisés, qui vous propose la revue La parfumerie moderne. Un volume unique rassemble tous les numéros de l’année 1920. A l’intérieur de ce volume, vous pouvez vous aider de la table des matières pour repérer le numéro de Noël et le feuilleter pour arriver à la page 254 où vous trouvez en bas à gauche une reproduction d’un flacon de parfum de la maison Guerlain.

La combinaison de ces trois indices permet d’identifier l’ingrédient principal du remède secret : l’Eau de Cologne. En effet, l’huile essentielle de bergamote est l’un des ingrédients de ce parfum ; Napoléon en faisait notoirement une consommation effrénée et la maison Guerlain commercialise encore aujourd’hui ce parfum.

Ensuite, pour deviner le nom de la maladie que soignerait notre remède secret, il faut se reporter à l’un des documents qui était présenté dans notre salle de lecture lors de l’exposition, et qui est également disponible dans Medic@ : Vertus et effets de l’Eau admirable ou Eau de Cologne : approuvée par la Faculté de médecine, le 13 janvier 1727. Au détour d’une impressionnante énumération des propriétés thérapeutiques de l’Eau de Cologne, vous découvrez qu’en mélangeant une cuillerée d’Eau de Cologne et deux cuillerées d’eau de fontaine, en se lavant la bouche avec cette préparation et en l’ingérant trois fois par semaine, vous pouvez – en théorie – soigner le scorbut.

Nous félicitons nos trois gagnants, Sylvie Juvin, Annette Busolin et Chiheb Jouini, qui ont élucidé cette énigme avec brio ! Ils remportent chacun un lot de deux ouvrages incluant un exemplaire de La Faculté de médecine et de pharmacie de Rouen paru aux éditions du Grand Métier en 2015.

Nous profitons de cette occasion pour inclure dans notre article un texte proposé par Romain Galmiche (Editions du Grand Métier) :

5 raisons pour un livre sur la faculté de médecine et pharmacie de Rouen ?

1. Parce que les facultés de médecine sont un maillon essentiel mais finalement méconnu du système de santé. A l’interface entre monde hospitalier et Université, avec un grand U, elles assurent la cohérence des projets et des dispositifs ;

2. Parce que joindre médecine ET pharmacie permet un modèle inédit d’insertion des activités de recherche et d’enseignement. L’innovation scientifique n’est pas un cadeau du ciel : elle est le fruit de démarches conjointes et réfléchies ;

3. Parce que cette faculté, après avoir longtemps cherché sa place dans le territoire, l’a trouvée. La création d’un campus de santé, central et resserré, inaugure une nouvelle ère de la médecine rouennaise ;

4. Parce que la nouvelle région normande offre un exemple frappant des défis qui se présentent à la médecine hospitalo-universitaire française. Défis démographiques, défis financiers, universitarisation des professions de santé. La faculté pour relever le gant doit être souple, inventive, intelligente ;

5 Parce qu’une faculté est toujours en prise avec la société qui l’entoure. Les méthodes d’enseignement changent, les questions éthiques bouleversent les certitudes… De nouveaux mots apparaissent : « classes inversées », « medical training center ». Seule demeure l’exigence intellectuelle.

Catherine Blum

Énigme : quel est ce remède secret ?

À l’occasion de l’exposition «Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles», le pôle Pharmacie de la BIU Santé vous propose de résoudre une énigme. Pour gagner, il vous faudra identifier un remède secret. Vous aurez besoin de vos connaissances bien sûr, mais aussi du catalogue de la bibliothèque et de Medic@ (notre bibliothèque numérique gratuite). La visite de l’exposition sur les huiles essentielles à la bibliothèque du pôle Pharmacie vous donnera une longueur d’avance.

Indice 1L’énigme se déroule en deux étapes. Il faut d’abord identifier le célèbre parfum qui est l’ingrédient principal de ce remède. Nous vous indiquons pour cela trois indices :

1. Mon premier indice est un fruit. Il se trouve sur la planche XXI de la page 254 du tome II du plus grand traité sur les arbres fruitiers du XVIIIe siècle.

2. Mon deuxième indice est un personnage. La BIU Santé a fait l’acquisition récemment d’un ouvrage consacré à ses rapports avec ses dentistes.

3. Mon troisième indice est une maison de parfumerie. Vous le trouverez dans le numéro de Noël 1920 d’une importante revue consacrée à la parfumerie, en bas à gauche de la page 254.

Indice 3Combinez ces trois indices… Vous avez trouvé l’ingrédient principal du remède ! Il ne reste plus qu’à en verser une cuillerée que vous mélangerez à deux cuillerées d’eau de fontaine. Lavez-vous la bouche avec ce mélange tous les jours et buvez-en trois fois par semaine. Indiquez-nous le nom de la maladie que soignerait ce remède et vous avez gagné !

Adressez vite vos réponses à : blog@biusante.parisdescartes.fr. Un lot attend chacune des trois premières personnes à nous envoyer la bonne réponse.

Bonne chance !

Catherine Blum

Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles

Une exposition au pôle Pharmacie de la BIU Santé prolonge les Journées européennes du patrimoine qui se sont déroulées le samedi 17 septembre dernier à la Faculté de Pharmacie de Paris. Découvrez une sélection d’ouvrages anciens datant du XVIe au XVIIIe siècle consacrés aux huiles essentielles, à l’entrée de la bibliothèque située dans la Faculté de pharmacie au 4 avenue de l’Observatoire, du lundi 26 septembre au samedi 26 novembre 2016.

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Ces ouvrages illustrent l’histoire des huiles essentielles, du processus de distillation à la fabrication de remèdes et autres recettes cosmétiques. Vous pourrez également admirer à cette occasion des flacons d’huiles essentielles issus des collections du Musée François-Tillequin en bois peint ou en verre coloré. Une sélection d’ouvrages récents, disponibles à l’entrée de la salle de lecture et empruntables, complètent cette exposition.

Pour en savoir plus sur l’histoire des huiles essentielles, vous pouvez consulter ce billet de blog.

Pour avoir un aperçu de la présentation proposée aux visiteurs le samedi 17 septembre dernier, vous pouvez parcourir cet album sur notre page Facebook.

Catherine Blum

Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles
Debut: 09/26/2016
Fin: 11/26/2016
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Journées européennes du patrimoine 2016 : zoom sur les huiles essentielles

Le samedi 17 septembre à l’occasion des Journées du patrimoine, la Faculté de pharmacie de Paris vous ouvre ses portes et vous propose une visite de la Salle des actes et du Musée François-Tillequin, où sont conservées les collections de matière médicale. Lors de cette visite, une sélection d’ouvrages anciens du XVe au XXe siècle issus des collections patrimoniales du Pôle pharmacie de la BIU Santé et retraçant l’histoire des huiles essentielles vous sera présentée.

La Parfumerie moderne, 1920
La Parfumerie moderne, 1920

Si les premiers usages thérapeutiques des plantes remontent à la préhistoire et si la distillation est une technique connue depuis l’Antiquité, les huiles essentielles telles que nous les connaissons aujourd’hui mettent de nombreuses décennies à apparaître sur les tables de laboratoire et dans les traités. Dans le monde antique, elles composent les parfums que l’on utilise lors de rites religieux ou en médecine. Mais pendant longtemps elles peinent à se distinguer, dans la littérature, des « eaux distillées, quintessences, huiles grasses… » qui fleurissent dans les pharmacopées et autres manuels de cosmétique. Obtenues par expression ou par macération, le plus souvent par distillation, les huiles essentielles sont des substances aromatiques à la consistance huileuse, qui renferment divers principes volatils contenus dans les végétaux, essentiellement les fleurs ou les fruits.

Liebault, Jean. Quatre livres des secrets de medecine, et de la philosophie chimique. Faicts francois par M. Jean Liebault... Rouen : 1566
Liebault, Jean. Quatre livres des secrets de medecine, et de la philosophie chimique. Faicts francois par M. Jean Liebault… Rouen : 1566

Sous la plume de Jérôme Brunschwig, médecin installé à Strasbourg à la fin du XVe siècle, les distillats sont encore fortement alcoolisés et il n’est pas encore fait mention des huiles essentielles. Un demi-siècle plus tard, Giovanni Battista della Porta évoque les huiles essentielles et les huiles grasses, et la façon dont il faut séparer les essences des huiles distillées aromatiques. Aux XVIe et XVIIe siècles, les huiles essentielles sont introduites dans le commerce tandis que la distillation devient la technique d’extraction prédominante, dans la mesure où elle permet d’isoler le principe actif de la plante pour rendre la préparation efficace. Cucurbites et alambics remplacent le bain-marie. La science quitte le monde secret des alchimistes pour celui de l’imprimé et de la diffusion du savoir, et essuie dans la foulée ses premières critiques. Maîtres gantiers-parfumeurs, épiciers-apothicaires et distillateurs sont autant de métiers qui manipulent quotidiennement les huiles essentielles, non sans quelques accrocs et querelles de territoire.

La parfumerie moderne, 1927
La parfumerie moderne, 1927

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les techniques et les savoirs se perfectionnent encore : Nicolas Lémery décrit le processus de la distillation dans une série de planches ; Antoine Baumé étudie et améliore l’usage de l’alambic. L’Encyclopédie dresse un état des lieux de la connaissance en matière de distillation tandis que le commerce de la parfumerie, grand consommateur d’huiles essentielles, s’est considérablement développé. Au siècle suivant, l’invention de la méthode d’extraction par solvants volatils brevetée par Léon Chiris et l’invention de composés synthétiques visant à reproduire des substances naturelles fait entrer la fabrication des huiles essentielles dans l’ère industrielle. Leur usage thérapeutique tombe quelque peu en désuétude, mais il est réintroduit au début du XXe siècle grâce à René-Maurice Gattefossé, qui redécouvre les vertus cicatrisantes de l’huile essentielle de lavande après s’être accidentellement brûlé la main dans son laboratoire. Il publie son ouvrage Aromathérapie en 1931, et inaugure le renouveau des huiles essentielles utilisées en thérapeutique que nous connaissons aujourd’hui.

Pour en savoir plus sur l’histoire des huiles essentielles, venez nous rendre visite le 17 septembre prochain ! Et retrouvez dès la semaine prochaine une sélection d’ouvrages récents consacrés aux huiles essentielles à l’entrée de la bibliothèque de la Faculté de pharmacie.

Catherine Blum

Debut: 09/17/2016 10:00 am
Fin: 09/17/2016
Duree: 9 heures:
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Sur les pas de Madame Royale

À l’occasion de la publication de Madame Royale, une biographie de la fille de Louis XVI écrite par Anne Muratori-Philip (Fayard, 2016), le blog de la BIU Santé vous propose deux billets pour le prix d’un : une présentation de l’ouvrage par Olivier Gross, pharmacien général de Santé publique, ainsi qu’un commentaire inédit de l’auteur de la biographie, Anne Muratori-Philip, à propos d’une gravure représentant l’accouchement de la reine Marie-Antoinette. Bonne lecture de vacances !

Pour mémoire, A. Muratori-Philip est également à l’origine de notre exposition virtuelle sur Antoine-Augustin Parmentier, pharmacien et agronome (1737-1813).

9782213631752-001-XÀ propos du livre

Née Fille de France et distinguée à sa naissance par le titre de madame Royale, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette devient à l’âge de 13 ans et pour le reste de ses jours «l’orpheline du temple».

Tout le drame atroce de sa vie est concentré dans ces deux mots.

Peut-on rester physiquement et psychiquement sain quand au sortir de l’enfance on est confronté à l’humiliation et à l’exécution de ses parents, de sa tante, la pieuse Madame Élisabeth, à la longue agonie de son frère, à la prison du Temple pendant 4 ans, puis à l’exil et au retour sur les lieux du drame et puis encore à l’exil ?

La Duchesse d’Angoulême revenue de l’enfer sur les marches du trône, apparemment saine de corps et d’esprit, nous interpelle sur le pouvoir du mental, sur ces ressources que l’être humain est capable de mobiliser ex nihilo pour supporter l’insupportable.

Dans son nouveau livre sur ce témoin à charge de la fin de la monarchie, Anne Muratori nous peint avec délicatesse et retenue «l’Oubliée de l’histoire». Une étude réalisée à partir de documents d’archives, une biographie qui intéressera les passionnés d’histoire et ceux qui ont apprécié le talent de l’auteure de la biographie «Parmentier»

Olivier Gross
Pharmacien Général de Santé Publique

L’Heureux accouchement de la reine

Gravure en taille douce, anonyme, 1er quart du 18e siècle (Collections FDD-CNOP)

Marie-Thérèse Charlotte de France, née le 19 décembre 1778, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette. Versailles n’a pas pour habitude de fêter la naissance d’une fille, mais cette fois, tout le royaume est en émoi, car cet enfant met fin aux folles rumeurs qui couraient depuis des mois sur la stérilité du couple royal. La petite princesse aurait dû recevoir le titre de Madame. Mais Louis XVI l’ayant déjà accordé à la comtesse de Provence, l’épouse de Monsieur, frère du roi, il décide de titrer sa fille : Madame Royale ou Madame fille du roi.

La reine Marie-Antoinette a accouché à onze heures trente du matin d’un nouveau-né que l’on a cru mort, parce qu’il refusait de pousser ses premiers vagissements. Emporté dans la pièce voisine pour être débarbouillé, on s’est aperçu que c’était une fille, ce qui provoqua la fuite des courtisans. Pourtant le roi est ému devant ce bébé qu’il cajole longuement avant de le confier à sa gouvernante, Madame de Guéménée. Lui aussi aurait préféré un fils, mais ce n’est que partie remise.

Cette gravure fixe pour la postérité l’heureux accouchement de la reine qui repose dans son lit, sous le regard vigilant de la princesse de Lamballe, surintendante de la Maison de la Reine. Une servante remet de l’ordre dans les tentures malmenées par la foule qui se pressait dans la chambre. La petite princesse, en robe de baptême, est dans les bras de Victoire-Armande de Rohan-Soubise, princesse de Guéménée et gouvernante des Enfants de France. Le roi, lui, présente sa fille à ses proches avant de se rendre à la chapelle pour assister au baptême de l’enfant par le cardinal de Rohan. C’est une innovation qui commence avec Madame Royale, car jusqu’à présent les Enfants de France étaient seulement ondoyés à la naissance.

Anne Muratori-Philip

Pour en savoir plus sur la pratique de l’accouchement à l’époque de Marie-Antoinette, vous pouvez consultez les documents suivants dans la bibliothèque numérique Medic@ :

Gautier d’Agoty, Jacques-Fabien. Anatomie des parties de la génération, et de ce qui concerne la grossesse et l’accouchement. Paris : Chez Demonville, 1778.

Baudelocque, Jean-Louis. Recherches et réflexions sur l’opération césarienne suivies d’une note sur l’accouchement de la femme Marville. [Paris] : Impr. de la Société de médecine, 1798.

Capmas. Réflexions critiques en forme de lettre sur la cause de l’accouchement. Bruxelles : chez Didot le jeune, Méquignon l’aîné, 1779.