Les tisanes : des « boissons innocentes » en ligne dans la Banque d’images

Tisane de santé Bernardo, dite tisane des cent vertus

La BIU Santé met en ligne dans sa Banque d’images et de portraits un corpus composé d’une soixantaine de boîtes de tisanes et documents d’accompagnement (publicités, lettres, brochures). Ces objets et documents témoignent de la production, de la vente et de la consommation de tisanes et boissons à base de plantes à visée thérapeutique ou de bien-être dans la première moitié du XXe siècle.

Un médicament ?

À l’origine, la tisane, ou ptisane, est un mot dérivé du grec qui désigne une décoction d’orge pilée bouillie dans de l’eau. Hippocrate, dans son livre Du régime dans les maladies aiguës, préconisait déjà l’usage de cette boisson pour soigner et alimenter les malades. Au XVIIIe siècle, l’Encyclopédie entend par tisane « tout liquide médicamenteux qui, contenant peu de parties actives, est destiné à former la boisson ordinaire d’un malade ». Elles constituent ainsi la base de la médecine domestique. Selon Guillaume-François Rouelle (1703-1770), maître-apothicaire à Paris et démonstrateur de chimie au Jardin du roy, « le malade en fait sa boisson ordinaire, c’est pourquoi il faut qu’elle soit agréable et qu’elle ne dégoûte point autant que la vue de la curation le permet ». Le célèbre chimiste et apothicaire Nicolas Lémery, dans sa Pharmacopée universelle publiée en 1697, disait de la tisane « quelle n’est pas si chargée en drogues, car comme elle est employée pour le boire ordinaire, on la rend le moins désagréable qu’on peut ».

Tisane feuilles d’oranger bigarade

Au XIXe siècle, les tisanes figurent en bonne place dans la Pharmacopée française, le Dorvault, ainsi que dans de nombreux formulaires et ouvrages de référence pharmaceutiques. L’édition de 1818 de la Pharmacopée française prend cependant soin de préciser que les tisanes « ne doivent leurs vertus qu’à une très petite quantité de médicaments qu’elles tiennent en dissolution » et que « ces boissons doivent être légères, et le moins désagréables possible, pour que le malade ne s’en dégoûte pas, puisqu’il est obligé d’y revenir souvent ».

Malgré toutes ces précautions d’usage, les tisanes connaissent un tel succès en France que des voix s’élèvent pour en réguler l’usage et en relativiser l’intérêt thérapeutique. Ainsi Jean Buisson, dans ses Observations sur le code pharmaceutique en 1830, indique que l’« on n’établit pas de règles assez sûres et assez précises pour la préparation de ces médicaments. Ainsi par exemple, on ne différencie presque pas les racines, les écorces et les bois qui doivent supporter l’ébullition d’avance ceux qui peuvent la supporter sans altération […]. Les doses ne sont pas assez précisées dans cet ouvrage […]. » Quelques décennies plus tard, le médecin Adolphe Burggraeve (1806-1902) s’exprime ainsi : « Quand on visite les hôpitaux on est frappé du luxe des tisaneries et des innombrables bouteilles, qui de là se répartissent dans les diverses salles, au point que chaque malade a la sienne – quelquefois deux. Les malades non alités trouvent le moyen de les vider autre part que dans leur estomac ; mais pour ceux que la fièvre tient au lit, impossible de leur échapper. »

Zoom sur les tisanes de la Banque d’images et de portraits
Thé mexicain du Dr Jawas

Les boîtes de tisanes et documents d’accompagnement numérisés et disponibles dans la Banque d’images et de portraits forment un ensemble de près de 60 pièces, datant de la première moitié du XXe siècle. On y trouve une grande variété d’informations : famille de tisane, symptômes traités, posologie, formulation, circuit de distribution, prix, timbre ou visas des organismes chargés du contrôle des médicaments, poids, date de fabrication…

Certaines de ces tisanes sont citées dans des formulaires et ouvrages de référence contemporains. Ainsi le Thé mexicain du Dr Jawas contre l’obésite figure dans le Formulaire des principales spécialités de parfumerie et de pharmacie de René Cerbelaud, pharmacien chimiste (Paris, 1905). Les tisanes Dausse sont quant à elles présentées de manière fort élogieuse dans l’édition de 1927 du Dictionnaire des spécialités pharmaceutiques, plus connu sous le nom de Dictionnaire Vidal, comme offrant « le maximum d’activité thérapeutique ». Précisons tout de même que le Vidal laissait à l’époque la description des spécialités à la discrétion du fabricant…

Tisane Sanifer

Nous retrouvons ce même vocabulaire flatteur sur les boîtes de tisanes. Vendues en officine, dans un format parfois insolite, elles se parent de mille propriétés thérapeutiques : purgatives, laxatives, anti-épileptiques, antiseptiques, calmantes, rafraîchissantes, toniques… La liste des vertus que leur bel emballage leur attribue est sans fin. On note également une attention particulière portée au soin de l’appareil digestif dans l’argumentaire commercial. Toute référence au monde clérical est un gage supplémentaire de l’efficacité et de l’authenticité de la préparation (« Thé dépuratif du frère Basile », « Tisane des Chartreux de Durbon », « Tisane de santé de Sœur Ynès », etc.). Enfin, certaines posologies laissent les patients modernes que nous sommes songeurs. Ainsi une boîte entière de tisane des Pères Augustins est « à macérer 4 jours dans un litre de bon vin blanc » tandis qu’un petit verre de cognac peut être ajouté au litre de vin blanc nécessaire à la préparation de la tisane du Curé de Deuil.

Il est ainsi possible d’extraire de ce corpus une grande quantité d’informations. Elles mériteraient très certainement une étude systématique et approfondie, qui nous renseignerait sur la place des tisanes dans l’arsenal thérapeutique du début du XXe siècle, les techniques commerciales employées par les fabricants pour vendre leur produit ainsi que sur la médecine domestique.

Catherine Blum

Société d’Histoire de la Pharmacie : séance du 7/6

Le mercredi 7 juin 2017, la salle des Actes de la faculté de Pharmacie de Paris (4, avenue de l’Observatoire) a accueilli une séance de la Société d’Histoire de la Pharmacie.

Trois interventions se sont succédé au cours de cette séance :

1) Cécile Raynal, membre de la SHP : Le chocolat Pailhasson et les pastilles Malespine, deux confiseries fabriquées par des pharmaciens ;

2) Rached Besbes, pharmacien hospitalier de Tunisie retraité : Ali Bouhageb, pharmacien, ministre de la Santé de Tunisie sous le protectorat français ;

3) Oliver Lafont, président de la SHP : Charles Tanret, pharmacien d’officine et chercheur scientifique.

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MedDRA, nouvelle base de données en pharmacie

Une nouvelle base est désormais accessible au pôle Pharmacie de la BIU Santé, MedDRA, Medical dictionary of regulatory activities, développée par l’International Council for Harmonisation of Technical Requirements for Pharmaceuticals for Human Use (ICH).

meddraCe dictionnaire renferme des termes internationalement reconnus dont l’utilisation facilite la réglementation des produits pharmaceutiques, des produits biologiques, des vaccins et des produits associant un dispositif et un médicament.

«Cette terminologie est employée tout au long du processus de réglementation pour l’entrée, l’extraction, l’analyse ou la présentation de données sur un produit homologué ou faisant l’objet d’une homologation. Elle est aussi utilisée pour la transmission électronique des déclarations d’effets indésirables des médicaments expérimentaux ou commercialisés.»
Le lien vers cette base se trouve dans notre liste de bases de données.

L’identifiant et le mot de passe vous seront communiqués à l’accueil du pôle Pharmacie.

Didier Partouche

Société d’histoire de la pharmacie : séance du 22/03/17

SHPCe mercredi 22 mars 2017 s’est tenue la séance de la Société d’histoire de la pharmacie dans la Salle des Actes de la Faculté de pharmacie de Paris. Si vous n’avez pas eu l’occasion d’y assister, en voici un bref résumé.

Après l’annonce des informations relatives à l’actualité de la SHP et de l’histoire de la pharmacie par le secrétaire général Bruno Bonnemain, quatre interventions se sont succédé durant cette séance présidée par le professeur Olivier Lafont, président de la SHP.

The Bolduc House Museum, Sainte Genevieve, Missouri
The Bolduc House Museum, Sainte Genevieve, Missouri

Bruno Bonnemain a fait le récit d’un séjour de plusieurs mois effectué en Amérique du Nord, à la découverte des monuments historiques et musées consacrés à l’histoire de la pharmacie. Parmi les lieux remarquables qu’il a eu la chance de visiter, on citera la Maison Bolduc à Sainte Geneviève dans le Missouri, le Musée des Hospitalières de l’Hôtel-Dieu de Montréal ou encore le Monastère des Augustines à Québec.

Remy Bellenger : Le Laboratoire Dausse, une histoire de familles, 1824-1929

Couv-DausseRemy Bellenger a retracé l’histoire d’une entreprise familiale florissante, le Laboratoire Dausse, à l’occasion de la parution de son ouvrage Le Laboratoire Dausse : une histoire de familles (1824-1929) publié aux éditions L’Hexaèdre. À partir de ses archives familiales et de nombreuses sources historiques, il a pu reconstituer le parcours de son ancêtre Amans Dausse, pharmacien de métier. Propriétaire d’une officine située au 10, rue de Lancry à Paris, Amans Dausse rencontre un certain succès dans la fabrication et la vente de remèdes et médicaments. En 1834, il fonde le Laboratoire Dausse, spécialisé dans la fabrication de médicaments à base de plantes.

Vous pouvez découvrir la suite de cette saga industrielle et familiale en vous procurant l’ouvrage de Remy Bellenger ici.

Bruno Bonnemain : Le Journal de pharmacie et de chimie en 1917

Bruno Bonnemain, Secrétaire général de la SHP, a analysé la publication du Journal de pharmacie et de chimie au cours de l’année 1917, à travers le prisme de la Grande Guerre. Les nouvelles du front et le contexte politique et idéologique de l’époque influent sur le contenu d’une publication spécialisée, à travers des articles portant sur des sujets d’ordre technique (rôle des vêtements dans l’infection des blessures de guerre, accès à l’eau potable sur le front…) ou plus général (l’industrie pharmaceutique en Russie, la production des alcaloïdes en temps de guerre…). En parallèle à l’événement, le Journal de pharmacie et de chimie maintient une politique éditoriale plus classique en abordant des thèmes connexes tels que la chimie alimentaire avec la polémique autour du lait écrémé par exemple, ou encore l’histoire de la pharmacie.

Sophie Jacqueline : Étude pharmaco-archéologique des baumes de momification en Égypte ancienne

Bec d'ibis momifié, collection privée
Bec d’ibis momifié, collection privée

Sophie Jacqueline, lauréate du prix de thèse de la Société française d’histoire de la médecine, nous a présenté l’étude pharmaco-archéologique qu’elle a réalisée dans le cadre de sa thèse d’exercice sur les baumes de momification en Égypte ancienne. De nouvelles méthodes d’analyse permettent de mieux connaître les méthodes de momifications, ainsi que la composition des baumes et des substances participant à la conservation des corps. Cette étude a été conduite selon un cadre méthodologique très strict, composé successivement d’un examen macroscopique, d’un examen scannographique, d’un examen à loupe binoculaire, d’une analyse élémentaire et enfin d’une analyse chromatographique. L’examen d’artefacts et de crânes de momies datant de l’Égypte ancienne permet d’affiner et d’approfondir les connaissances historiques et scientifiques relatives aux techniques d’embaumement. Sophie Jacqueline poursuit actuellement ses études dans le cadre d’un doctorat à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines sur l’apport des techniques médico-légales dans l’art premier.

Pour en savoir plus : Jacqueline, Sophie. « Les produits d’embaumement égyptiens : nouvelles données pharmacologiques ». Histoire des sciences médicales, 2016, Vol. 50 (1), pp. 43-52.

Olivier Lafont : Masséot Abaquesne en vente publique à Paris, durant le dernier quart du XXe siècle

Vase bi-ansé préempté par le Musée de la Renaissance, vente Ricqlès Drouot, 20 octobre 1996
Vase bi-ansé préempté par le Musée de la Renaissance, vente Ricqlès Drouot, 20 octobre 1996

Olivier Lafont a reconstitué le parcours de pots de pharmacie décorés par le célèbre faïencier du XVIe siècle Masséot Abaquesne dans une série de ventes publiques qui se sont tenues à Paris durant le dernier quart du XXe siècle. Ces pots, dont certains peuvent être identifiés avec exactitude grâce à la signature du maître, se caractérisent par l’emploi de motifs en rinceaux et de figures de profil, typiques de l’école de faïencerie rouennaise de la Renaissance. Leur cote marchande a varié au cours des décennies en fonction de leur originalité, de leur rareté et de leur état, ainsi que de la fiabilité de leur attribution à Abaquesne. Ces pots ont circulé de collections privées en collections privées, réapparaissant occasionnellement lors de ventes publiques au cours des dernières décennies, jusqu’à rejoindre les collections publiques de musée pour certains d’entre eux. À travers l’histoire de ces objets se dessine en filigrane l’histoire du marché de l’art à la fin du XXe siècle.

Pour ceux d’entre vous qui souhaitent admirer de plus près les œuvres de Masséot Abaquesne, une exposition intitulée « Masséot Abaquesne, l’éclat de la faïence à la Renaissance » se tient actuellement et jusqu’au 23 avril prochain au Musée de la Céramique de Rouen.

La prochaine séance de la Société d’histoire de la pharmacie se tiendra le mercredi 7 juin 2017.

Catherine Blum

Conférence sur la pénicilline (05/10)

André Frogerais donnera une conférence à la BIU Santé sur le thème :

Les origines de la fabrication de la pénicilline en France

Andre-FrogeraisCette conférence est organisée par la société des amis de la BIU Santé (Sabium). Elle aura lieu dans la salle Landouzy du pôle Médecine de la BIU Santé mercredi 5 octobre 2016 à 17h30.

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Résumé

En 1897 à Lyon, le médecin militaire Ernest Duchesne est le premier scientifique à découvrir que certaines moisissures peuvent neutraliser la prolifération des bactéries, mais cette découverte reste inexploitée.

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En 1929, en Grande-Bretagne, au Saint-Mary’s Hospital de Londres, Alexander Fleming travaille sur un vaccin capable de combattre les infections bactériennes. Il découvre qu’un champignon, Penicillum notatum, synthétise une substance antibactérienne qu’il appelle pénicilline.

En 1938, à Oxford, Howard Floray, Ernst Chain et Norman Headley cherchent un moyen de produire de la pénicilline purifiée. Grâce à la lyophilisation, ils réussissent en 1940 à en produire 100 mg. La production industrielle commence aux États-Unis à partir de 1943.

En France, pendant l’Occupation, les publications scientifiques continuent à circuler. Les industriels Rhône Poulenc et Roussel, en collaboration avec l’Institut Pasteur, entreprennent des recherches en cachette des autorités allemandes et réussissent à produire de la pénicilline au stade expérimental. La pénicilline américaine débarque en France en mai 1944. Elle apparaît comme un médicament miracle, la France doit en produire, c’est un objectif national.

La Pharmacie Centrale de l’Armée commence la fabrication dès avril 1945 à Paris dans un ancien garage de la Wehrmacht, rue Cabanel, à l’initiative d’un officier de la 2°DB, le médecin-capitaine Pierre Broch. Les pouvoirs publics, les autorités scientifiques comme l’Institut Pasteur et le CNRS, les industriels proposent des stratégies différentes qui vont donner lieu à de nombreuses polémiques.

À partir de 1948, la France satisfait aux besoins de la Métropole et de ses colonies.

[Mise à jour] Retrouvez la vidéo de la conférence sur notre compte Periscope.

En savoir plus

Les origines de la fabrication de la pénicilline en France
Debut: 10/05/2016 05:30 pm
12, rue de l'Ecole-de-Médecine
Paris, Île-de-France
75006
FR

 

Médicaments et industrie pharmaceutique en France : aux sources de l’histoire contemporaine

La BIU Santé vient d’achever le catalogage d’une importante collection de plus de 4500 brochures provenant de 250 laboratoires pharmaceutiques. Cette collection, rassemblée au milieu des années 1990, est désormais à la disposition des usagers du Pôle pharmacie-biologie-cosmétologie, qui trouveront là une source précieuse dans au moins trois domaines de recherche :

  • L’histoire de l’industrie pharmaceutique ;
  • L’histoire des médicaments et de leur commercialisation en France ;
  • L’histoire de la publicité médico-pharmaceutique.

En effet, cette collection couvre une large période historique de près d’un demi-siècle (1945-1995 environ) et donne accès à un ensemble unique constitué de documents très divers : brochures de laboratoire destinées à la communication interne, rapports d’activité, fascicules envoyés aux médecins praticiens et aux pharmaciens d’officine, petites revues de laboratoire, fiches produits, réclames, catalogues de prix, monographies sur un médicament, une méthode thérapeutique, un traitement nouveau, une épopée industrielle, etc.

La liste des laboratoires représentés est impressionnante. On y trouve aussi bien des géants du secteur que des petites structures de recherche ou de fabrication :
Laboratoires Abbott, Adrian-Marinier, Allard, Amido, Anphar, Ardix, Arko, Arkochim, Arkodex, Armour-Montagu, Aron, Astra-Calvé et Astra Zeneca, Aventis, Badrial, BASF, Bayer, Beaufour, Becton-Dikinson, Beecham-Sévigné, Belamont, Bello, Béral, Berthier-Derol, Bertin, Besins-Iscovesco, Beytout, Billault, Biocodex, Biopharma, Bioga, Biosedra, Biothérax, Biotrol, Boehringer Ingelheim et Boehringer Mannheim, Boiron, Bonapp, Boots-Dacour, Borne, Bottu, Bouchara, Bouchard, Bouillet, Bristol, Bruneau, Buriat, Byk-Mallinckrodt, Capsugel, Carl Zeiss Jena, Carrion, Cassenne, Centocor, Centre Pharma, Cerba, Cernep, Cétrane, Chantereau, Chauvin Blache, Chefaro-Ardeval, Chibret, Choay, Ciba, Cilag, Clarins, Clin-Comar-Byla et Clin-Midy, Clintec, Coupin, Crinex, Dafray, Daltan, D’Anglas, Daniel Brunet, Dausse, Debat, Deglaude, Delagrange, Delalande, Dexo, Diamant, Dolisos, Doms, Dulcis, Dumesnil, Duphar, Dupont, Egic, Eli-Lilly, Endo, Erba, Ericson, Euthérapie, Fabre, Farmitalia, Fermé, Fournier frères, Fraysse, Galénic, Gattefossé, Geigy, Gist-Brocades, Glaxo-Smith-Kline, Goupil, Grémy-Longuet, Guerbet, Hépatrol, Hoerchst, Houdé, ICI Pharma, Inava, Inpex, INSERM, Institut de recherche biologique, Institut Pasteur, IPSEN, ISH, Janssen, Jouveinal, Kuhlmann, Labaz, Labcatal, Lafon, Laroche Navarron, Latema, Le Brun, Lederle, Lefranc, Lehring, Lematte-Boinot, Leo, Lepetit, Lesieur, Leurquin, LFPG, LFT, LHF, Libs, Lilly, Lucien, Lundbeck, Lutsia, Lyocentre, Martinet, Médiarik, Medicia, Merck-Sharp-Dohme-Clevenot, Mérieux, Mero-Rousselot-Satia, Merrell, Midy, Millot-Solac, Monal, Nativelle, Nestlé, Norgan, Novartis, Novo Nordisk, Oberlin, Oberval, Organon Teknica, Ozothine, Parke &; Davis, Perrier, Pfizer, Pharma, Pharmacia, Pharmaplantes, Pharmascience, Pharmaton, Pharmuka, Phasma, Plantier, Porcher-Lavril, Prolabo, Promedica, RIT, Reheis, Rhône Poulenc, Riom, Robapharm, Robert et Carrière, Roche, La Roche-Navarron, Roche-Posay, Roland Marie, Rorer, Roussel, Salvoxyl, Sandoz, Sanofi et Sanofi Winthrop, Sarbach, Sarget, Scherer, Schering et Schering-Plough, Searle, Sedaph, Servier, SKF, Smith &; Nephew, Smith Kline &; French, Sobio, Sochibo, Sogev, Somedia, Specia, Spret, Squibb, Stiefel, Substancia, SRV, Syntex, Synthélabo, Takeda, Thekan, Théramex, Théraplix, Thérica, Therval, Ucépha, Ugine Kuhlmann, Unicet, Unilever, Upjohn, Upsa, Valpan, Vanda, Vernin, Vitrum, Vygon, Wellcome, Wild Heerbrugg, Winthrop.

La plupart de ces laboratoires sont à l’origine de médicaments qui ont joué un rôle majeur dans l’amélioration de la santé des Français au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et durant les Trente glorieuses. Citons, entre autre, l’importante émulation industrielle autour de la production et de la vente des premiers antibiotiques ; citons également à l’autre extrémité de la chronologie, les premiers essais thérapeutiques pour tenter d’enrayer la terrible épidémie de SIDA.

Enfin, les spécialistes en communication et en arts graphiques ne manqueront pas de trouver au sein de cette collection de quoi satisfaire leur goût pour l’inventivité publicitaire. Les références aux œuvres ou aux styles d’artistes de renoms sont nombreuses (Dürer, Goya, Ingres, Giorgio de Chirico, Dali, etc.). On remarque également l’influence des principaux courants artistiques contemporains (Pop Art, Art cinétique, Hyperréalisme, Support Surface, etc.) sur l’iconographie de ces publications à vocation commerciale, technique et scientifique.

Ce billet est également l’occasion pour la BIU Santé de lancer un appel à la collecte de brochures auprès de tous les acteurs de l’industrie pharmaceutique et/ou cosmétique française. Ces nouveaux dons viendront accroître et compléter des sédiments déjà plus anciens et contribueront à faire de la bibliothèque un lieu de mémoire et un outil d’enseignement et de recherche tourné vers l’avenir. Autrement dit : un remède contre la dispersion et l’oubli.

Philippe Galanopoulos, Alain Delaforge

Remerciements à l’équipe de catalogage : Françoise Monsérat, Karine Tisserant, Sylvie Cavard et Didier Paccagnella