Résultats de l’énigme sur le remède secret

Notre remède secret a perdu de son mystère… Trois heureux gagnants sont parvenus à résoudre l’énigme que nous vous proposions au mois d’octobre à l’occasion de notre exposition sur l’histoire des huiles essentielles. Bravo à eux et bravo à tous les participants ! Voici expliquée pas à pas la solution de l’énigme.

Eau de Cologne , prospectus, XVIIIe siècle
Eau de Cologne , prospectus, XVIIIe siècle

Souvenez-vous, nous vous demandions quelle était la maladie que permettait de soigner le remède secret. La bonne réponse est… le scorbut.

Pour trouver cette maladie, il faut d’abord identifier l’ingrédient principal du remède grâce à trois indices :

1. Mon premier indice est un fruit. Il se trouve sur la planche XXI de la page 254 du tome II du plus grand traité sur les arbres fruitiers du XVIIIe siècle.

L’indice est la bergamote. Pour le trouver, il faut chercher dans Medic@ le Traité des arbres fruitiers publié par Duhamel Du Monceau en 1768. La planche XXI de la page 254 du tome II représente une bergamote.

2. Mon deuxième indice est un personnage. La BIU Santé a fait l’acquisition récemment d’un ouvrage consacré à ses rapports avec ses dentistes.

L’indice est Napoléon. Vous le trouvez grâce au catalogue de la BIU Santé. Une recherche simple en saisissant le mot-clé « dentistes » et un classement des résultats du plus récent au plus ancien document vous permet d’afficher parmi les premiers résultats l’ouvrage de Xavier Riaud intitulé « Napoléon 1er et ses dentistes » (Paris, L’Harmattan, 2016).

3. Mon troisième indice est une maison de parfumerie. Vous le trouverez dans le numéro de Noël 1920 d’une importante revue consacrée à la parfumerie, en bas à gauche de la page 254.

L’indice est la maison Guerlain. Vous le trouvez dans Medic@ via la page dédiée aux périodiques numérisés, qui vous propose la revue La parfumerie moderne. Un volume unique rassemble tous les numéros de l’année 1920. A l’intérieur de ce volume, vous pouvez vous aider de la table des matières pour repérer le numéro de Noël et le feuilleter pour arriver à la page 254 où vous trouvez en bas à gauche une reproduction d’un flacon de parfum de la maison Guerlain.

La combinaison de ces trois indices permet d’identifier l’ingrédient principal du remède secret : l’Eau de Cologne. En effet, l’huile essentielle de bergamote est l’un des ingrédients de ce parfum ; Napoléon en faisait notoirement une consommation effrénée et la maison Guerlain commercialise encore aujourd’hui ce parfum.

Ensuite, pour deviner le nom de la maladie que soignerait notre remède secret, il faut se reporter à l’un des documents qui était présenté dans notre salle de lecture lors de l’exposition, et qui est également disponible dans Medic@ : Vertus et effets de l’Eau admirable ou Eau de Cologne : approuvée par la Faculté de médecine, le 13 janvier 1727. Au détour d’une impressionnante énumération des propriétés thérapeutiques de l’Eau de Cologne, vous découvrez qu’en mélangeant une cuillerée d’Eau de Cologne et deux cuillerées d’eau de fontaine, en se lavant la bouche avec cette préparation et en l’ingérant trois fois par semaine, vous pouvez – en théorie – soigner le scorbut.

Nous félicitons nos trois gagnants, Sylvie Juvin, Annette Busolin et Chiheb Jouini, qui ont élucidé cette énigme avec brio ! Ils remportent chacun un lot de deux ouvrages incluant un exemplaire de La Faculté de médecine et de pharmacie de Rouen paru aux éditions du Grand Métier en 2015.

Nous profitons de cette occasion pour inclure dans notre article un texte proposé par Romain Galmiche (Editions du Grand Métier) :

5 raisons pour un livre sur la faculté de médecine et pharmacie de Rouen ?

1. Parce que les facultés de médecine sont un maillon essentiel mais finalement méconnu du système de santé. A l’interface entre monde hospitalier et Université, avec un grand U, elles assurent la cohérence des projets et des dispositifs ;

2. Parce que joindre médecine ET pharmacie permet un modèle inédit d’insertion des activités de recherche et d’enseignement. L’innovation scientifique n’est pas un cadeau du ciel : elle est le fruit de démarches conjointes et réfléchies ;

3. Parce que cette faculté, après avoir longtemps cherché sa place dans le territoire, l’a trouvée. La création d’un campus de santé, central et resserré, inaugure une nouvelle ère de la médecine rouennaise ;

4. Parce que la nouvelle région normande offre un exemple frappant des défis qui se présentent à la médecine hospitalo-universitaire française. Défis démographiques, défis financiers, universitarisation des professions de santé. La faculté pour relever le gant doit être souple, inventive, intelligente ;

5 Parce qu’une faculté est toujours en prise avec la société qui l’entoure. Les méthodes d’enseignement changent, les questions éthiques bouleversent les certitudes… De nouveaux mots apparaissent : « classes inversées », « medical training center ». Seule demeure l’exigence intellectuelle.

Catherine Blum

Énigme : quel est ce remède secret ?

À l’occasion de l’exposition «Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles», le pôle Pharmacie de la BIU Santé vous propose de résoudre une énigme. Pour gagner, il vous faudra identifier un remède secret. Vous aurez besoin de vos connaissances bien sûr, mais aussi du catalogue de la bibliothèque et de Medic@ (notre bibliothèque numérique gratuite). La visite de l’exposition sur les huiles essentielles à la bibliothèque du pôle Pharmacie vous donnera une longueur d’avance.

Indice 1L’énigme se déroule en deux étapes. Il faut d’abord identifier le célèbre parfum qui est l’ingrédient principal de ce remède. Nous vous indiquons pour cela trois indices :

1. Mon premier indice est un fruit. Il se trouve sur la planche XXI de la page 254 du tome II du plus grand traité sur les arbres fruitiers du XVIIIe siècle.

2. Mon deuxième indice est un personnage. La BIU Santé a fait l’acquisition récemment d’un ouvrage consacré à ses rapports avec ses dentistes.

3. Mon troisième indice est une maison de parfumerie. Vous le trouverez dans le numéro de Noël 1920 d’une importante revue consacrée à la parfumerie, en bas à gauche de la page 254.

Indice 3Combinez ces trois indices… Vous avez trouvé l’ingrédient principal du remède ! Il ne reste plus qu’à en verser une cuillerée que vous mélangerez à deux cuillerées d’eau de fontaine. Lavez-vous la bouche avec ce mélange tous les jours et buvez-en trois fois par semaine. Indiquez-nous le nom de la maladie que soignerait ce remède et vous avez gagné !

Adressez vite vos réponses à : blog@biusante.parisdescartes.fr. Un lot attend chacune des trois premières personnes à nous envoyer la bonne réponse.

Bonne chance !

Catherine Blum

Food chemicals codex online

L’abonnement à la version imprimée du Food chemicals codex (actuellement 10e édition) donne depuis le 1er septembre 2016 accès à la version en ligne (accessible seulement depuis les postes du pôle Pharmacie, demandez le mot de passe au bureau de renseignements).

Il s’agit d’un recueil de normes internationalement reconnues indiquant  la pureté et l’identité des ingrédients alimentaires.

Il recense  de plus de 1200 monographies : produits chimiques de qualité alimentaire, auxiliaires technologiques, aliments,  agents aromatisants, vitamines et ingrédients alimentaires fonctionnels.

Accès à Food Chemicals online (accessible seulement depuis les postes du pôle Pharmacie, demandez le mot de passe au bureau de renseignements).

La dernière édition imprimée parue (10e, 2016) , ainsi que le 1er supplément sont consultables en salle de lecture du pôle Pharmacie à la cote 664 FOO.

Didier Partouche

Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles

Une exposition au pôle Pharmacie de la BIU Santé prolonge les Journées européennes du patrimoine qui se sont déroulées le samedi 17 septembre dernier à la Faculté de Pharmacie de Paris. Découvrez une sélection d’ouvrages anciens datant du XVIe au XVIIIe siècle consacrés aux huiles essentielles, à l’entrée de la bibliothèque située dans la Faculté de pharmacie au 4 avenue de l’Observatoire, du lundi 26 septembre au samedi 26 novembre 2016.

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Ces ouvrages illustrent l’histoire des huiles essentielles, du processus de distillation à la fabrication de remèdes et autres recettes cosmétiques. Vous pourrez également admirer à cette occasion des flacons d’huiles essentielles issus des collections du Musée François-Tillequin en bois peint ou en verre coloré. Une sélection d’ouvrages récents, disponibles à l’entrée de la salle de lecture et empruntables, complètent cette exposition.

Pour en savoir plus sur l’histoire des huiles essentielles, vous pouvez consulter ce billet de blog.

Pour avoir un aperçu de la présentation proposée aux visiteurs le samedi 17 septembre dernier, vous pouvez parcourir cet album sur notre page Facebook.

Catherine Blum

Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles
Debut: 09/26/2016
Fin: 11/26/2016
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Journées européennes du patrimoine 2016 : zoom sur les huiles essentielles

Le samedi 17 septembre à l’occasion des Journées du patrimoine, la Faculté de pharmacie de Paris vous ouvre ses portes et vous propose une visite de la Salle des actes et du Musée François-Tillequin, où sont conservées les collections de matière médicale. Lors de cette visite, une sélection d’ouvrages anciens du XVe au XXe siècle issus des collections patrimoniales du Pôle pharmacie de la BIU Santé et retraçant l’histoire des huiles essentielles vous sera présentée.

La Parfumerie moderne, 1920
La Parfumerie moderne, 1920

Si les premiers usages thérapeutiques des plantes remontent à la préhistoire et si la distillation est une technique connue depuis l’Antiquité, les huiles essentielles telles que nous les connaissons aujourd’hui mettent de nombreuses décennies à apparaître sur les tables de laboratoire et dans les traités. Dans le monde antique, elles composent les parfums que l’on utilise lors de rites religieux ou en médecine. Mais pendant longtemps elles peinent à se distinguer, dans la littérature, des « eaux distillées, quintessences, huiles grasses… » qui fleurissent dans les pharmacopées et autres manuels de cosmétique. Obtenues par expression ou par macération, le plus souvent par distillation, les huiles essentielles sont des substances aromatiques à la consistance huileuse, qui renferment divers principes volatils contenus dans les végétaux, essentiellement les fleurs ou les fruits.

Liebault, Jean. Quatre livres des secrets de medecine, et de la philosophie chimique. Faicts francois par M. Jean Liebault... Rouen : 1566
Liebault, Jean. Quatre livres des secrets de medecine, et de la philosophie chimique. Faicts francois par M. Jean Liebault… Rouen : 1566

Sous la plume de Jérôme Brunschwig, médecin installé à Strasbourg à la fin du XVe siècle, les distillats sont encore fortement alcoolisés et il n’est pas encore fait mention des huiles essentielles. Un demi-siècle plus tard, Giovanni Battista della Porta évoque les huiles essentielles et les huiles grasses, et la façon dont il faut séparer les essences des huiles distillées aromatiques. Aux XVIe et XVIIe siècles, les huiles essentielles sont introduites dans le commerce tandis que la distillation devient la technique d’extraction prédominante, dans la mesure où elle permet d’isoler le principe actif de la plante pour rendre la préparation efficace. Cucurbites et alambics remplacent le bain-marie. La science quitte le monde secret des alchimistes pour celui de l’imprimé et de la diffusion du savoir, et essuie dans la foulée ses premières critiques. Maîtres gantiers-parfumeurs, épiciers-apothicaires et distillateurs sont autant de métiers qui manipulent quotidiennement les huiles essentielles, non sans quelques accrocs et querelles de territoire.

La parfumerie moderne, 1927
La parfumerie moderne, 1927

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les techniques et les savoirs se perfectionnent encore : Nicolas Lémery décrit le processus de la distillation dans une série de planches ; Antoine Baumé étudie et améliore l’usage de l’alambic. L’Encyclopédie dresse un état des lieux de la connaissance en matière de distillation tandis que le commerce de la parfumerie, grand consommateur d’huiles essentielles, s’est considérablement développé. Au siècle suivant, l’invention de la méthode d’extraction par solvants volatils brevetée par Léon Chiris et l’invention de composés synthétiques visant à reproduire des substances naturelles fait entrer la fabrication des huiles essentielles dans l’ère industrielle. Leur usage thérapeutique tombe quelque peu en désuétude, mais il est réintroduit au début du XXe siècle grâce à René-Maurice Gattefossé, qui redécouvre les vertus cicatrisantes de l’huile essentielle de lavande après s’être accidentellement brûlé la main dans son laboratoire. Il publie son ouvrage Aromathérapie en 1931, et inaugure le renouveau des huiles essentielles utilisées en thérapeutique que nous connaissons aujourd’hui.

Pour en savoir plus sur l’histoire des huiles essentielles, venez nous rendre visite le 17 septembre prochain ! Et retrouvez dès la semaine prochaine une sélection d’ouvrages récents consacrés aux huiles essentielles à l’entrée de la bibliothèque de la Faculté de pharmacie.

Catherine Blum

Debut: 09/17/2016 10:00 am
Fin: 09/17/2016
Duree: 9 heures:
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Société d’histoire de la pharmacie : séance du 8/6

Le mercredi 8 juin 2016, se tenait une séance de la Société d’Histoire de la Pharmacie, présidée par le professeur Olivier Lafont, dans la salle des Actes de la faculté de pharmacie de Paris (4, avenue de l’Observatoire). Au cours de cette réunion, cinq intervenants ont pris la parole :

Salle des Actes (4, avenue de l'Observatoire)
Salle des Actes (4, avenue de l’Observatoire)
  • Alain LEGRAND, membre de la SHP : Michel Eugène Chevreul (1786-1889) : un chimiste aimé des peintres.
  • Florence SIROT, lauréate du prix Maurice Bouvet et Henri Bonnemain doté par la Société d’Histoire de la Pharmacie, en 2015 : Fonction, lieu et produits officinaux dans les dictionnaires de langue française.
  • Josette FOURNIER, membre de la SHP : Charles Davila (1828-1884), une jeunesse en France.
  • Quentin GRAVIER, doctorant à la Faculté de pharmacie de l’université de Rouen : Échange de lettres autour des Médicaments du Roy.
  • Olivier LAFONT, président de la SHP : Ce que Pomet pensait de Lémery révélé par le projet d’édition de 1699 de son Histoire des drogues.

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Nicolas Lémery, une révolution en chimie et en pharmacie ? Colloque

LémeryUn colloque international consacré à Nicolas Lémery (1645-1715), apothicaire, chimiste et auteur de nombreux traités, se tiendra le 28 mai 2016 à l’hôpital Notre-Dame à la Rose à Lessines en Belgique. Ce colloque est organisé par l’ASBL Mémosciences, le Centre d’histoire de la pharmacie et du médicament (UCL, Louvain-en-Woluwe) et le musée de Notre-Dame à la Rose de Lessines.

Inscription obligatoire. Plus de détails ici.

Pour en savoir plus sur Nicolas Lémery, découvrez l’exposition virtuelle que lui consacre la Société d’histoire de la pharmacie. Retrouvez également le compte rendu du colloque du 9 décembre 2015 organisé par la Société d’histoire de la pharmacie et le Club d’histoire de la chimie de la Société chimique de France dans ce billet. Les enregistrements audio de ce colloque sont disponibles sur le site de la SHP.

Catherine Blum

Programme

La formation d’un maître

10.00 : Professeur Olivier LAFONT : Nicolas Lémery : une carrière au service de la chimie et Continuer la lecture de « Nicolas Lémery, une révolution en chimie et en pharmacie ? Colloque »

Retours sur le colloque et l’exposition Lémery

À l’occasion du tricentenaire de la mort de Nicolas Lémery (1645-1715), une exposition et un colloque ont permis de découvrir ou redécouvrir cet apothicaire, médecin et chimiste français, grand personnage de l’histoire des sciences aux XVIIe et XVIIIe siècles qui a marqué la profession à travers ses publications.

lemery-colloqueLe mercredi 9 décembre, la Société d’histoire de la pharmacie et le Club d’histoire de la Chimie de la Société Chimique de France, présidés respectivement par Olivier Lafont et Patrice Bret, ont organisé une journée consacrée au savant et à son œuvre.

Un savant

Afficher l'image d'origine Nicolas Lémery est né à Rouen, le 17 novembre 1645. Il effectue ses études à l’Académie protestante de Quévilly et entre en apprentissage chez son oncle Pierre Duchemin, maître apothicaire à Rouen. En 1666, il rejoint la capitale afin d’étudier la chimie auprès de Christophe Glaser, apothicaire ordinaire du roi Louis XIV, démonstrateur de chimie au Jardin du Roy (actuel Jardin des Plantes) et auteur d’un Traité de chymie (1663).

En 1668, il s’établit dans la ville de Montpellier, où il devint démonstrateur de chimie. Son maître à l’école de médecine était alors Sébastien Matte La Faveur qui a écrit Pratique de chymie (1671). La faculté de Montpellier donnait alors des cours pour les apothicaires, ce qui ne se faisait pas à Paris.

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Hommage à Robert Martin (1928-2014)

Hommage à Robert Martin (1928-2014), ingénieur chimiste et spécialiste mondial de la réaction de Fries

C’est avec tristesse que nous avons appris la nouvelle du décès de Robert Martin, survenu le 5 mai dernier, à l’âge de 86 ans. Utilisateur assidu de la BIU Santé Pharmacie depuis de nombreuses années, Robert Martin avait été contraint, ces derniers temps, de déléguer à son fils, Éric, la poursuite des recherches bibliographiques destinées aux ouvrages de chimie organique qu’il publiait chez Springer Verlag. Nous voulions lui rendre hommage en communiquant quelques éléments de biographie scientifique que sa famille a eu la gentillesse de bien vouloir nous transmettre.

Robert Martin

Né le 4 janvier 1928, Robert Martin a mené une carrière professionnelle bien remplie, tout d’abord à la Société des produits chimiques auxiliaires (SPCA), devenue aujourd’hui Abax Industries, puis dans de grands groupes pharmaceutiques comme Roussel-Uclaf et Sanofi. Chez Sanofi, il occupa le poste de chef de laboratoire à l’usine de Massy (1959-1985), puis de responsable assurance et contrôle qualité du Département de Chimie (1985-1987).

Il a également mené une carrière scientifique hors du commun. Au plan universitaire, il a acquis ses premiers diplômes en fréquentant les cours du soir du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), qu’il qualifiait de « magnifique école du courage ». Il a ainsi obtenu son diplôme d’Ingénieur du CNAM en 1961, avec un travail de recherche sur la réaction de Fries, y consacrant des heures incalculables, y passant même ses samedis et dimanches. Il a ensuite complété sa formation scientifique à la faculté des sciences de l’université Paris VI où il a obtenu successivement les diplômes de Docteur Ingénieur en 1964 et de Docteur ès Sciences en 1972. Sa thèse de doctorat a été soutenue à l’École normale supérieure (ENS), ce qui représentait pour lui « la reconnaissance suprême pour un autodidacte ».

Ses diplômes en poche, sa passion pour la chimie organique l’a très rapidement conduit à consacrer du temps à la recherche, et plus particulièrement à la réaction de Fries et à ses applications. Il effectuait lui-même toutes les expériences, les caractérisations complètes des produits obtenus, ainsi que la recherche bibliographique liée à chaque synthèse. C’est dans ce but qu’il a fréquenté assidûment la bibliothèque de la faculté des sciences d’Orsay et celle de la faculté de pharmacie de Paris.

De 1987 à 1991, pendant les 4 premières années de sa retraite, il a poursuivi ses recherches comme chercheur invité  à l’Institut Curie de Paris (Laboratoire de recherche du Département de chimie), qui, selon ses proches, « lui a réservé un accueil chaleureux et procuré un cadre d’échange scientifique de très haut niveau ». Au cours de ces années et des suivantes, il a publié plusieurs ouvrages et travaux de chimie organique, certains en collaboration avec l’Institut Curie et d’autres avec l’université de Mayence (Allemagne). Il n’a hélas pas pu voir la parution de son dernier ouvrage, en cours de publication chez Springer Verlag qu’il a conçu et rédigé avec son collègue le Dr. Jean-Pierre Buisson. Il aura toutefois eu la satisfaction de savoir que cet ouvrage – décrivant la synthèse de plus de 5.200 produits ! – avait été accepté par l’éditeur. Aujourd’hui encore, dans le monde de la chimie organique, on peut considérer Robert Martin comme l’un des spécialistes mondiaux de la réaction de Fries.

Malgré cette vie bien remplie, il n’a pas ménagé ses efforts pour encourager et aider de jeunes scientifiques en les faisant bénéficier de son expérience et de ses conseils.

La bibliothèque a été heureuse d’accueillir ce chercheur singulier et de l’aider dans son travail en lui fournissant toute la documentation dont il pouvait avoir besoin. « Monsieur Martin » était connu de tous et une place en salle avait officieusement fini par lui être réservée. Infatigable bibliographe, il savait parfaitement se frayer un chemin au cœur de l’imposante collection imprimée des Chemical Abstracts (CAS), difficilement accessible au profane, pour atteindre le but qu’il s’était fixé.

Congrès de la Société Française d’Histoire des Sciences et Techniques. Appel à communication.

Lyon, 28-30 avril 2014

À l’occasion du Congrès de la Société Française d’Histoire des Sciences et Techniques, le Club d’histoire de la chimie (SFC) organise une session sur le thème suivant:

« La chimie entre les deux guerres : l’affirmation d’une profession dans le contexte d’une profonde recomposition industrielle »

Publicité pour les produits Rhône Poulenc. Dans : Chimie et industrie, n° 1, juillet 1933 [Cote BIU Santé Pharmacie : P 10100]
L’après Première Guerre mondiale a été un déclencheur pour la professionnalisation de la chimie en France, parallèlement à une recomposition importante de l’industrie chimique dans un cadre économique profondément modifié.

Ainsi, les chimistes, à travers leurs associations représentatives, ont cherché à mieux représenter et défendre leur métier. Les organisations professionnelles, et la formation des chimistes, notamment dans les écoles d’ingénieurs, seront un premier thème à examiner.

Parallèlement, la modification du paysage industriel durant l’effort de guerre a généré la mise en production massive de différents  produits, entraînant un développement important de certaines entreprises. Et, après la guerre, la prise des brevets allemands en a amené d’autres (l’azote par ex.).  L’étude de ces évolutions ainsi que le développement des recherches académiques et industrielles (en pharmacie, catalyse, polymères ou colorants) sera un second thème à aborder.

D’autres secteurs ont rencontré le même souci de réorganisation après la guerre. La chimie ayant été amenée à répondre à leurs demandes, qu’en est-il par exemple des relations établies avec l’aéronautique, l’automobile, l’industrie électrique, ou le textile ? La place de la région lyonnaise dans ces différentes évolutions scientifiques et industrielles sera un dernier thème à mettre en valeur dans cette session.

Les collègues intéressés sont invités à proposer des communications à cette session, auprès du site officiel du congrès, comme indiqué ci-dessous : http://sfhst2014lyon.sciencesconf.org/

Pour plus de renseignements, veuillez contacter Danielle Fauque.

 

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