Les tisanes : des « boissons innocentes » en ligne dans la Banque d’images

Tisane de santé Bernardo, dite tisane des cent vertus

La BIU Santé met en ligne dans sa Banque d’images et de portraits un corpus composé d’une soixantaine de boîtes de tisanes et documents d’accompagnement (publicités, lettres, brochures). Ces objets et documents témoignent de la production, de la vente et de la consommation de tisanes et boissons à base de plantes à visée thérapeutique ou de bien-être dans la première moitié du XXe siècle.

Un médicament ?

À l’origine, la tisane, ou ptisane, est un mot dérivé du grec qui désigne une décoction d’orge pilée bouillie dans de l’eau. Hippocrate, dans son livre Du régime dans les maladies aiguës, préconisait déjà l’usage de cette boisson pour soigner et alimenter les malades. Au XVIIIe siècle, l’Encyclopédie entend par tisane « tout liquide médicamenteux qui, contenant peu de parties actives, est destiné à former la boisson ordinaire d’un malade ». Elles constituent ainsi la base de la médecine domestique. Selon Guillaume-François Rouelle (1703-1770), maître-apothicaire à Paris et démonstrateur de chimie au Jardin du roy, « le malade en fait sa boisson ordinaire, c’est pourquoi il faut qu’elle soit agréable et qu’elle ne dégoûte point autant que la vue de la curation le permet ». Le célèbre chimiste et apothicaire Nicolas Lémery, dans sa Pharmacopée universelle publiée en 1697, disait de la tisane « quelle n’est pas si chargée en drogues, car comme elle est employée pour le boire ordinaire, on la rend le moins désagréable qu’on peut ».

Tisane feuilles d’oranger bigarade

Au XIXe siècle, les tisanes figurent en bonne place dans la Pharmacopée française, le Dorvault, ainsi que dans de nombreux formulaires et ouvrages de référence pharmaceutiques. L’édition de 1818 de la Pharmacopée française prend cependant soin de préciser que les tisanes « ne doivent leurs vertus qu’à une très petite quantité de médicaments qu’elles tiennent en dissolution » et que « ces boissons doivent être légères, et le moins désagréables possible, pour que le malade ne s’en dégoûte pas, puisqu’il est obligé d’y revenir souvent ».

Malgré toutes ces précautions d’usage, les tisanes connaissent un tel succès en France que des voix s’élèvent pour en réguler l’usage et en relativiser l’intérêt thérapeutique. Ainsi Jean Buisson, dans ses Observations sur le code pharmaceutique en 1830, indique que l’« on n’établit pas de règles assez sûres et assez précises pour la préparation de ces médicaments. Ainsi par exemple, on ne différencie presque pas les racines, les écorces et les bois qui doivent supporter l’ébullition d’avance ceux qui peuvent la supporter sans altération […]. Les doses ne sont pas assez précisées dans cet ouvrage […]. » Quelques décennies plus tard, le médecin Adolphe Burggraeve (1806-1902) s’exprime ainsi : « Quand on visite les hôpitaux on est frappé du luxe des tisaneries et des innombrables bouteilles, qui de là se répartissent dans les diverses salles, au point que chaque malade a la sienne – quelquefois deux. Les malades non alités trouvent le moyen de les vider autre part que dans leur estomac ; mais pour ceux que la fièvre tient au lit, impossible de leur échapper. »

Zoom sur les tisanes de la Banque d’images et de portraits
Thé mexicain du Dr Jawas

Les boîtes de tisanes et documents d’accompagnement numérisés et disponibles dans la Banque d’images et de portraits forment un ensemble de près de 60 pièces, datant de la première moitié du XXe siècle. On y trouve une grande variété d’informations : famille de tisane, symptômes traités, posologie, formulation, circuit de distribution, prix, timbre ou visas des organismes chargés du contrôle des médicaments, poids, date de fabrication…

Certaines de ces tisanes sont citées dans des formulaires et ouvrages de référence contemporains. Ainsi le Thé mexicain du Dr Jawas contre l’obésite figure dans le Formulaire des principales spécialités de parfumerie et de pharmacie de René Cerbelaud, pharmacien chimiste (Paris, 1905). Les tisanes Dausse sont quant à elles présentées de manière fort élogieuse dans l’édition de 1927 du Dictionnaire des spécialités pharmaceutiques, plus connu sous le nom de Dictionnaire Vidal, comme offrant « le maximum d’activité thérapeutique ». Précisons tout de même que le Vidal laissait à l’époque la description des spécialités à la discrétion du fabricant…

Tisane Sanifer

Nous retrouvons ce même vocabulaire flatteur sur les boîtes de tisanes. Vendues en officine, dans un format parfois insolite, elles se parent de mille propriétés thérapeutiques : purgatives, laxatives, anti-épileptiques, antiseptiques, calmantes, rafraîchissantes, toniques… La liste des vertus que leur bel emballage leur attribue est sans fin. On note également une attention particulière portée au soin de l’appareil digestif dans l’argumentaire commercial. Toute référence au monde clérical est un gage supplémentaire de l’efficacité et de l’authenticité de la préparation (« Thé dépuratif du frère Basile », « Tisane des Chartreux de Durbon », « Tisane de santé de Sœur Ynès », etc.). Enfin, certaines posologies laissent les patients modernes que nous sommes songeurs. Ainsi une boîte entière de tisane des Pères Augustins est « à macérer 4 jours dans un litre de bon vin blanc » tandis qu’un petit verre de cognac peut être ajouté au litre de vin blanc nécessaire à la préparation de la tisane du Curé de Deuil.

Il est ainsi possible d’extraire de ce corpus une grande quantité d’informations. Elles mériteraient très certainement une étude systématique et approfondie, qui nous renseignerait sur la place des tisanes dans l’arsenal thérapeutique du début du XXe siècle, les techniques commerciales employées par les fabricants pour vendre leur produit ainsi que sur la médecine domestique.

Catherine Blum

Clins d’œil pour les 20 ans de Harry Potter

« Hermione s’interrompit. Harry avait entendu, lui aussi. Quelqu’un avait bougé derrière eux, dans l’ombre des étagères. Ils attendirent un instant et la silhouette de vautour de Madame Pince apparut à l’angle d’un rayon, ses joues creuses, sa peau parcheminée et son long nez busqué soulignés par l’éclairage peu flatteur de la lampe qu’elle tenait à la main.

—La bibliothèque ferme, dit-elle. »

Harry Potter et le prince de sang mêlé, traduction de Jean-François Ménard, tous droits réservés

Si l’on en croit la description d’Irma Pince, les bibliothécaires ne bénéficient pas d’un portrait flatteur dans la saga Harry Potter. Le premier tome paraissait il y a 20 ans tout juste, le 25 juin 1997.

Heureusement les collègues ne sont pas rancuniers. D’abord parce que les 7 tomes de cette série ont amené à la lecture toute une génération, à travers le monde, avec des traductions en près de 75 langues. Ensuite parce que les livres et la bibliothèque occupent une place de choix dans la vie quotidienne de Poudlard, l’école des sorciers.

Quel rapport avec la BIU Santé ?

Photo by DAVID ILIFF. License: CC-BY-SA 3.0

La bibliothèque est l’endroit par excellence où les élèves se retrouvent pour étudier, mais aussi pour comploter. Située au 4e étage, elle ferme à 20h, tout comme la BIU Santé (dont la grande salle a parfois été comparée à Poudlard dans certains commentaires de notre page Facebook). Dans les longs-métrages, c’est la prestigieuse bibliothèque Bodleian d’Oxford qui a servi de cadre aux prises de vues.

Quant aux livres eux-mêmes, ils sont indispensables à la formation des sorciers (ce n’est pas Hermione Granger qui dira le contraire). Des ouvrages imaginaires, ou non, ayant souvent trait à l’ésotérisme ou à l’alchimie. Disciplines représentées dans les collections anciennes de la BIU Santé, et dont vous retrouverez certains exemplaires numérisés dans notre rubrique Medic@. Vous pourrez par exemple y dénicher comment confectionner votre propre baguette magique.

Dans notre banque d’images (200.000 images accessibles gratuitement en ligne) se cachent aussi certains personnages bien connus des fans, comme le mystérieux Nicolas Flamel. Ou bien encore toute une faune fantastique, digne du bestiaire de J.K. Rowling : dragons, centaures, géants, phénix, hippogriffes, basilics…

Sans oublier notre exposition virtuelle sur les monstres de la Renaissance à l’Âge classique.

Les collections d’herbiers et les ouvrages de botanique du pôle Pharmacie ne dépareraient pas non plus dans un cours de potions. Sans parler des plants de mandragore précieusement cachés dans les serres du jardin botanique.

L’esprit de J.K. Rowling semble d’ailleurs toujours flotter dans la faculté de pharmacie de Paris, comme en témoigne ce récent tweet lors de la cérémonie de remise des diplômes :

Harry Potter et la médecine

Le rapport n’est pas évident, mais le petit sorcier a aussi trouvé sa place dans la littérature scientifique. La preuve, l’équation « harry potter » [TIAB] (recherche dans le titre ou le résumé) donne 45 résultats très sérieux dans PubMed.

D’autres scientifiques facétieux se sont plu à imaginer la publication du tome 6, si ce dernier avait été un article académique :

If Harry Potter was an academic work

Un billet toujours d’actualité, qui parle de Gold Open Access, de frais cachés de publication et d’éditeurs prédateurs…

Un anniversaire célébré en bibliothèque

De nombreuses bibliothèques à travers le monde ont donc choisi de célébrer cet anniversaire. La National Libray of Medicine prévoit des animations particulières : des billets dédiés sur son blog, Circulating Now, et des manifestations sur place. Une exposition virtuelle, Harry Potter’s World, Renaissance Science, Magic & Medicine, est également accessible en ligne (après avoir été hébergée il y a quelques années par la BIUM). La British Library prévoit aussi une importante exposition sur le sujet. Plus près de chez nous, la Bibliothèque Rainer Maria Rilke (ville de Paris) proposera également quelques festivités.

Le mot de la fin pour Hermione Granger (encore elle) : «Quand tu as un doute, va à la bibliothèque !»

En savoir plus

La place de la bibliothèque dans la saga Harry Potter

La bibliothèque de Poudlard sur le Wiki Harry Potter

Résultats de l’énigme sur le remède secret

Notre remède secret a perdu de son mystère… Trois heureux gagnants sont parvenus à résoudre l’énigme que nous vous proposions au mois d’octobre à l’occasion de notre exposition sur l’histoire des huiles essentielles. Bravo à eux et bravo à tous les participants ! Voici expliquée pas à pas la solution de l’énigme.

Eau de Cologne , prospectus, XVIIIe siècle
Eau de Cologne , prospectus, XVIIIe siècle

Souvenez-vous, nous vous demandions quelle était la maladie que permettait de soigner le remède secret. La bonne réponse est… le scorbut.

Pour trouver cette maladie, il faut d’abord identifier l’ingrédient principal du remède grâce à trois indices :

1. Mon premier indice est un fruit. Il se trouve sur la planche XXI de la page 254 du tome II du plus grand traité sur les arbres fruitiers du XVIIIe siècle.

L’indice est la bergamote. Pour le trouver, il faut chercher dans Medic@ le Traité des arbres fruitiers publié par Duhamel Du Monceau en 1768. La planche XXI de la page 254 du tome II représente une bergamote.

2. Mon deuxième indice est un personnage. La BIU Santé a fait l’acquisition récemment d’un ouvrage consacré à ses rapports avec ses dentistes.

L’indice est Napoléon. Vous le trouvez grâce au catalogue de la BIU Santé. Une recherche simple en saisissant le mot-clé « dentistes » et un classement des résultats du plus récent au plus ancien document vous permet d’afficher parmi les premiers résultats l’ouvrage de Xavier Riaud intitulé « Napoléon 1er et ses dentistes » (Paris, L’Harmattan, 2016).

3. Mon troisième indice est une maison de parfumerie. Vous le trouverez dans le numéro de Noël 1920 d’une importante revue consacrée à la parfumerie, en bas à gauche de la page 254.

L’indice est la maison Guerlain. Vous le trouvez dans Medic@ via la page dédiée aux périodiques numérisés, qui vous propose la revue La parfumerie moderne. Un volume unique rassemble tous les numéros de l’année 1920. A l’intérieur de ce volume, vous pouvez vous aider de la table des matières pour repérer le numéro de Noël et le feuilleter pour arriver à la page 254 où vous trouvez en bas à gauche une reproduction d’un flacon de parfum de la maison Guerlain.

La combinaison de ces trois indices permet d’identifier l’ingrédient principal du remède secret : l’Eau de Cologne. En effet, l’huile essentielle de bergamote est l’un des ingrédients de ce parfum ; Napoléon en faisait notoirement une consommation effrénée et la maison Guerlain commercialise encore aujourd’hui ce parfum.

Ensuite, pour deviner le nom de la maladie que soignerait notre remède secret, il faut se reporter à l’un des documents qui était présenté dans notre salle de lecture lors de l’exposition, et qui est également disponible dans Medic@ : Vertus et effets de l’Eau admirable ou Eau de Cologne : approuvée par la Faculté de médecine, le 13 janvier 1727. Au détour d’une impressionnante énumération des propriétés thérapeutiques de l’Eau de Cologne, vous découvrez qu’en mélangeant une cuillerée d’Eau de Cologne et deux cuillerées d’eau de fontaine, en se lavant la bouche avec cette préparation et en l’ingérant trois fois par semaine, vous pouvez – en théorie – soigner le scorbut.

Nous félicitons nos trois gagnants, Sylvie Juvin, Annette Busolin et Chiheb Jouini, qui ont élucidé cette énigme avec brio ! Ils remportent chacun un lot de deux ouvrages incluant un exemplaire de La Faculté de médecine et de pharmacie de Rouen paru aux éditions du Grand Métier en 2015.

Nous profitons de cette occasion pour inclure dans notre article un texte proposé par Romain Galmiche (Editions du Grand Métier) :

5 raisons pour un livre sur la faculté de médecine et pharmacie de Rouen ?

1. Parce que les facultés de médecine sont un maillon essentiel mais finalement méconnu du système de santé. A l’interface entre monde hospitalier et Université, avec un grand U, elles assurent la cohérence des projets et des dispositifs ;

2. Parce que joindre médecine ET pharmacie permet un modèle inédit d’insertion des activités de recherche et d’enseignement. L’innovation scientifique n’est pas un cadeau du ciel : elle est le fruit de démarches conjointes et réfléchies ;

3. Parce que cette faculté, après avoir longtemps cherché sa place dans le territoire, l’a trouvée. La création d’un campus de santé, central et resserré, inaugure une nouvelle ère de la médecine rouennaise ;

4. Parce que la nouvelle région normande offre un exemple frappant des défis qui se présentent à la médecine hospitalo-universitaire française. Défis démographiques, défis financiers, universitarisation des professions de santé. La faculté pour relever le gant doit être souple, inventive, intelligente ;

5 Parce qu’une faculté est toujours en prise avec la société qui l’entoure. Les méthodes d’enseignement changent, les questions éthiques bouleversent les certitudes… De nouveaux mots apparaissent : « classes inversées », « medical training center ». Seule demeure l’exigence intellectuelle.

Catherine Blum

Énigme : quel est ce remède secret ?

À l’occasion de l’exposition «Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles», le pôle Pharmacie de la BIU Santé vous propose de résoudre une énigme. Pour gagner, il vous faudra identifier un remède secret. Vous aurez besoin de vos connaissances bien sûr, mais aussi du catalogue de la bibliothèque et de Medic@ (notre bibliothèque numérique gratuite). La visite de l’exposition sur les huiles essentielles à la bibliothèque du pôle Pharmacie vous donnera une longueur d’avance.

Indice 1L’énigme se déroule en deux étapes. Il faut d’abord identifier le célèbre parfum qui est l’ingrédient principal de ce remède. Nous vous indiquons pour cela trois indices :

1. Mon premier indice est un fruit. Il se trouve sur la planche XXI de la page 254 du tome II du plus grand traité sur les arbres fruitiers du XVIIIe siècle.

2. Mon deuxième indice est un personnage. La BIU Santé a fait l’acquisition récemment d’un ouvrage consacré à ses rapports avec ses dentistes.

3. Mon troisième indice est une maison de parfumerie. Vous le trouverez dans le numéro de Noël 1920 d’une importante revue consacrée à la parfumerie, en bas à gauche de la page 254.

Indice 3Combinez ces trois indices… Vous avez trouvé l’ingrédient principal du remède ! Il ne reste plus qu’à en verser une cuillerée que vous mélangerez à deux cuillerées d’eau de fontaine. Lavez-vous la bouche avec ce mélange tous les jours et buvez-en trois fois par semaine. Indiquez-nous le nom de la maladie que soignerait ce remède et vous avez gagné !

Adressez vite vos réponses à : blog@biusante.parisdescartes.fr. Un lot attend chacune des trois premières personnes à nous envoyer la bonne réponse.

Bonne chance !

Catherine Blum

Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles

Une exposition au pôle Pharmacie de la BIU Santé prolonge les Journées européennes du patrimoine qui se sont déroulées le samedi 17 septembre dernier à la Faculté de Pharmacie de Paris. Découvrez une sélection d’ouvrages anciens datant du XVIe au XVIIIe siècle consacrés aux huiles essentielles, à l’entrée de la bibliothèque située dans la Faculté de pharmacie au 4 avenue de l’Observatoire, du lundi 26 septembre au samedi 26 novembre 2016.

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Ces ouvrages illustrent l’histoire des huiles essentielles, du processus de distillation à la fabrication de remèdes et autres recettes cosmétiques. Vous pourrez également admirer à cette occasion des flacons d’huiles essentielles issus des collections du Musée François-Tillequin en bois peint ou en verre coloré. Une sélection d’ouvrages récents, disponibles à l’entrée de la salle de lecture et empruntables, complètent cette exposition.

Pour en savoir plus sur l’histoire des huiles essentielles, vous pouvez consulter ce billet de blog.

Pour avoir un aperçu de la présentation proposée aux visiteurs le samedi 17 septembre dernier, vous pouvez parcourir cet album sur notre page Facebook.

Catherine Blum

Distillation, remèdes et parfums : histoire des huiles essentielles
Debut: 09/26/2016
Fin: 11/26/2016
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Journées européennes du patrimoine 2016 : zoom sur les huiles essentielles

Le samedi 17 septembre à l’occasion des Journées du patrimoine, la Faculté de pharmacie de Paris vous ouvre ses portes et vous propose une visite de la Salle des actes et du Musée François-Tillequin, où sont conservées les collections de matière médicale. Lors de cette visite, une sélection d’ouvrages anciens du XVe au XXe siècle issus des collections patrimoniales du Pôle pharmacie de la BIU Santé et retraçant l’histoire des huiles essentielles vous sera présentée.

La Parfumerie moderne, 1920
La Parfumerie moderne, 1920

Si les premiers usages thérapeutiques des plantes remontent à la préhistoire et si la distillation est une technique connue depuis l’Antiquité, les huiles essentielles telles que nous les connaissons aujourd’hui mettent de nombreuses décennies à apparaître sur les tables de laboratoire et dans les traités. Dans le monde antique, elles composent les parfums que l’on utilise lors de rites religieux ou en médecine. Mais pendant longtemps elles peinent à se distinguer, dans la littérature, des « eaux distillées, quintessences, huiles grasses… » qui fleurissent dans les pharmacopées et autres manuels de cosmétique. Obtenues par expression ou par macération, le plus souvent par distillation, les huiles essentielles sont des substances aromatiques à la consistance huileuse, qui renferment divers principes volatils contenus dans les végétaux, essentiellement les fleurs ou les fruits.

Liebault, Jean. Quatre livres des secrets de medecine, et de la philosophie chimique. Faicts francois par M. Jean Liebault... Rouen : 1566
Liebault, Jean. Quatre livres des secrets de medecine, et de la philosophie chimique. Faicts francois par M. Jean Liebault… Rouen : 1566

Sous la plume de Jérôme Brunschwig, médecin installé à Strasbourg à la fin du XVe siècle, les distillats sont encore fortement alcoolisés et il n’est pas encore fait mention des huiles essentielles. Un demi-siècle plus tard, Giovanni Battista della Porta évoque les huiles essentielles et les huiles grasses, et la façon dont il faut séparer les essences des huiles distillées aromatiques. Aux XVIe et XVIIe siècles, les huiles essentielles sont introduites dans le commerce tandis que la distillation devient la technique d’extraction prédominante, dans la mesure où elle permet d’isoler le principe actif de la plante pour rendre la préparation efficace. Cucurbites et alambics remplacent le bain-marie. La science quitte le monde secret des alchimistes pour celui de l’imprimé et de la diffusion du savoir, et essuie dans la foulée ses premières critiques. Maîtres gantiers-parfumeurs, épiciers-apothicaires et distillateurs sont autant de métiers qui manipulent quotidiennement les huiles essentielles, non sans quelques accrocs et querelles de territoire.

La parfumerie moderne, 1927
La parfumerie moderne, 1927

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les techniques et les savoirs se perfectionnent encore : Nicolas Lémery décrit le processus de la distillation dans une série de planches ; Antoine Baumé étudie et améliore l’usage de l’alambic. L’Encyclopédie dresse un état des lieux de la connaissance en matière de distillation tandis que le commerce de la parfumerie, grand consommateur d’huiles essentielles, s’est considérablement développé. Au siècle suivant, l’invention de la méthode d’extraction par solvants volatils brevetée par Léon Chiris et l’invention de composés synthétiques visant à reproduire des substances naturelles fait entrer la fabrication des huiles essentielles dans l’ère industrielle. Leur usage thérapeutique tombe quelque peu en désuétude, mais il est réintroduit au début du XXe siècle grâce à René-Maurice Gattefossé, qui redécouvre les vertus cicatrisantes de l’huile essentielle de lavande après s’être accidentellement brûlé la main dans son laboratoire. Il publie son ouvrage Aromathérapie en 1931, et inaugure le renouveau des huiles essentielles utilisées en thérapeutique que nous connaissons aujourd’hui.

Pour en savoir plus sur l’histoire des huiles essentielles, venez nous rendre visite le 17 septembre prochain ! Et retrouvez dès la semaine prochaine une sélection d’ouvrages récents consacrés aux huiles essentielles à l’entrée de la bibliothèque de la Faculté de pharmacie.

Catherine Blum

Debut: 09/17/2016 10:00 am
Fin: 09/17/2016
Duree: 9 heures:
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Guérisseurs, envoûteurs et exorcistes. Reflets contemporains (colloque 10/9)

Dans le cadre de sa semaine de formation, la société française d’ethnopharmacologie organise un colloque sur le thème :

«Guérisseurs, envoûteurs et exorcistes. Reflets contemporains»

Il aura lieu le samedi 10 septembre 2016 au cloître des Récollets à Metz.

Affiche formation 2016«À travers le prisme de la sorcellerie et de la contre-sorcellerie, ce colloque abordera d’une part, les traitements thérapeutiques rituels habituellement inaccessibles aux non-initiés et, d’autre part, il initiera une réflexion sur la diversité et la complexité des trajectoires médicales, des prises en charge et des relations soignants-soignés dans les différents champs de la médecine.»

Des anthropologues et experts en communication – Emmanuelle SIMON, Françoise LEMPEREUR et Deborah KESSLER-BILTHAUER traceront les contours (forme et fond) d’une réalité contemporaine qui concerne un nombre croissant d’individus. Christophe AURAY, vétérinaire, évoquera les outils – les plantes – et leur destination d’usage. Guy LESOEURS, anthropologue et psychanalyste, à partir des «objets» évoquera les représentations, il introduira la question de la relation. Renaud EVRARD, psychologue, interrogera la relation thérapeutique.

«La table ronde regroupera les intervenants du colloque pour un temps d’échange. Nous aurons également le plaisir d’accueillir Olivier SCHMITZ, sociologue et docteur en anthropologie de la santé, chercheur qualifié à l’Institut de Recherche Santé et Société (IRSS) de l’université catholique de Louvain (Belgique) dont les riches travaux portent sur les médecines parallèles comme l’homéopathie notamment, mais également, sur les médecines non conventionnelles pratiquées par des guérisseurs et autres thérapeutes de l’invisible.»

Résumés des communications ici

Pour s’inscrire à la journée colloque 

En savoir plus

La Bibliothèque interuniversitaire de Santé conserve plusieurs ouvrages sur ce thème, qui a traversé les siècles et qui intéresse les chercheurs aujourd’hui encore. De nouvelles pistes de recherche sont à explorer et à redécouvrir. Les médecines parallèles ou médecines douces (homéopathie, aromathérapie, naturothérapie…) sont matière à débat et restent ouvertes à de nouvelles interprétations.

Études contemporaines sur les guérisseurs, les envoûteurs et les exorcistes

AURAY, Christophe. Remèdes traditionnels de paysans : enquête sur l’usage des plantes médicinales en milieu rural. Rennes : éd. Ouest-France, 2014. Consultable au pôle Pharmacie de la BIU Santé : cote 615.321 0944 AUR.

Continuer la lecture de « Guérisseurs, envoûteurs et exorcistes. Reflets contemporains (colloque 10/9) »

Lectures de vacances : une invitation au voyage

À l’approche de l’été et avant que vous ne vous envoliez vers d’autres cieux (pensez à nous ramener des photos d’officines !), le pôle Pharmacie de la BIU Santé vous invite à découvrir dans sa salle de lecture à la faculté de pharmacie une sélection d’ouvrages anciens et contemporains sur le thème de la botanique et du récit de voyage.

Source : Internet Archive
Source : Internet Archive

Qu’ils soient animés par des visées civilisatrices et éducatives ou par «le seul désir de satisfaire la curiosité des personnes qui aiment à entendre parler des pays éloignés», les naturalistes et voyageurs de la sélection rapportent de leur expédition descriptions et croquis qui enchantent le lecteur contemporain. Certains s’attardent exclusivement sur la description de la faune et de la flore des régions qu’ils visitent, d’autres s’attachent également à décrire les sociétés autochtones.

Si les premiers récits de voyage remontent au Moyen-Âge, le plus ancien ouvrage présenté ici date de 1648. Historiae naturalis Brasilae de Willem Piso (1611-1678) relate le voyage effectué au Brésil en 1637 par ce médecin et naturaliste néerlandais, accompagné par une équipe de scientifiques. La faune et la flore, ainsi que les maladies tropicales et leurs remèdes locaux y sont décrits avec minutie.

Lullier-Lagaudiers (16..-17..) est un voyageur français surtout connu pour son Nouveau voyage aux grandes Indes publié en 1726. Il agrémente son récit d’un exposé sur les pratiques commerciales à l’œuvre dans cette région du globe.

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Source : gallica.bnf.fr
À la fois dessinateur et naturaliste, Pierre Sonnerat (1748-1814) voyage aux Philippines et aux Moluques en 1771-1772. Voyage à la Nouvelle Guinée est le récit de cette expédition. Richement illustré, l’ouvrage dépeint plantes et oiseaux croisés lors de ce voyage, dont certains étaient encore inconnus en Europe à l’époque.

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Voyage dans les quatre principales îles des mers d’Afrique décrit le périple qu’effectua Jean-Baptiste Bory de Saint-Vincent (1778-1846), officier militaire et naturaliste, dans le cadre de l’expédition Baudin en octobre 1800. L’ouvrage permit au lecteur de l’époque de découvrir de nouvelles espèces marines ainsi que terrestres.

Les deux autres ouvrages exposés sont la Collection des Orchidées les plus remarquables de l’Archipel Indien et du Japon de Carl Ludwig Blume (Amsterdam, C. G. Sulpke : 1858-[1859) et les Voyages de M. P. S. Pallas en différentes provinces de l’empire de Russie, et dans l’Asie septentrionale (Maradan Paris, sn : 1789-1793).

Catherine Blum

Debut: 06/20/2016
Fin: 07/22/2016
4 avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Les pollinisations : colloque les 15 et 16 avril 2016

Un colloque sur «Les pollinisations» aura lieu à Paris, les vendredi 15 avril et samedi 16 avril 2016.

Il est organisé sous les auspices de la Société botanique de France, la Société française d’écologie, la Société entomologique de France, la Société nationale d’horticulture de France, l’Observatoire des abeilles et la Bibliothèque interuniversitaire de Santé, avec le soutien de la revue Espèces.

Il se déroulera dans le grand amphithéâtre de l’université Paris Descartes, 12, rue de l’École-de-Médecine, Paris 6e (métro Odéon).

pollinisations«Ce colloque pluridisciplinaire permettra d’aborder sous de nombreuses facettes la diversité des pollinisations en incluant (selon la disponibilité des intervenants) les thématiques suivantes :

  • L’importance agronomique des pollinisateurs ;
  • Les perturbations environnementales : changement climatique, fragmentation des habitats et urbanisation, importance des éléments semi-naturels, impacts des produits phytosanitaires, causes possibles de l’hypermortalité des abeilles domestiques, … ;
  • L’interaction plantes–pollinisateurs : approche morphologique et adaptations de la fleur, coévolution, médiation chimique, phénologie de la production de nectar ;
  • La diversité des pollinisateurs et la compétition entre espèces ;
  • Les communautés végétales en interaction avec les pollinisateurs : lien entre leur stabilité et la diversité des pollinisateurs, flore mellifère et flore apicole, …

Le colloque accueillera 15 interventions sur deux jours. Le public attendu sera constitué de non-spécialistes ayant déjà une culture ou une curiosité scientifique (naturaliste, entomologique et botanique en particulier). Le thème du colloque s’inscrit en particulier dans le cadre des nouveaux programmes de collège et lycée (les interactions entre espèces, les perturbations  environnementales, la vie de la plante, etc.) et s’adressera notamment à un public d’enseignants, de formateurs d’enseignant, étudiants et curieux de science.»

Inscription gratuite mais obligatoire à coll.soc.bot.fr.2016@orange.fr – un programme détaillé sera diffusé sous un mois (en particulier aux inscrits).

Retours sur le colloque 2015 sur l’agroforesterie

En attendant le colloque 2016 annoncé ci-dessus, il est désormais possible de consulter les communications et vidéos du colloque 2015 dont le thème était : « Des arbres en agriculture. L’agroforesterie, au cœur des enjeux contemporains. »

Pour mémoire, il était organisé par la Société botanique de France et l’Association française d’agroforesterie, les 20 et 21 mars 2015.

Debut: 04/15/2016
Fin: 04/16/2016
12, rue de l'Ecole-de-Médecine
Paris, Île-de-France
75006
FR

Agroforesterie : Des arbres en agriculture (colloque, 20-21 mars)

La Société botanique de France, l’Association française d’agroforesterie et la Bibliothèque interuniversitaire de Santé organisent un colloque les 20 et 21 mars prochain sur le thème :

Agroforesterie : des arbres en agriculture

Il se tiendra à Paris, dans le grand amphithéâtre de l’université Paris Descartes (12, rue de l’École-de-Médecine).

Ce colloque pluridisciplinaire permettra d’aborder les nombreuses facettes de l’agroforesterie :

  • La diversité des approches agroforestières en climat tempéré : grandes cultures, maraîchage, arboricultures, élevage, …
  • L’agroforesterie en région tropicale : forêt jardinée, culture du café et du cacao, maïsiculture, rotation culturale forestière, …
  • Écologie agroforestière : importance paysagère, biodiversité, pollinisateurs, auxiliaires, flux de matière, …
  • Approche ethnologique des pratiques agroforestières

Le public attendu sera constitué de non-spécialistes ayant déjà une culture scientifique (naturaliste et botanique notamment).

Le thème du colloque s’inscrit en particulier dans le cadre des nouveaux programmes de lycée (‘Nourrir l’humanité‘ en seconde et en première, ‘La vie de la plante‘ en terminale S) et s’adressera à un public d’enseignants, de formateurs d’enseignants, étudiants et curieux de science.

Contact : Samuel REBULARD, co-responsable de la Préparation à l’agrégation Sciences de la Vie, de la Terre et de l’Univers. Université Paris-Sud 11, Bâtiment 460, 91405 ORSAY Cedex 01 69 15 72 09.

Inscription (gratuite mais obligatoire) dans la limite des places disponibles : colloque.af.2015@orange.fr

En savoir plus

L’annonce du colloque sur le site de la Société française d’écologie

Présentation et programme (PDF)

Le site de la Société botanique de France est hébergé sur les serveurs de la BIU Santé

Debut: 03/20/2015
Fin: 02/21/2015
12, rue de l'Ecole-de-Médecine
Paris, Île-de-France
75006
FR