Sur les pas de Madame Royale

À l’occasion de la publication de Madame Royale, une biographie de la fille de Louis XVI écrite par Anne Muratori-Philip (Fayard, 2016), le blog de la BIU Santé vous propose deux billets pour le prix d’un : une présentation de l’ouvrage par Olivier Gross, pharmacien général de Santé publique, ainsi qu’un commentaire inédit de l’auteur de la biographie, Anne Muratori-Philip, à propos d’une gravure représentant l’accouchement de la reine Marie-Antoinette. Bonne lecture de vacances !

Pour mémoire, A. Muratori-Philip est également à l’origine de notre exposition virtuelle sur Antoine-Augustin Parmentier, pharmacien et agronome (1737-1813).

9782213631752-001-XÀ propos du livre

Née Fille de France et distinguée à sa naissance par le titre de madame Royale, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette devient à l’âge de 13 ans et pour le reste de ses jours «l’orpheline du temple».

Tout le drame atroce de sa vie est concentré dans ces deux mots.

Peut-on rester physiquement et psychiquement sain quand au sortir de l’enfance on est confronté à l’humiliation et à l’exécution de ses parents, de sa tante, la pieuse Madame Élisabeth, à la longue agonie de son frère, à la prison du Temple pendant 4 ans, puis à l’exil et au retour sur les lieux du drame et puis encore à l’exil ?

La Duchesse d’Angoulême revenue de l’enfer sur les marches du trône, apparemment saine de corps et d’esprit, nous interpelle sur le pouvoir du mental, sur ces ressources que l’être humain est capable de mobiliser ex nihilo pour supporter l’insupportable.

Dans son nouveau livre sur ce témoin à charge de la fin de la monarchie, Anne Muratori nous peint avec délicatesse et retenue «l’Oubliée de l’histoire». Une étude réalisée à partir de documents d’archives, une biographie qui intéressera les passionnés d’histoire et ceux qui ont apprécié le talent de l’auteure de la biographie «Parmentier»

Olivier Gross
Pharmacien Général de Santé Publique

L’Heureux accouchement de la reine

Gravure en taille douce, anonyme, 1er quart du 18e siècle (Collections FDD-CNOP)

Marie-Thérèse Charlotte de France, née le 19 décembre 1778, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette. Versailles n’a pas pour habitude de fêter la naissance d’une fille, mais cette fois, tout le royaume est en émoi, car cet enfant met fin aux folles rumeurs qui couraient depuis des mois sur la stérilité du couple royal. La petite princesse aurait dû recevoir le titre de Madame. Mais Louis XVI l’ayant déjà accordé à la comtesse de Provence, l’épouse de Monsieur, frère du roi, il décide de titrer sa fille : Madame Royale ou Madame fille du roi.

La reine Marie-Antoinette a accouché à onze heures trente du matin d’un nouveau-né que l’on a cru mort, parce qu’il refusait de pousser ses premiers vagissements. Emporté dans la pièce voisine pour être débarbouillé, on s’est aperçu que c’était une fille, ce qui provoqua la fuite des courtisans. Pourtant le roi est ému devant ce bébé qu’il cajole longuement avant de le confier à sa gouvernante, Madame de Guéménée. Lui aussi aurait préféré un fils, mais ce n’est que partie remise.

Cette gravure fixe pour la postérité l’heureux accouchement de la reine qui repose dans son lit, sous le regard vigilant de la princesse de Lamballe, surintendante de la Maison de la Reine. Une servante remet de l’ordre dans les tentures malmenées par la foule qui se pressait dans la chambre. La petite princesse, en robe de baptême, est dans les bras de Victoire-Armande de Rohan-Soubise, princesse de Guéménée et gouvernante des Enfants de France. Le roi, lui, présente sa fille à ses proches avant de se rendre à la chapelle pour assister au baptême de l’enfant par le cardinal de Rohan. C’est une innovation qui commence avec Madame Royale, car jusqu’à présent les Enfants de France étaient seulement ondoyés à la naissance.

Anne Muratori-Philip

Pour en savoir plus sur la pratique de l’accouchement à l’époque de Marie-Antoinette, vous pouvez consultez les documents suivants dans la bibliothèque numérique Medic@ :

Gautier d’Agoty, Jacques-Fabien. Anatomie des parties de la génération, et de ce qui concerne la grossesse et l’accouchement. Paris : Chez Demonville, 1778.

Baudelocque, Jean-Louis. Recherches et réflexions sur l’opération césarienne suivies d’une note sur l’accouchement de la femme Marville. [Paris] : Impr. de la Société de médecine, 1798.

Capmas. Réflexions critiques en forme de lettre sur la cause de l’accouchement. Bruxelles : chez Didot le jeune, Méquignon l’aîné, 1779.

Fin de l’annuaire Rosenwald

Attention, plus qu’une semaine pour consulter le site www.rosenwald.com (avec mot de passe depuis nos postes), qui ne sera plus accessible à compter du 30 novembre 2014.

 

C’est donc la fin de l’annuaire Rosenwald, une institution qui référençait les professionnels de santé depuis 1887.

Vous pourrez toujours consulter les anciens annuaires présents dans les collections de la BIU Santé.

Retrouvez également les premières éditions numérisées du Rosenwald sur Gallica.

Hommage à Robert Martin (1928-2014)

Hommage à Robert Martin (1928-2014), ingénieur chimiste et spécialiste mondial de la réaction de Fries

C’est avec tristesse que nous avons appris la nouvelle du décès de Robert Martin, survenu le 5 mai dernier, à l’âge de 86 ans. Utilisateur assidu de la BIU Santé Pharmacie depuis de nombreuses années, Robert Martin avait été contraint, ces derniers temps, de déléguer à son fils, Éric, la poursuite des recherches bibliographiques destinées aux ouvrages de chimie organique qu’il publiait chez Springer Verlag. Nous voulions lui rendre hommage en communiquant quelques éléments de biographie scientifique que sa famille a eu la gentillesse de bien vouloir nous transmettre.

Robert Martin

Né le 4 janvier 1928, Robert Martin a mené une carrière professionnelle bien remplie, tout d’abord à la Société des produits chimiques auxiliaires (SPCA), devenue aujourd’hui Abax Industries, puis dans de grands groupes pharmaceutiques comme Roussel-Uclaf et Sanofi. Chez Sanofi, il occupa le poste de chef de laboratoire à l’usine de Massy (1959-1985), puis de responsable assurance et contrôle qualité du Département de Chimie (1985-1987).

Il a également mené une carrière scientifique hors du commun. Au plan universitaire, il a acquis ses premiers diplômes en fréquentant les cours du soir du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), qu’il qualifiait de « magnifique école du courage ». Il a ainsi obtenu son diplôme d’Ingénieur du CNAM en 1961, avec un travail de recherche sur la réaction de Fries, y consacrant des heures incalculables, y passant même ses samedis et dimanches. Il a ensuite complété sa formation scientifique à la faculté des sciences de l’université Paris VI où il a obtenu successivement les diplômes de Docteur Ingénieur en 1964 et de Docteur ès Sciences en 1972. Sa thèse de doctorat a été soutenue à l’École normale supérieure (ENS), ce qui représentait pour lui « la reconnaissance suprême pour un autodidacte ».

Ses diplômes en poche, sa passion pour la chimie organique l’a très rapidement conduit à consacrer du temps à la recherche, et plus particulièrement à la réaction de Fries et à ses applications. Il effectuait lui-même toutes les expériences, les caractérisations complètes des produits obtenus, ainsi que la recherche bibliographique liée à chaque synthèse. C’est dans ce but qu’il a fréquenté assidûment la bibliothèque de la faculté des sciences d’Orsay et celle de la faculté de pharmacie de Paris.

De 1987 à 1991, pendant les 4 premières années de sa retraite, il a poursuivi ses recherches comme chercheur invité  à l’Institut Curie de Paris (Laboratoire de recherche du Département de chimie), qui, selon ses proches, « lui a réservé un accueil chaleureux et procuré un cadre d’échange scientifique de très haut niveau ». Au cours de ces années et des suivantes, il a publié plusieurs ouvrages et travaux de chimie organique, certains en collaboration avec l’Institut Curie et d’autres avec l’université de Mayence (Allemagne). Il n’a hélas pas pu voir la parution de son dernier ouvrage, en cours de publication chez Springer Verlag qu’il a conçu et rédigé avec son collègue le Dr. Jean-Pierre Buisson. Il aura toutefois eu la satisfaction de savoir que cet ouvrage – décrivant la synthèse de plus de 5.200 produits ! – avait été accepté par l’éditeur. Aujourd’hui encore, dans le monde de la chimie organique, on peut considérer Robert Martin comme l’un des spécialistes mondiaux de la réaction de Fries.

Malgré cette vie bien remplie, il n’a pas ménagé ses efforts pour encourager et aider de jeunes scientifiques en les faisant bénéficier de son expérience et de ses conseils.

La bibliothèque a été heureuse d’accueillir ce chercheur singulier et de l’aider dans son travail en lui fournissant toute la documentation dont il pouvait avoir besoin. « Monsieur Martin » était connu de tous et une place en salle avait officieusement fini par lui être réservée. Infatigable bibliographe, il savait parfaitement se frayer un chemin au cœur de l’imposante collection imprimée des Chemical Abstracts (CAS), difficilement accessible au profane, pour atteindre le but qu’il s’était fixé.

SciENcv : votre CV dans PubMed

Ne reculant devant aucun sacrifice, nos bibliothécaires ont lu pour vous le dernier bulletin technique de la National Library of Medicine.

On y trouve une nouvelle fonction prometteuse dans le compte MyNCBI de PubMed, appelée SciENcv (vous ne savez pas ce qu’est le compte MyNCBI ? Philippe Éveillard vous l’explique dans cet article).

SciENcv pour Science Experts Network-CV

Logo SciencvCet outil, encore en test, a été créé au départ pour simplifier les démarches administratives des chercheurs américains – dans le but de centraliser les informations utiles aux organismes fédéraux.

Jusqu’à présent, il était juste possible de mettre en valeur vos articles via la partie « My Bibliography » du compte MyNCBI. SciENcv vous permet désormais de créer un profil professionnel complet. Libre à vous d’y mentionner vos domaines de recherches, cursus universitaire, organismes de rattachement, employeurs successifs, distinctions et autres qualités.

Et bien entendu, PubMed vous propose d’y adjoindre automatiquement vos publications si elles figurent déjà dans la partie « My Bibliography » de votre compte MyNCBI.

Il est ensuite possible de partager ce profil en ligne ou d’en imprimer une version PDF. Le chercheur demeure propriétaire de ses données.

ScienCV = PubMed + ORCID !

Intéressant également, vous pouvez lier ce SciENcv à votre compte ORCID, si vous en possédez un.

Logo ORCIDPour mémoire, ORCID est un organisme à but non-lucratif, réunissant plus de 60 entités (universités, acteurs publics, éditeurs…). Il vise à créer une base de données permettant d’identifier sans ambiguïté les chercheurs du monde entier et leurs travaux (sur le principe d’un numéro unique par chercheur). Plus d’infos en cliquant ici. La version française du site ORCID est en ligne depuis fin août.

Ces nouveaux outils seront-ils une opportunité pour les médecins de mieux mettre en valeur leurs travaux de recherche à un niveau international ?

Pour en savoir plus :

Nouveaux titres et travaux sur Medic@

Nouvelle addition au fonds de notre bibliothèque numérique Medic@ : 778 « titres et travaux scientifiques » supplémentaires (soit la seconde tranche de la cote 110133 pour les connaisseurs).

Que sont les « titres et travaux scientifiques » ? C’est ce que nous appellerions aujourd’hui des curriculum vitae. La BIU Santé possède une importante collection de ces documents rares. S’y côtoient plusieurs générations de savants, dans la démarche de quémander une place (on ne sait d’ailleurs pas toujours laquelle, loin de là). Beaucoup sont bien sûr des médecins, mais pas tous, au hasard de la constitution du fonds.

On trouve donc désormais dans Medic@ 2.333 « titres et travaux », datant de 1832 à 1930, comptant entre 1 et… 539 pages ! Pour un total de 131.000 pages en tout. La numérisation est exhaustive pour cette période et pour cette cote : nous envisageons de compléter ultérieurement cet ensemble en exploitant le reste de notre collection.

Marie, Pierre. Titres et travaux scientifiques
Marie, Pierre. Titres et travaux scientifiques (feuillets manuscrits). 1888. 110133x035x08.

Physiquement, cela va de l’ouvrage soigneusement imprimé et illustré au manuscrit sommaire et péniblement écrit, en passant par diverses formes de reprographie de plus ou moins bonne qualité. Un bon nombre de ces pièces (au moins 165) est dédicacé par l’auteur à quelque maître ou professeur honorable – ou utile à sa carrière.

Ces documents, dont l’intérêt est reconnu de longue date, fournissent aux chercheurs des informations souvent uniques sur la carrière de leurs auteurs.

L. Bernard dédicace au Pr Gilbert
Bernard, Léon, 1910. Dédicace au Pr Gilbert. 110133x145x07.

Autre intérêt pour les chercheurs : ils présentent un point de vue (certes très intéressé !) de ces médecins ou de ces savants sur la cohérence de leur propre parcours, à un moment donné de leur vie académique.

Retrouvez l’ensemble de ces documents en cliquant ici.

Jean-François Vincent

Adrien Barrère, caricaturiste

Quelques curieux se demanderont sans doute quelle est l’illustration de couverture que nous avons choisie cet été pour notre blog et les réseaux sociaux.

Gravure de BarrèrePour tout vous dire, il s’agit d’une caricature signée Adrien Barrère (1874-1931), issue de nos collections.

Ce dernier était d’autant mieux placé pour croquer les médecins de l’époque qu’il fut lui-même étudiant en médecine (et en droit). Ainsi aurait-il côtoyé certains des professeurs représentés, ce qui expliquerait la ressemblance des portraits avec leurs augustes modèles.

Prenant par Barrère
Iodures et bromures Cros. Docteur Prenant, par Barrère. Cote CIPA0913.

L’un de ses plus grands succès fut sa série de 4 lithographies caricaturant les professeurs de la faculté de Médecine. Sur une période de 25 ans, il s’en vendit, paraît-il, plus de 420.000 exemplaires. Elle étaient imprimées dans le quartier Latin par Barrère en personne, et parfois mises en couleur à la main.

Celle choisie pour notre illustration est la troisième dans l’ordre chronologique, qui présente certains professeurs comme des spécimens d’anatomie pathologique conservés dans le formol.

Retrouvez ces lithographies (ou leurs reproductions) dans nos collections : la première de 1903, la troisième (1908) qui sert donc cet été de couverture, et la quatrième (1910). Nous ne possédons pas la deuxième (1907) dans nos fonds, l’impudique « Nude Lady », comme l’appellent les collectionneurs anglo-saxons. Avis aux généreux donateurs !

À propos de cette Nude Lady, objet de toutes les convoitises : elle met en scène Eugène Doyen (1859-1916). Les pratiques novatrices de ce chirurgien firent scandale en son temps : il réalisa dans sa clinique privée des clichés photographiques de coupes anatomiques et fit même filmer ses opérations. Sur la caricature, il apparaît donc derrière la table d’opération entouré d’appareils photos. Pour en savoir davantage, retrouvez dans Medic@ un article biographique ainsi que l’ensemble des ouvrages qu’il a publiés, librement consultables en ligne – ou consultez le récent article de Thierry Lefebvre dans la Revue du Praticien (vol. 63, mai 2013, p. 734-737).

La légende raconte que Barrère aurait dessiné une cinquième version, que jamais il ne publia…

Retrouvez l’histoire de ces gravures dans deux articles de la revue The Practitioner (vol. 207, 1971, pp. 106-113 et 239-243, cote 90830).

D’autres gravures de Barrère (et 145.000 autres documents graphiques) sont accessibles gratuitement dans notre banque d’images et de portraits (cliquez ici pour y accéder).

Estelle Lambert et David Benoist

De l’autre côté du miroir

Il n’y a pas que des livres à la BIU Santé !

Philippe Galanopoulos, docteur en histoire et conservateur à la bibliothèque a récemment fait l’objet d’un portrait dans le journal Le Monde.

Responsable des collections du pôle pharmacie-biologie-cosmétologie, il veille sur 350 000 volumes répartis sur près de 9 kilomètres, au 4, avenue de l’Observatoire.

Philippe Galanopoulos
Photo. Aldo Sperber, tous droits réservés.

Comment devient-on conservateur ? Quelles évolutions pour le métier de bibliothécaire ? Comment travaille-t-on au quotidien dans une bibliothèque scientifique et patrimoniale ?

Au travers de cet article, découvrez l’homme derrière le livre (enfin, plutôt « derrière les étagères » sur la photo ci-dessus) et les coulisses de la BIU Santé.

L’ensemble est mis en image par le photographe Aldo Sperber : http://www.aldosperber.com/

Cet article du Monde est accessible depuis les postes informatiques de la BIU Santé, et en accès distant pour les affiliés Paris Descartes.

Il a été écrit par Sandrine Cabut, aussi co-rédactrice d’une excellente synthèse sur les controverses de l’édition scientifique, dont nous avions parlé récemment.

Un autre article sur le même « sujet » a également été publié dans le quotidien grec Ta Néa. Vous pouvez le lire en cliquant ici, avec l’aimable autorisation de l’auteur Kitty Xenaki.

Article Ta Nea

 

« Rien n’est aussi dangereux que la certitude d’avoir raison »

Cette citation de François Jacob est issue de son ouvrage Le jeu des possibles (1981).

François Jacob
Copyright © The Nobel Foundation

Ce grand médecin et biologiste vient de décéder le 19 avril dernier, à l’âge de 92 ans. Il reçut notamment en 1965 le prix Nobel de physiologie ou médecine (avec André Lwoff et Jacques Monod) pour ses découvertes en génétique.

Il fut Compagnon de la Libération, professeur de génétique cellulaire au Collège de France, membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie française, entre autres titres et distinctions.

Pour une notice biographique plus détaillée, consultez cet article du Monde (journal accessible depuis les postes informatiques de la BIU Santé, et en accès distant pour les affiliés Paris Descartes).

Retrouvez ses principaux ouvrages dans les collections de la BIU Santé :

Antoine-Augustin Parmentier (1737-1813) : pharmacien et agronome

En hommage à Antoine-Augustin PARMENTIER, la BIU Santé vous présente sa nouvelle exposition virtuelle.

Cliquez ici pour accéder directement à l’exposition virtuelle.

À l’occasion du bicentenaire de la mort d’Antoine-Augustin Parmentier, la BIU Santé a souhaité lui consacrer une exposition virtuelle qui permet de redécouvrir l’œuvre immense de ce savant, pharmacien et agronome qui a passé 50 ans de sa vie à se battre pour améliorer les conditions de vie des Français.

Portrait de Parmentier. BIU Santé Pharmacie. Cote : FI 005×043

Homme de l’Ancien Régime, né sous le règne de Louis XV, savant des Lumières épargné par la Révolution, puis pharmacien emblématique de l’Empire, Antoine-Augustin Parmentier s’est trouvé à la charnière de la révolution des sciences. Il a été directement confronté aux grands bouleversements sociaux et politiques qui ont marqué le tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

Le texte de cette exposition a été confié à Anne Muratori-Philip, historienne, à qui l’on doit notamment une biographie de référence sur Parmentier. Conçue pour un large public, cette exposition aborde les différents aspects de la vie et de l’œuvre d’un homme dont le nom reste aujourd’hui très étroitement associé à la « découverte » de la pomme de terre. Mais en concevant cette exposition, ses auteurs ont choisi d’honorer, non seulement le vulgarisateur du précieux tubercule, mais aussi l’apothicaire, le pharmacien militaire, le missionnaire de l’agriculture, le père de la boulangerie moderne, le grand serviteur de l’État, en un mot : l’immense savant.

Gravure Parmentier
Ne le nommez pas ! Il ne nous ferait manger que des pommes de terre … CHP-CNOP. Cote : INV. 1967 1.2043 (Tous droits réservés)

Une iconographie, rigoureusement sélectionnée et commentée, accompagne le texte d’Anne Muratori-Philip. Elle est principalement issue des riches collections de la BIU Santé Médecine et Pharmacie, et du Centre d’histoire de la pharmacie – Conseil national de l’ordre des pharmaciens, dont la collaboration a été précieuse. D’autres institutions culturelles ou patrimoniales ont eu l’amabilité de participer à cet événement commémoratif :  en particulier, le Domaine de Sceaux et le Musée Jean-Jacques Rousseau.  Sans oublier la participation de collectionneurs privés.

Cliquez ici pour accéder directement à l’exposition virtuelle.

Neuf bonnes raisons de visiter l’exposition.

Téléchargez l’affiche de l’exposition.

 

 

Contact : philippe.galanopoulos@biusante.parisdescartes.fr

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Redécouvrez les dossiers biographiques de Georges Dillemann

Le Pôle Pharmacie conserve depuis 1995 les dossiers biographiques constitués par Georges Dillemann. Ces dossiers, au nombre de 322, sont composés d’articles, de documents iconographiques, de correspondances, de bibliographies, de faire-part de décès, de notes personnelles, etc. Le lecteur pourra les consulter sur place, sur simple demande. Ces dossiers sont dorénavant signalés dans la Base biographique et les documents iconographiques libres de droit ont été numérisés et versés dans la Banque d’images. Enfin, les documents rares, curieux ou importants ont été signalés dans le catalogue de la bibliothèque.

Georges Dillemann

Cet ensemble particulièrement utile pour la recherche a été rassemblé par une grande figure de l’histoire de la pharmacie française : Georges Dillemann (1903-1999). Après des études de chimie (1925), plusieurs certificats d’études supérieures dont celui de botanique à la Faculté des sciences de Paris (1925-1944), et une licence en droit (1936), Georges Dillemann obtient le diplôme de pharmacien en juillet 1938. Il poursuit ses études avec un doctorat en Pharmacie (1946) et un doctorat de Sciences naturelles (1952). Professeur de biologie végétale à Rouen puis à Paris, il occupe ensuite la chaire de Législation, déontologie et histoire de la pharmacie (1959-1973) à la suite du professeur Charles Bedel (1889-1967). Il devient membre (1952), puis Président (1985) de l’Académie nationale de pharmacie. Enfin, il est élu Doyen de la Faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques de Paris (1971-1975). Parmi les autres distinctions, signalons qu’il fut membre du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (1972), membre de la Société d’histoire de la pharmacie (1959), dont il devient Président (1982), puis Président d’honneur (1988). Il fut également Président de la Société botanique de France. Georges Dillemann a mené de nombreuses recherches historiques. Les dossiers biographiques qu’il a légués à la bibliothèque sont le reflet d’un travail de documentation fouillé. Ils lui ont notamment servi de base à des articles biographiques publiés dans Problèmes et produits pharmaceutiques (cote BIU Santé Pharmacie : P 10079T ou P 10365), puis dans Le pharmacien-biologiste(cote BIU Santé Pharmacie : P 16014).

Sur Georges Dillemann

Base biographique

Bonnemain Henri, Warolin Christian. Éloge du doyen Georges Dillemann. In: Revue d’histoire de la pharmacie, 87e année, N. 323, 1999. pp. 303-307.

– Ouvrages de Georges Dillemann à la BIU Santé

– Liste des dossiers biographiques

– Revue d’histoire de la pharmacie