Les portraits de la BIU Santé dans Wikimédia Commons

La BIU Santé profite de la période estivale pour revenir sur un projet important de 2017-2018, le versement de certaines de ses numérisations sur Wikimedia Commons.

Une affaire de sources

Dans sa banque d’images et de portraits, la BIU Santé propose plus de 230.000 images, téléchargeables gratuitement. Elles sont pour la plupart libres de droits, et réutilisables sous la licence Etalab. Ces clichés sont issus des numérisations réalisées pour notre bibliothèque numérique Medic@ (plus de 4,5 millions de pages de textes en ligne), de nos collections iconographiques et des fonds d’images de nos partenaires.

Jusqu’à présent, ces images n’étaient consultables que via le site de la BIU Santé. Ce qui ne les empêchait pas d’être abondamment réutilisées sur des sites tiers, comme Wikipédia ou Pinterest (où la BIU Santé possède d’ailleurs un compte ;-). Quand le projet démarre, près de 300 images issues de la BIU Santé sont déjà repérées sur Commons. Ces emprunts en ligne ne sont pas toujours accompagnés des (bonnes) mentions de sources. Cela va à l’encontre de la licence Etalab choisie par la bibliothèque, mais c’est surtout préjudiciable pour les documents eux-mêmes. En perdant leur mention d’origine, ils perdent une partie de leur histoire et de leur valeur.

Suivant l’exemple d’autres institutions culturelles (comme la Wellcome Library ou le muséum de Toulouse), la BIU Santé s’est donc interrogée sur l’opportunité de déposer elle-même ses images sur Wikimedia Commons. Pour qu’elles soient plus visibles et plus facilement accessibles aux internautes du monde entier. Et pour être sûr que les références et mentions de sources soient bien rédigées (on n’est jamais mieux servi que par soi-même !).

On commence modestement

Par l’entremise de Sylvain Machefert (merci à lui), les équipes de la BIU Santé prennent contact avec l’association Wikimédia France. Une convention est alors signée, pour le dépôt d’un premier lot d’images, ayant valeur de test. On choisit de se faire la main sur les portraits présents dans la banque d’images. Ils ont l’avantage de constituer un ensemble clairement défini, lié en outre à des notices d’autorité (noms de personnes). Édouard Hue, concepteur d’un outil de versement d’images sur Commons (ComeOn!) et bénévole de l’association, travaille avec la bibliothèque pour ce premier essai.

Notre lot de portraits est donc constitué de 3775 fichiers. 3203 étaient liés à une notice de notre base biographique (en l’occurrence, le nom de la personne représentée par le portrait). Dans cette notice figuraient notamment les informations élémentaires que sont le patronyme et les dates de naissance et de mort. Avec parfois plusieurs portraits pour une même personne. Au final, les 3203 fichiers correspondaient en fait à 1541 autorités / personnes distinctes.

Édouard Hue, de dos, au travail à la BIU Santé

Pour que le versement soit le plus complet possible, il a été décidé de lier nos métadonnées avec des référentiels extérieurs. OpenRefine a été utilisé pour ce travail de pré-alignement de nos données.

Le référentiel le plus logique à viser pour un versement sur Commons était bien évidemment Wikidata. Pas de chance, aucun connecteur fiable n’existait à l’époque pour pré-aligner des données sur Wikidata à partir d’OpenRefine 2.6. Qu’à cela ne tienne, les bibliothécaires se sont tournés vers VIAF, autre grand référentiel, bien adapté pour des portraits, faciles à lier à des notices d’autorité. Les identifiants VIAF trouvés servent de données-pivots et permettent de récupérer des identifiants Wikidata dans un second temps.

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Un exemplaire exceptionnel des Reports of medical cases de Richard Bright (1789-1858)

Richard Bright, parmi de nombreuses autres contributions à la médecine et à la science, est célèbre pour ses travaux sur la pathologie du rein.

Portrait de Richard Bright (1789–1858). In: Thomas Joseph Pettigrew, Medical Portrait Gallery vol. 2 (1838) [Source: Wikimedia]
Célèbre ? Il a été à vrai dire plutôt dédaigné par l’histoire de la médecine en langue française.

L’importance de Bright fut pourtant très grande, et reconnue par ses contemporains, notamment français. Un compte rendu détaillé des “recherches sur l’hydropisie dépendant d’un état morbide des reins” (sur le premier volume des Reports of medical cases, 1827) paraît en 1830 dans les Archives générales de médecine. L’œuvre de Bright est abondamment discutée par Pierre François Olive Rayer (1793-1867) dans son important Traité des maladies des reins (1839-1841), et c’est à partir de 1831 que le même Rayer a travaillé sur ce sujet ou qu’il a fait travailler ses élèves de la Pitié. Toute l’œuvre de Bright fit à sa mort l’objet d’un long article d’Ernest Charles Lasègue (1816-1883) : Richard Bright, sa vie et ses œuvres. In : Archives générales de médecine, 1859, p. 257-274. “C’est un devoir pour la presse médicale, y écrivait-il en introduction, de rendre un dernier hommage à un médecin si justement illustre, et dont le nom restera éternellement attaché à une des plus grandes découvertes pathologiques de notre temps”. Cet article de Lasègue est à ma connaissance le plus long travail en français consacré à Bright.

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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Base biographique de la BIU Santé

Une nouvelle version lancée ce jeudi

La Base biographique de la BIU Santé a été restructurée, et sa nouvelle version vient d’être publiée.

La Base biographique de la BIU Santé, le 24 mai 2018

La Base biographique, c’est aujourd’hui un ensemble de 46231 fiches nominatives, et de 83761 sources distinctes. On peut espérer y trouver des informations et des références bibliographiques sur toute personne ayant contribué à l’histoire de la santé, de tous les lieux, de toutes les époques.

 

Réorganisation des données

Sans doute l’usager occasionnel de la Base biographique ne sera-t-il pas bouleversé lors de son prochain passage par le changement qui s’est opéré.

C’est même notre souhait que ses habitudes de recherche ne soient pas trop perturbées. Un outil de recherche doit être aussi simple que possible, et il n’est pas nécessaire qu’il paraisse perfectionné ou innovant, mais seulement qu’il rende le service qu’il doit rendre, et mieux qu’hier si possible.

Donc, notre chercheur percevra peut-être, cela nous l’espérons, une meilleure organisation des données. Il trouvera peut-être que les informations qui sont données sont plus claires et mieux expliquées.

Enrichissements

Un fait essentiel est toujours difficilement perceptible lorsqu’on consulte une base de données : c’est la dimension de ce réservoir d’informations. Sur ce point, nous avons la satisfaction d’annoncer que la nouvelle version contient nettement plus de données que la précédente.

Notamment, le dépouillement systématique de quelques grosses sources biographiques systématiques (par exemple le Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne d’Eloy (1778), le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre (1864- 1889), ou le Dictionary of medical biography de W. et H. Bynum (2007) comblent des lacunes qui résultaient du mode de constitution de la version précédente de la base biographique. Le développement de celle-ci était en effet, légitimement d’ailleurs et très utilement, fondé surtout sur le dépouillement au fil de l’eau des entrées de documents dans les fonds de la bibliothèque. On y trouvait ainsi et on y trouve toujours des sources rarement citées ailleurs, mais on pouvait regretter que certains noms importants ne soient pas du tout présents, parce que le hasard des publications et des entrées ne les avaient pas fait rencontrer. Ces lacunes devraient être plus rares.

Prise en charge de données hétérogènes

D’autre part, la nouvelle base biographique est structurée pour pouvoir prendre en charge des données de nature très hétérogène. Essayons de nous expliquer.

Et ceci se passait dans des temps très anciens…

À l’origine, la Base biographique de la BIU Santé était un fichier bio-bibliographique. Les fiches, de très petit format, comportaient un nom, quelques informations de base (dates et lieux, profession, parfois quelques indications sur la carrière), et surtout les références bibliographiques de documents imprimés et d’articles présents dans la collection de la bibliothèque.

Ce fichier a été transformé au début de notre siècle en une base de données informatique, sur le même modèle.

Complexification

Puis, peu à peu, grâce aux possibilités offertes par l’informatique, des données assez diverses se sont agglomérées autour de ce noyau principal de références bibliographiques (qui continuait à se développer).

Aux noms des personnes présentes ont été liés les portraits numérisés dans la Banque d’images et de portraits.

On a signalé également des portraits qui n’ont pas fait l’objet d’une numérisation (souvent pour des raisons de droit de propriété intellectuelle), mais qui existent dans la collection.

On y a adjoint, grâce à la coopération de la bibliothèque de l’Académie de médecine, les appartenances à cette compagnie (“Membre de l’Académie de médecine”), ou la présence d’un “Dossier à l’Académie de médecine”. On a versé l’intégralité du contenu du Fichier Laborde, un important dépouillement d’archives effectué sous la direction de Léon de Laborde, garde général des Archives de l’Empire à partir de 1857, qui permet notamment de repérer tout un monde de médecins et de chirurgiens du XVIe et du XVIIe siècles.

Des chercheurs,  Pierre Moulinier et Jean-Marie Mouthon, nous ont permis de charger des dépouillements d’archives et des notices biographiques rédigés par eux.

À mesure que les années passaient, la base de données devenait ainsi plus riche, mais aussi plus compliquée, et plus difficile à gérer et à documenter.

Une hétérogénéité inévitable

Pourtant, il était évident que cette complexité allait encore croître : en effet, le développement de la numérisation, à la BIU Santé et dans le monde, rendait indispensable de pouvoir ajouter à la base biographique une très grande diversité de données directement accessibles en ligne et de partout, et non seulement les nécessaires références aux collections imprimées consultables sur place à la bibliothèque.

C’est cette diversité de données que nous essayons de mieux gérer dans notre nouvelle base en ligne.

On trouvera déjà de très nombreux liens entre la base biographique et les ressources biographiques que fournit la bibliothèque numérique Medic@. Des milliers de liens ont été créés, principalement vers des dictionnaires pour l’instant, et vers les précieux “Titres et travaux scientifiques”, ces curriculum-vitae dont la bibliothèque conserve une riche collection largement numérisée. Mais nous verserons prochainement d’autres ressources.

Dans les prochains mois, la base biographique permettra ainsi d’exploiter le considérable fichier manuscrit que la famille de Jacques Léonard a donné à la BIUM lors du décès de ce chercheur en 1988, qui est constitué par le dépouillement de milliers de dossiers d’archives sur des médecins de l’ouest de la France au XIXe siècle.

Nous travaillons également à repérer dans les périodiques que nous avons numérisés les nécrologies innombrables qu’ils contiennent. Si nous en avions les moyens, nous pourrions également nous attaquer à des ressources qui se trouvent dans d’autres bibliothèques numériques ou bases de données en ligne.

Nous serions heureux de nouer de nouvelles collaborations avec des chercheurs ou des institutions, que ce soit pour signaler des ressources distantes ou pour inclure directement de nouvelles biographies rédigées. Le champ est immense, plus grand que nos forces. L’intérêt permanent du public pour la biographie nous semble justifier des efforts importants.

Les utilisateurs verront également que nous avons fait notre possible pour documenter les dépouillements que nous avons effectués. Il est indispensable d’accumuler des données : il est utile aussi de dire d’où elles viennent, et quelles sont les sources qui ont été exploitées (et donc quelles sont celles qui ne l’ont pas été). De plus, certaines de ces ressources – le fichier Laborde déjà nommé par exemple – ont absolument besoin d’être expliquées : la documentation des sources est une nécessité qui est liée à l’hétérogénéité du contenu. Cet effort de documentation nous est d’ailleurs indispensable à nous aussi, pour savoir où nous en sommes et mieux organiser nos dépouillements.

Une base techniquement plus ouverte

Enfin, la base nouvelle manière est plus ouverte, et nous nous efforcerons de l’ouvrir encore davantage dans la prochaine étape technique de son développement.

Ouverture aux moteurs de recherche

Jusque là, la base biographique appartenait au «web caché», comme on dit : on n’en trouvait pas tout le contenu par l’intermédiaire des moteur de recherche du web comme Google. La nouvelle architecture devrait permettre que les moteurs de recherche viennent lire le contenu de la base, et le proposent donc à leurs utilisateurs, c’est-à-dire à nous tous.

Les identifiants d’autorité à l’horizon

Notre prochaine étape technique, dans la mesure de nos forces, sera de lier nos données avec d’autres jeux de données disponibles, plus précisément d’abord avec ce que les professionnels de la documentation appellent les «données d’autorité».

Les données d’autorité répondent d’abord à un besoin pratique de gestion des collections, en différenciant les homonymes dans les catalogues, ou en liant entre eux les différents noms d’une même personne ; ainsi on peut indiquer quel est le Jean Durand qui a écrit un certain livre (qui n’est pas le Jean Durand qui a écrit tel autre livre) ; et on peut fournir, à celui qui cherche les ouvrages de Jacobus Sylvius, ceux qui sont notés sous le nom de Jacques Dubois.

Mais l’informatique a donné un rôle accru à ces données d’autorité et aux numéros d’identification qui les accompagnent : si vous savez quel est le numéro qui désigne une personne, vous avez en principe la possibilité de joindre ensemble toutes les informations qui contiennent ce numéro d’identification. Par exemple, si vous savez que Sigismond Jaccoud a un identifiant 64023688  dans la base de données internationale VIAF, vous pouvez récupérer les informations qui s’y trouvent liées parce qu’elles utilisent également cet identifiant, notamment les diverses pages Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, etc.), les données de Worldcat Identities, mais aussi les données bibliographiques qui concernent Jaccoud dans les catalogues de bibliothèques, etc. Ce numéro pourrait permettre aussi, en principe, que d’autres outils informatiques viennent à leur tour puiser dans la Base biographique.

L’usage de ces identifiants devrait se développer dans les temps qui viennent : nous espérons que la base biographique est aujourd’hui mieux préparée à s’intégrer dans le paysage documentaire qui se met en place. Le chemin, il faut le dire, est encore un peu long pour nous, mais l’essentiel est de pouvoir le commencer.

Nous comptons sur les utilisateurs pour nous signaler les défauts qu’ils trouveront, et nous faisons appel à leur indulgence critique.

Jean-François Vincent
24 mai 2018

Sur les pas de Madame Royale

À l’occasion de la publication de Madame Royale, une biographie de la fille de Louis XVI écrite par Anne Muratori-Philip (Fayard, 2016), le blog de la BIU Santé vous propose deux billets pour le prix d’un : une présentation de l’ouvrage par Olivier Gross, pharmacien général de Santé publique, ainsi qu’un commentaire inédit de l’auteur de la biographie, Anne Muratori-Philip, à propos d’une gravure représentant l’accouchement de la reine Marie-Antoinette. Bonne lecture de vacances !

Pour mémoire, A. Muratori-Philip est également à l’origine de notre exposition virtuelle sur Antoine-Augustin Parmentier, pharmacien et agronome (1737-1813).

9782213631752-001-XÀ propos du livre

Née Fille de France et distinguée à sa naissance par le titre de madame Royale, la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette devient à l’âge de 13 ans et pour le reste de ses jours «l’orpheline du temple».

Tout le drame atroce de sa vie est concentré dans ces deux mots.

Peut-on rester physiquement et psychiquement sain quand au sortir de l’enfance on est confronté à l’humiliation et à l’exécution de ses parents, de sa tante, la pieuse Madame Élisabeth, à la longue agonie de son frère, à la prison du Temple pendant 4 ans, puis à l’exil et au retour sur les lieux du drame et puis encore à l’exil ?

La Duchesse d’Angoulême revenue de l’enfer sur les marches du trône, apparemment saine de corps et d’esprit, nous interpelle sur le pouvoir du mental, sur ces ressources que l’être humain est capable de mobiliser ex nihilo pour supporter l’insupportable.

Dans son nouveau livre sur ce témoin à charge de la fin de la monarchie, Anne Muratori nous peint avec délicatesse et retenue «l’Oubliée de l’histoire». Une étude réalisée à partir de documents d’archives, une biographie qui intéressera les passionnés d’histoire et ceux qui ont apprécié le talent de l’auteure de la biographie «Parmentier»

Olivier Gross
Pharmacien Général de Santé Publique

L’Heureux accouchement de la reine

Gravure en taille douce, anonyme, 1er quart du 18e siècle (Collections FDD-CNOP)

Marie-Thérèse Charlotte de France, née le 19 décembre 1778, est le premier enfant de Louis XVI et Marie-Antoinette. Versailles n’a pas pour habitude de fêter la naissance d’une fille, mais cette fois, tout le royaume est en émoi, car cet enfant met fin aux folles rumeurs qui couraient depuis des mois sur la stérilité du couple royal. La petite princesse aurait dû recevoir le titre de Madame. Mais Louis XVI l’ayant déjà accordé à la comtesse de Provence, l’épouse de Monsieur, frère du roi, il décide de titrer sa fille : Madame Royale ou Madame fille du roi.

La reine Marie-Antoinette a accouché à onze heures trente du matin d’un nouveau-né que l’on a cru mort, parce qu’il refusait de pousser ses premiers vagissements. Emporté dans la pièce voisine pour être débarbouillé, on s’est aperçu que c’était une fille, ce qui provoqua la fuite des courtisans. Pourtant le roi est ému devant ce bébé qu’il cajole longuement avant de le confier à sa gouvernante, Madame de Guéménée. Lui aussi aurait préféré un fils, mais ce n’est que partie remise.

Cette gravure fixe pour la postérité l’heureux accouchement de la reine qui repose dans son lit, sous le regard vigilant de la princesse de Lamballe, surintendante de la Maison de la Reine. Une servante remet de l’ordre dans les tentures malmenées par la foule qui se pressait dans la chambre. La petite princesse, en robe de baptême, est dans les bras de Victoire-Armande de Rohan-Soubise, princesse de Guéménée et gouvernante des Enfants de France. Le roi, lui, présente sa fille à ses proches avant de se rendre à la chapelle pour assister au baptême de l’enfant par le cardinal de Rohan. C’est une innovation qui commence avec Madame Royale, car jusqu’à présent les Enfants de France étaient seulement ondoyés à la naissance.

Anne Muratori-Philip

Pour en savoir plus sur la pratique de l’accouchement à l’époque de Marie-Antoinette, vous pouvez consultez les documents suivants dans la bibliothèque numérique Medic@ :

Gautier d’Agoty, Jacques-Fabien. Anatomie des parties de la génération, et de ce qui concerne la grossesse et l’accouchement. Paris : Chez Demonville, 1778.

Baudelocque, Jean-Louis. Recherches et réflexions sur l’opération césarienne suivies d’une note sur l’accouchement de la femme Marville. [Paris] : Impr. de la Société de médecine, 1798.

Capmas. Réflexions critiques en forme de lettre sur la cause de l’accouchement. Bruxelles : chez Didot le jeune, Méquignon l’aîné, 1779.

Fin de l’annuaire Rosenwald

Attention, plus qu’une semaine pour consulter le site www.rosenwald.com (avec mot de passe depuis nos postes), qui ne sera plus accessible à compter du 30 novembre 2014.

 

C’est donc la fin de l’annuaire Rosenwald, une institution qui référençait les professionnels de santé depuis 1887.

Vous pourrez toujours consulter les anciens annuaires présents dans les collections de la BIU Santé.

Retrouvez également les premières éditions numérisées du Rosenwald sur Gallica.

Hommage à Robert Martin (1928-2014)

Hommage à Robert Martin (1928-2014), ingénieur chimiste et spécialiste mondial de la réaction de Fries

C’est avec tristesse que nous avons appris la nouvelle du décès de Robert Martin, survenu le 5 mai dernier, à l’âge de 86 ans. Utilisateur assidu de la BIU Santé Pharmacie depuis de nombreuses années, Robert Martin avait été contraint, ces derniers temps, de déléguer à son fils, Éric, la poursuite des recherches bibliographiques destinées aux ouvrages de chimie organique qu’il publiait chez Springer Verlag. Nous voulions lui rendre hommage en communiquant quelques éléments de biographie scientifique que sa famille a eu la gentillesse de bien vouloir nous transmettre.

Robert Martin

Né le 4 janvier 1928, Robert Martin a mené une carrière professionnelle bien remplie, tout d’abord à la Société des produits chimiques auxiliaires (SPCA), devenue aujourd’hui Abax Industries, puis dans de grands groupes pharmaceutiques comme Roussel-Uclaf et Sanofi. Chez Sanofi, il occupa le poste de chef de laboratoire à l’usine de Massy (1959-1985), puis de responsable assurance et contrôle qualité du Département de Chimie (1985-1987).

Il a également mené une carrière scientifique hors du commun. Au plan universitaire, il a acquis ses premiers diplômes en fréquentant les cours du soir du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), qu’il qualifiait de « magnifique école du courage ». Il a ainsi obtenu son diplôme d’Ingénieur du CNAM en 1961, avec un travail de recherche sur la réaction de Fries, y consacrant des heures incalculables, y passant même ses samedis et dimanches. Il a ensuite complété sa formation scientifique à la faculté des sciences de l’université Paris VI où il a obtenu successivement les diplômes de Docteur Ingénieur en 1964 et de Docteur ès Sciences en 1972. Sa thèse de doctorat a été soutenue à l’École normale supérieure (ENS), ce qui représentait pour lui « la reconnaissance suprême pour un autodidacte ».

Ses diplômes en poche, sa passion pour la chimie organique l’a très rapidement conduit à consacrer du temps à la recherche, et plus particulièrement à la réaction de Fries et à ses applications. Il effectuait lui-même toutes les expériences, les caractérisations complètes des produits obtenus, ainsi que la recherche bibliographique liée à chaque synthèse. C’est dans ce but qu’il a fréquenté assidûment la bibliothèque de la faculté des sciences d’Orsay et celle de la faculté de pharmacie de Paris.

De 1987 à 1991, pendant les 4 premières années de sa retraite, il a poursuivi ses recherches comme chercheur invité  à l’Institut Curie de Paris (Laboratoire de recherche du Département de chimie), qui, selon ses proches, « lui a réservé un accueil chaleureux et procuré un cadre d’échange scientifique de très haut niveau ». Au cours de ces années et des suivantes, il a publié plusieurs ouvrages et travaux de chimie organique, certains en collaboration avec l’Institut Curie et d’autres avec l’université de Mayence (Allemagne). Il n’a hélas pas pu voir la parution de son dernier ouvrage, en cours de publication chez Springer Verlag qu’il a conçu et rédigé avec son collègue le Dr. Jean-Pierre Buisson. Il aura toutefois eu la satisfaction de savoir que cet ouvrage – décrivant la synthèse de plus de 5.200 produits ! – avait été accepté par l’éditeur. Aujourd’hui encore, dans le monde de la chimie organique, on peut considérer Robert Martin comme l’un des spécialistes mondiaux de la réaction de Fries.

Malgré cette vie bien remplie, il n’a pas ménagé ses efforts pour encourager et aider de jeunes scientifiques en les faisant bénéficier de son expérience et de ses conseils.

La bibliothèque a été heureuse d’accueillir ce chercheur singulier et de l’aider dans son travail en lui fournissant toute la documentation dont il pouvait avoir besoin. « Monsieur Martin » était connu de tous et une place en salle avait officieusement fini par lui être réservée. Infatigable bibliographe, il savait parfaitement se frayer un chemin au cœur de l’imposante collection imprimée des Chemical Abstracts (CAS), difficilement accessible au profane, pour atteindre le but qu’il s’était fixé.

SciENcv : votre CV dans PubMed

Ne reculant devant aucun sacrifice, nos bibliothécaires ont lu pour vous le dernier bulletin technique de la National Library of Medicine.

On y trouve une nouvelle fonction prometteuse dans le compte MyNCBI de PubMed, appelée SciENcv (vous ne savez pas ce qu’est le compte MyNCBI ? Philippe Éveillard vous l’explique dans cet article).

SciENcv pour Science Experts Network-CV

Logo SciencvCet outil, encore en test, a été créé au départ pour simplifier les démarches administratives des chercheurs américains – dans le but de centraliser les informations utiles aux organismes fédéraux.

Jusqu’à présent, il était juste possible de mettre en valeur vos articles via la partie « My Bibliography » du compte MyNCBI. SciENcv vous permet désormais de créer un profil professionnel complet. Libre à vous d’y mentionner vos domaines de recherches, cursus universitaire, organismes de rattachement, employeurs successifs, distinctions et autres qualités.

Et bien entendu, PubMed vous propose d’y adjoindre automatiquement vos publications si elles figurent déjà dans la partie « My Bibliography » de votre compte MyNCBI.

Il est ensuite possible de partager ce profil en ligne ou d’en imprimer une version PDF. Le chercheur demeure propriétaire de ses données.

ScienCV = PubMed + ORCID !

Intéressant également, vous pouvez lier ce SciENcv à votre compte ORCID, si vous en possédez un.

Logo ORCIDPour mémoire, ORCID est un organisme à but non-lucratif, réunissant plus de 60 entités (universités, acteurs publics, éditeurs…). Il vise à créer une base de données permettant d’identifier sans ambiguïté les chercheurs du monde entier et leurs travaux (sur le principe d’un numéro unique par chercheur). Plus d’infos en cliquant ici. La version française du site ORCID est en ligne depuis fin août.

Ces nouveaux outils seront-ils une opportunité pour les médecins de mieux mettre en valeur leurs travaux de recherche à un niveau international ?

Pour en savoir plus :

Nouveaux titres et travaux sur Medic@

Nouvelle addition au fonds de notre bibliothèque numérique Medic@ : 778 « titres et travaux scientifiques » supplémentaires (soit la seconde tranche de la cote 110133 pour les connaisseurs).

Que sont les « titres et travaux scientifiques » ? C’est ce que nous appellerions aujourd’hui des curriculum vitae. La BIU Santé possède une importante collection de ces documents rares. S’y côtoient plusieurs générations de savants, dans la démarche de quémander une place (on ne sait d’ailleurs pas toujours laquelle, loin de là). Beaucoup sont bien sûr des médecins, mais pas tous, au hasard de la constitution du fonds.

On trouve donc désormais dans Medic@ 2.333 « titres et travaux », datant de 1832 à 1930, comptant entre 1 et… 539 pages ! Pour un total de 131.000 pages en tout. La numérisation est exhaustive pour cette période et pour cette cote : nous envisageons de compléter ultérieurement cet ensemble en exploitant le reste de notre collection.

Marie, Pierre. Titres et travaux scientifiques
Marie, Pierre. Titres et travaux scientifiques (feuillets manuscrits). 1888. 110133x035x08.

Physiquement, cela va de l’ouvrage soigneusement imprimé et illustré au manuscrit sommaire et péniblement écrit, en passant par diverses formes de reprographie de plus ou moins bonne qualité. Un bon nombre de ces pièces (au moins 165) est dédicacé par l’auteur à quelque maître ou professeur honorable – ou utile à sa carrière.

Ces documents, dont l’intérêt est reconnu de longue date, fournissent aux chercheurs des informations souvent uniques sur la carrière de leurs auteurs.

L. Bernard dédicace au Pr Gilbert
Bernard, Léon, 1910. Dédicace au Pr Gilbert. 110133x145x07.

Autre intérêt pour les chercheurs : ils présentent un point de vue (certes très intéressé !) de ces médecins ou de ces savants sur la cohérence de leur propre parcours, à un moment donné de leur vie académique.

Retrouvez l’ensemble de ces documents en cliquant ici.

Jean-François Vincent

Adrien Barrère, caricaturiste

Quelques curieux se demanderont sans doute quelle est l’illustration de couverture que nous avons choisie cet été pour notre blog et les réseaux sociaux.

Gravure de BarrèrePour tout vous dire, il s’agit d’une caricature signée Adrien Barrère (1874-1931), issue de nos collections.

Ce dernier était d’autant mieux placé pour croquer les médecins de l’époque qu’il fut lui-même étudiant en médecine (et en droit). Ainsi aurait-il côtoyé certains des professeurs représentés, ce qui expliquerait la ressemblance des portraits avec leurs augustes modèles.

Prenant par Barrère
Iodures et bromures Cros. Docteur Prenant, par Barrère. Cote CIPA0913.

L’un de ses plus grands succès fut sa série de 4 lithographies caricaturant les professeurs de la faculté de Médecine. Sur une période de 25 ans, il s’en vendit, paraît-il, plus de 420.000 exemplaires. Elle étaient imprimées dans le quartier Latin par Barrère en personne, et parfois mises en couleur à la main.

Celle choisie pour notre illustration est la troisième dans l’ordre chronologique, qui présente certains professeurs comme des spécimens d’anatomie pathologique conservés dans le formol.

Retrouvez ces lithographies (ou leurs reproductions) dans nos collections : la première de 1903, la troisième (1908) qui sert donc cet été de couverture, et la quatrième (1910). Nous ne possédons pas la deuxième (1907) dans nos fonds, l’impudique « Nude Lady », comme l’appellent les collectionneurs anglo-saxons. Avis aux généreux donateurs !

À propos de cette Nude Lady, objet de toutes les convoitises : elle met en scène Eugène Doyen (1859-1916). Les pratiques novatrices de ce chirurgien firent scandale en son temps : il réalisa dans sa clinique privée des clichés photographiques de coupes anatomiques et fit même filmer ses opérations. Sur la caricature, il apparaît donc derrière la table d’opération entouré d’appareils photos. Pour en savoir davantage, retrouvez dans Medic@ un article biographique ainsi que l’ensemble des ouvrages qu’il a publiés, librement consultables en ligne – ou consultez le récent article de Thierry Lefebvre dans la Revue du Praticien (vol. 63, mai 2013, p. 734-737).

La légende raconte que Barrère aurait dessiné une cinquième version, que jamais il ne publia…

Retrouvez l’histoire de ces gravures dans deux articles de la revue The Practitioner (vol. 207, 1971, pp. 106-113 et 239-243, cote 90830).

D’autres gravures de Barrère (et 145.000 autres documents graphiques) sont accessibles gratuitement dans notre banque d’images et de portraits (cliquez ici pour y accéder).

Estelle Lambert et David Benoist

De l’autre côté du miroir

Il n’y a pas que des livres à la BIU Santé !

Philippe Galanopoulos, docteur en histoire et conservateur à la bibliothèque a récemment fait l’objet d’un portrait dans le journal Le Monde.

Responsable des collections du pôle pharmacie-biologie-cosmétologie, il veille sur 350 000 volumes répartis sur près de 9 kilomètres, au 4, avenue de l’Observatoire.

Philippe Galanopoulos
Photo. Aldo Sperber, tous droits réservés.

Comment devient-on conservateur ? Quelles évolutions pour le métier de bibliothécaire ? Comment travaille-t-on au quotidien dans une bibliothèque scientifique et patrimoniale ?

Au travers de cet article, découvrez l’homme derrière le livre (enfin, plutôt « derrière les étagères » sur la photo ci-dessus) et les coulisses de la BIU Santé.

L’ensemble est mis en image par le photographe Aldo Sperber : http://www.aldosperber.com/

Cet article du Monde est accessible depuis les postes informatiques de la BIU Santé, et en accès distant pour les affiliés Paris Descartes.

Il a été écrit par Sandrine Cabut, aussi co-rédactrice d’une excellente synthèse sur les controverses de l’édition scientifique, dont nous avions parlé récemment.

Un autre article sur le même « sujet » a également été publié dans le quotidien grec Ta Néa. Vous pouvez le lire en cliquant ici, avec l’aimable autorisation de l’auteur Kitty Xenaki.

Article Ta Nea