Pharmacies du monde, épisode 9

Amis pharmaciens et amoureux de la pharmacie, l’été approche et les Pharmacies du Monde vous présentent leur neuvième épisode.

Source : Catherine Blum

Lors de notre dernier opus, nous vous avions lancé le défi de nous envoyer vos plus beaux clichés d’officines rencontrées lors de vos voyages. Vous avez été nombreux à le relever et nous vous en remercions !

Les membres du jury du jeu concours « Pharmacies du monde » ont décidé de récompenser les trois plus belles photographies, parmi tous vos clichés. Cela n’a pas été facile ! Les photographies sélectionnées illustrent cet article.

Source : David Benoist

Merci à mesdames et messieurs François Maignen (alias @PotardDechaine sur TwitterBallarat, Dunkeld, Dornoch, Drumnadrochit, Great Ocean Road, Hallsgap, Healesville, Melbourne, Fort Augustus et Sorrente), Catherine Blum (Stockholm), Nathalie Charrier-Arrighi (Îles Canaries), David Benoist (Disneyland et Provins), Marjolaine Labertonière (alias @marjo_lab sur TwitterKehl et Strasbourg), Nicole Cesselin (Guatemala), Sandrine Rocheron (La Havane, Pinar del Rio et Vinales) et Catherine Tellaa (Ise et Tinghir).

Un grand merci aussi aux membres du jury de cet épisode : Clotilde Rutkowsky, Sylvie Cavard et Rodrigo Fernandez.

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Accès modifiés au pôle Médecine (19-20/6 & 3-4/7)

Attention, l’accès au pôle Médecine de la BIU Santé sera modifié le mardi 19 (à partir de 19h15) et le mercredi 20 juin, ainsi que le mardi 3 et le mercredi 4 juillet 2018 :

Laccès à l’université se fera par le 85, boulevard Saint-Germain.

Si la porte est fermée, SONNEZ pour qu’on vous ouvre !

85bsg

Les salles de lecture seront ouvertes comme à l’accoutumée, vous pourrez donc venir travailler au 12, rue de l’École-de-Médecine. La bibliothèque sera ouverte normalement de 9h à 20h.

Nous vous prions de nous excuser pour la gêne occasionnée.

Disparition d’Eric Meyleuc

Nous avons la tristesse de vous annoncer le décès brutal de notre collègue Éric Meyleuc.

Magasinier principal à la BIU Santé depuis 1998, Éric Meyleuc travaillait au service du Prêt entre bibliothèques. Il venait d’avoir 50 ans.

C’était aussi un «poète, comédien et diseur», passionné de théâtre.

Nous nous associons à la douleur de sa famille.

Prochaine séance de la SHP le 20/06

La prochaine séance de la Société d’histoire de la pharmacie (entrée libre) se tiendra le mercredi 20 juin 2018, à 16h30, sous la présidence du Professeur Olivier Lafont.

Elle aura lieu dans la salle des Actes, ou la salle Parmentier, de la Faculté de Pharmacie de Paris (4, avenue de l’Observatoire, 75006 Paris).

Ordre du jour

1) Accueil par le président.
2) Informations du secrétaire général.

3) Communications :

Source : Medic@

M. Henri ARONIS : Pharmacie et/ou philatélie thématique (15 min).

Mme Michèle NICOLAS et Mme Afife MAT : Le musée d’histoire de la pharmacie turque à Istanbul (15 min).

M. Claude MONNERET : Histoire d’un collyre officinal, le collyre bleu Laiter (15 min).

M. Olivier LAFONT : Variations autour de quelques décors de faïences pharmaceutiques (20 min).

 

Date : Mercredi 20 juin, à 16h30.

Lieu : salle des Actes ou salle Parmentier de la Faculté de Pharmacie (4, avenue de l’Observatoire, 75006 Paris).

Entrée libre.

Source : Medic@

Si vous souhaitez assister à cette séance, vous pouvez contacter la Société d’histoire de la pharmacie avant le 12 juin 2018.

 

Salle des Actes (4, avenue de l’Observatoire)

Retrouvez la convocation pour la séance de la Société d’Histoire de la Pharmacie du 20 juin 2018.

 

Calendrier des prochaines séances :
– samedi 29 septembre 2018 (Nancy)
– mercredi 21 novembre 2018 (séance commune avec le Groupe d’histoire de la chimie)
– samedi 15 décembre 2018 (assemblée générale)

Séance de la Société d'Histoire de la Pharmacie
Debut: 06/20/2018 04:30 pm
4, avenue de l'Observatoire
Paris
75006
FR

Un exemplaire exceptionnel des Reports of medical cases de Richard Bright (1789-1858)

Richard Bright, parmi de nombreuses autres contributions à la médecine et à la science, est célèbre pour ses travaux sur la pathologie du rein.

Portrait de Richard Bright (1789–1858). In: Thomas Joseph Pettigrew, Medical Portrait Gallery vol. 2 (1838) [Source: Wikimedia]
Célèbre ? Il a été à vrai dire plutôt dédaigné par l’histoire de la médecine en langue française.

L’importance de Bright fut pourtant très grande, et reconnue par ses contemporains, notamment français. Un compte rendu détaillé des “recherches sur l’hydropisie dépendant d’un état morbide des reins” (sur le premier volume des Reports of medical cases, 1827) paraît en 1830 dans les Archives générales de médecine. L’œuvre de Bright est abondamment discutée par Pierre François Olive Rayer (1793-1867) dans son important Traité des maladies des reins (1839-1841), et c’est à partir de 1831 que le même Rayer a travaillé sur ce sujet ou qu’il a fait travailler ses élèves de la Pitié. Toute l’œuvre de Bright fit à sa mort l’objet d’un long article d’Ernest Charles Lasègue (1816-1883) : Richard Bright, sa vie et ses œuvres. In : Archives générales de médecine, 1859, p. 257-274. “C’est un devoir pour la presse médicale, y écrivait-il en introduction, de rendre un dernier hommage à un médecin si justement illustre, et dont le nom restera éternellement attaché à une des plus grandes découvertes pathologiques de notre temps”. Cet article de Lasègue est à ma connaissance le plus long travail en français consacré à Bright.

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Les dievx de la BIV vous offrent un bel écorché pour juin

Les DIEVX retournent ce mois-ci à leurs premières amours avec cet écorché dessiné par Edmé Bouchardon et gravé par Gabriel Huquier pour L’anatomie nécessaire pour l’usage du dessein (1741).

Télécharger le calendrier de juin 2018.

À son retour d’Italie, à la fin années 1730, Edmé Bouchardon (1698-1762) produit un grand nombre d’académies qu’il fait graver par Gabriel Huquier (1695-1772)[1]. Elles sont destinées à la formation des artistes et au plaisir des amateurs. Mais Huquier ne vend pas que les recueils. Il fournit également des écorchés de terre cuite qui permettent une étude du corps humain en trois dimensions, pour qui n’a pas la chance de dessiner d’après nature[2]. En effet, la carte professionnelle du graveur et marchand montre la présence de la statuette. Il pourrait s’agir d’une simple évocation du recueil mais le catalogue de vente d’une partie de sa collection, en 1771, indique qu’il possédait «un autre écorché exécuté en terre cuite, très-utile à ceux [qui] étudient le Dessein, par Bouchardon»[3] et un «creux fait pour en tirer des plâtre[4].

De la même manière, quand il diffuse par la gravure les dessins de l’ornemaniste Juste-Aurèle Meissonnier, il a également à sa disposition des «Moules, Plâtres & Plombs, d’après Meysonier»[5] décrits comme des modèles «pour orfèvrerie et bijoux» et comme des «petits creux en terre pour bijoux, tabatières, etc.»[6].

On peut supposer que la version 3D des objets, toujours complexes, dessinés par Meissonnier, a pu être d’un grand secours au graveur dans le processus de reproduction des dessins sur la planche de cuivre.

Mais Huquier s’est également fait une spécialité : fournir le matériel nécessaire à eux qui veulent apprendre à dessiner. Et dès lors, il ne se contente pas de vendre des recueils de gravures à reproduire. Il semble qu’il ait proposé de véritables kits pour amateurs de loisirs créatifs : une anatomie et sa statuette, tirée d’après une œuvre de sculpteur de renom, des modèles de la plus belle Rocaille et un tirage qui permet de mieux apprécier le jeu des courbes et contre-courbes ou encore des estampes prêtes à être découpées, probablement mises en couleur et collées sur un paravent[7].

En éditant ses recueils en plusieurs livres, souvent par souscription, il avait devancé les Éditions Atlas et autres du même type qui proposent d’acquérir progressivement de quoi construire un petit squelette ou la maquette d’une célèbre caravelle. Mais il est vrai que les recueils d’Huquier, relativement onéreux, ne permettaient pas à tout un chacun d’acquérir pour une somme dérisoire une mandibule en plastique d’un blanc crémeux, éternellement vouée à la solitude et à la poussière, en raison du prix toujours croissant des numéros suivants.

Chloé Perrot

[1] Catalogue d’exposition 1698-1762 Bouchardon, une idée du Beau, Musée du Louvre, 14 septembre au 5 décembre 2016, p.8.

[2] Privilège en principe réservé aux élèves de l’Académie.

[3] Catalogue des tableaux, gouaches, desseins… du Cabinet de M*** [Huquier père], Paris, 1771, p.148 – 149, lot 874. La description indique « un autre écorché », pourtant, aucun autre objet identique ne figure dans la vente.

[4] Ibidem

[5] JOULLAIN (François-Charles), Catalogue des tableaux à l’huile, à gouasse et au pastel : peintures de la Chine, enluminures… de feu M. Huquier, graveur, Paris, vente du 9 Novembre 1772.

[6] Ibidem

[7] Mercure de France, Juillet 1737, p.1622.

En savoir plus

Un fascicule sur le traité de Bouchardon de 1741 : Le Traité d’anatomie d’Edme Bouchardon — communication de M. Henry Ronot

Un autre recueil de Gabriel Huquier dans nos collections : Livre de différentes espèces d’oiseaux, insectes, plantes, fleurs et trophées de la Chine : Tirés du Cabinet du Roi

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Base biographique de la BIU Santé

Une nouvelle version lancée ce jeudi

La Base biographique de la BIU Santé a été restructurée, et sa nouvelle version vient d’être publiée.

La Base biographique de la BIU Santé, le 24 mai 2018

La Base biographique, c’est aujourd’hui un ensemble de 46231 fiches nominatives, et de 83761 sources distinctes. On peut espérer y trouver des informations et des références bibliographiques sur toute personne ayant contribué à l’histoire de la santé, de tous les lieux, de toutes les époques.

 

Réorganisation des données

Sans doute l’usager occasionnel de la Base biographique ne sera-t-il pas bouleversé lors de son prochain passage par le changement qui s’est opéré.

C’est même notre souhait que ses habitudes de recherche ne soient pas trop perturbées. Un outil de recherche doit être aussi simple que possible, et il n’est pas nécessaire qu’il paraisse perfectionné ou innovant, mais seulement qu’il rende le service qu’il doit rendre, et mieux qu’hier si possible.

Donc, notre chercheur percevra peut-être, cela nous l’espérons, une meilleure organisation des données. Il trouvera peut-être que les informations qui sont données sont plus claires et mieux expliquées.

Enrichissements

Un fait essentiel est toujours difficilement perceptible lorsqu’on consulte une base de données : c’est la dimension de ce réservoir d’informations. Sur ce point, nous avons la satisfaction d’annoncer que la nouvelle version contient nettement plus de données que la précédente.

Notamment, le dépouillement systématique de quelques grosses sources biographiques systématiques (par exemple le Dictionnaire historique de la médecine ancienne et moderne d’Eloy (1778), le Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales de Dechambre (1864- 1889), ou le Dictionary of medical biography de W. et H. Bynum (2007) comblent des lacunes qui résultaient du mode de constitution de la version précédente de la base biographique. Le développement de celle-ci était en effet, légitimement d’ailleurs et très utilement, fondé surtout sur le dépouillement au fil de l’eau des entrées de documents dans les fonds de la bibliothèque. On y trouvait ainsi et on y trouve toujours des sources rarement citées ailleurs, mais on pouvait regretter que certains noms importants ne soient pas du tout présents, parce que le hasard des publications et des entrées ne les avaient pas fait rencontrer. Ces lacunes devraient être plus rares.

Prise en charge de données hétérogènes

D’autre part, la nouvelle base biographique est structurée pour pouvoir prendre en charge des données de nature très hétérogène. Essayons de nous expliquer.

Et ceci se passait dans des temps très anciens…

À l’origine, la Base biographique de la BIU Santé était un fichier bio-bibliographique. Les fiches, de très petit format, comportaient un nom, quelques informations de base (dates et lieux, profession, parfois quelques indications sur la carrière), et surtout les références bibliographiques de documents imprimés et d’articles présents dans la collection de la bibliothèque.

Ce fichier a été transformé au début de notre siècle en une base de données informatique, sur le même modèle.

Complexification

Puis, peu à peu, grâce aux possibilités offertes par l’informatique, des données assez diverses se sont agglomérées autour de ce noyau principal de références bibliographiques (qui continuait à se développer).

Aux noms des personnes présentes ont été liés les portraits numérisés dans la Banque d’images et de portraits.

On a signalé également des portraits qui n’ont pas fait l’objet d’une numérisation (souvent pour des raisons de droit de propriété intellectuelle), mais qui existent dans la collection.

On y a adjoint, grâce à la coopération de la bibliothèque de l’Académie de médecine, les appartenances à cette compagnie (“Membre de l’Académie de médecine”), ou la présence d’un “Dossier à l’Académie de médecine”. On a versé l’intégralité du contenu du Fichier Laborde, un important dépouillement d’archives effectué sous la direction de Léon de Laborde, garde général des Archives de l’Empire à partir de 1857, qui permet notamment de repérer tout un monde de médecins et de chirurgiens du XVIe et du XVIIe siècles.

Des chercheurs,  Pierre Moulinier et Jean-Marie Mouthon, nous ont permis de charger des dépouillements d’archives et des notices biographiques rédigés par eux.

À mesure que les années passaient, la base de données devenait ainsi plus riche, mais aussi plus compliquée, et plus difficile à gérer et à documenter.

Une hétérogénéité inévitable

Pourtant, il était évident que cette complexité allait encore croître : en effet, le développement de la numérisation, à la BIU Santé et dans le monde, rendait indispensable de pouvoir ajouter à la base biographique une très grande diversité de données directement accessibles en ligne et de partout, et non seulement les nécessaires références aux collections imprimées consultables sur place à la bibliothèque.

C’est cette diversité de données que nous essayons de mieux gérer dans notre nouvelle base en ligne.

On trouvera déjà de très nombreux liens entre la base biographique et les ressources biographiques que fournit la bibliothèque numérique Medic@. Des milliers de liens ont été créés, principalement vers des dictionnaires pour l’instant, et vers les précieux “Titres et travaux scientifiques”, ces curriculum-vitae dont la bibliothèque conserve une riche collection largement numérisée. Mais nous verserons prochainement d’autres ressources.

Dans les prochains mois, la base biographique permettra ainsi d’exploiter le considérable fichier manuscrit que la famille de Jacques Léonard a donné à la BIUM lors du décès de ce chercheur en 1988, qui est constitué par le dépouillement de milliers de dossiers d’archives sur des médecins de l’ouest de la France au XIXe siècle.

Nous travaillons également à repérer dans les périodiques que nous avons numérisés les nécrologies innombrables qu’ils contiennent. Si nous en avions les moyens, nous pourrions également nous attaquer à des ressources qui se trouvent dans d’autres bibliothèques numériques ou bases de données en ligne.

Nous serions heureux de nouer de nouvelles collaborations avec des chercheurs ou des institutions, que ce soit pour signaler des ressources distantes ou pour inclure directement de nouvelles biographies rédigées. Le champ est immense, plus grand que nos forces. L’intérêt permanent du public pour la biographie nous semble justifier des efforts importants.

Les utilisateurs verront également que nous avons fait notre possible pour documenter les dépouillements que nous avons effectués. Il est indispensable d’accumuler des données : il est utile aussi de dire d’où elles viennent, et quelles sont les sources qui ont été exploitées (et donc quelles sont celles qui ne l’ont pas été). De plus, certaines de ces ressources – le fichier Laborde déjà nommé par exemple – ont absolument besoin d’être expliquées : la documentation des sources est une nécessité qui est liée à l’hétérogénéité du contenu. Cet effort de documentation nous est d’ailleurs indispensable à nous aussi, pour savoir où nous en sommes et mieux organiser nos dépouillements.

Une base techniquement plus ouverte

Enfin, la base nouvelle manière est plus ouverte, et nous nous efforcerons de l’ouvrir encore davantage dans la prochaine étape technique de son développement.

Ouverture aux moteurs de recherche

Jusque là, la base biographique appartenait au «web caché», comme on dit : on n’en trouvait pas tout le contenu par l’intermédiaire des moteur de recherche du web comme Google. La nouvelle architecture devrait permettre que les moteurs de recherche viennent lire le contenu de la base, et le proposent donc à leurs utilisateurs, c’est-à-dire à nous tous.

Les identifiants d’autorité à l’horizon

Notre prochaine étape technique, dans la mesure de nos forces, sera de lier nos données avec d’autres jeux de données disponibles, plus précisément d’abord avec ce que les professionnels de la documentation appellent les «données d’autorité».

Les données d’autorité répondent d’abord à un besoin pratique de gestion des collections, en différenciant les homonymes dans les catalogues, ou en liant entre eux les différents noms d’une même personne ; ainsi on peut indiquer quel est le Jean Durand qui a écrit un certain livre (qui n’est pas le Jean Durand qui a écrit tel autre livre) ; et on peut fournir, à celui qui cherche les ouvrages de Jacobus Sylvius, ceux qui sont notés sous le nom de Jacques Dubois.

Mais l’informatique a donné un rôle accru à ces données d’autorité et aux numéros d’identification qui les accompagnent : si vous savez quel est le numéro qui désigne une personne, vous avez en principe la possibilité de joindre ensemble toutes les informations qui contiennent ce numéro d’identification. Par exemple, si vous savez que Sigismond Jaccoud a un identifiant 64023688  dans la base de données internationale VIAF, vous pouvez récupérer les informations qui s’y trouvent liées parce qu’elles utilisent également cet identifiant, notamment les diverses pages Wikipedia (https://en.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, https://fr.wikipedia.org/wiki/Sigismond_Jaccoud, etc.), les données de Worldcat Identities, mais aussi les données bibliographiques qui concernent Jaccoud dans les catalogues de bibliothèques, etc. Ce numéro pourrait permettre aussi, en principe, que d’autres outils informatiques viennent à leur tour puiser dans la Base biographique.

L’usage de ces identifiants devrait se développer dans les temps qui viennent : nous espérons que la base biographique est aujourd’hui mieux préparée à s’intégrer dans le paysage documentaire qui se met en place. Le chemin, il faut le dire, est encore un peu long pour nous, mais l’essentiel est de pouvoir le commencer.

Nous comptons sur les utilisateurs pour nous signaler les défauts qu’ils trouveront, et nous faisons appel à leur indulgence critique.

Jean-François Vincent
24 mai 2018

Expo Zanzucchi : Trace et lumière des simples et portraits d’insectes

En plus des Illuminures à la mairie du 17e arrondissement de Paris, Pierre Zanzucchi expose également dans le sud de la France : «Trace et lumière des simples et portraits d’insectes».

Cette nouvelle exposition a lieu à l’Harmas Jean-Henri-Fabre (site du Muséum d’histoire naturelle de Paris), à Sérignan-du-Comtat du 18 mai au 31 octobre 2018.

Cette bâtisse fut la «dernière demeure du grand scientifique et écrivain du 19ème siècle. Propriété classée Monument  Historique et Maison des Illustres, c’est le lieu où Fabre a observé les insectes et rédigé la plupart de son œuvre littéraire foisonnante. Il y a peint aussi quelques 600 aquarelles de champignons, rassemblé plus de 20 000 planches d’herbier léguées avec sa demeure au Muséum.»

En plus des peintures issues de l’herbier du pôle Pharmacie de la BIU Santé, l’artiste expose des portraits d’insectes inspirées des souvenirs entomologiques de Fabre. En outre, le visiteur pourra se promener dans le jardin remarquable, riche 20 arbres historiques et de 500 espèces végétales différentes plantées par le naturaliste.

En savoir plus

Le site de Pierre Zanzucchi

La page de l’exposition sur le site de l’Harmas

L’exposition virtuelle, Vies d’herbier, par Pierre Zanzucchi

L’exposition Zanzucchi «Trace et Lumière des simples» au musée d’Histoire de la médecine (2017)

Harmas Jean-Henri-Fabre, 445, route d’Orange
Sérignan-du-Comtat, Provence-Alpes-Côte-d'Azur
84830
FR

Le Syndrome de Garcin : une thèse (1927), un récit (2018)

Fin mars 2018, le récit de Jérôme Garcin, «Le Syndrome de Garcin», a reçu le prix «Humanisme et Médecine», créé en 2001 par le Collège Français de Pathologie Vasculaire, dont le thème, cette année, était : «La médecine, une histoire de famille ?»

Issu de deux lignées ancestralement vouées  à l’exercice et à l’enseignement de la médecine comme à un sacerdoce, Jérôme Garcin (Le Masque et la plume, Le Nouvel Obs) retrace la généalogie de ses ancêtres.

«Familles hippocratiques», par alliance chez les Garcin, de père en fils chez les Launay, perpétuant une  tradition endogamique, dont  les deux éminents grands-pères  de l’auteur sont issus : Raymond Garcin (1897-1971) le neurologue et Clément Launay (1901-1992),  pédopsychiatre.

«Premier de cordée», Alexis Boyer (1757-1833), fils d’un tailleur et d’une mercière, du fond de sa Corrèze «ignorait encore le protocole que sa fille allait inaugurer puisqu’il épousa Gabrielle-Adélaïde Tripot, la fille d’une blanchisseuse qui le soigna d’une fièvre typhoïde avec un simple bouillon de légumes». Ayant gagné Paris, il  devint professeur, chirurgien et baron d’Empire, donna en mariage sa fille Adélaïde à un professeur de pathologie chirurgicale, inaugurant cette dynastie de gendres, à la fin de laquelle le grand-père paternel tant aimé de Jérôme, le neurologue Raymond Garcin, s’inscrira comme sixième du genre.

Collection BIU Santé Médecine  Collection de portraits : Garcin, Raymond M. Mathieu J.
Réf. image : CIPB1710

Nostalgique de son île natale de la Martinique, Raymond Garcin, lycéen puis étudiant  boursier à Paris, affronte la 1ère Guerre mondiale, puis démobilisé, devient externe et interne dans le service du Professeur  de Clinique des maladies du système nerveux, Georges Guillain, à la Salpêtrière. Celui-ci, appréciant à leur juste valeur ses qualités morales et médicales, ne tarde pas à lui accorder la main de sa fille aînée.

Raymond Garcin fonde sa spécialisation de neurologiste sur une très grande culture générale, qu’attestent le nombre et la valeur de ses publications de pure pathologie médicale en rapport avec la neurologie. Sa thèse sur le syndrome paralytique unilatéral global des nerfs crâniens (1927) deviendra classique en quelques années sous le nom de syndrome de Garcin.

De la cruelle expérience de la deuxième guerre mondiale sortira, en 1942, Traitement des blessures et des lésions traumatiques crânio-cérébrales récentes, prix Montyon de Médecine et de Chirurgie de l’Académie des Sciences. L’humanité de Raymond Garcin, à la IIIème armée, devient légendaire et ne le quittera pas dans sa pratique. «Écoutez vos malades, ce sont vos seuls maîtres.»

L’année 1948, capitale pour lui, marque son retour définitif à la Salpêtrière, division Mazarin, où il dirige bientôt un service pilote  et crée une unité de microscopie électronique, qu’il dirigera toujours après sa retraite en 1968. Ses fonctions, professeur titulaire d’une  chaire  de clinique neurologique, secrétaire général de la Société de neurologie, vice-président de congrès neurologiques internationaux, membre de l’académie de Médecine, son œuvre publiée, importante et variée, sont à mettre au premier plan.

Même lorsqu’il se détendait en famille, en peignant d’après nature à Saint-Laurent-sur-Mer, en compagnie de son petit-fils Jérôme, «ce sémiologue ne se reposait jamais […] le monde était pour lui un malade menacé dont, en même temps, il fixait la beauté provisoire, diagnostiquait le symptôme et voulait absolument traduire le silence». On rapporte que «ses examens sémiologiques, où il faisait preuve d’une « patience contemplative presque irritante », avaient toujours la précision et l’élégance d’une « œuvre d’art »».

Clément Launay, grand-père maternel de l’auteur, est, quant à lui, spécialisé en médecine  puis en neuro-psychiatrie pour les enfants, chef de service à l’hôpital Hérold, professeur à la faculté de médecine de Paris, membre de l’Académie nationale de médecine. Les deux hommes se sont croisés, rencontrés sans être intimes.

Il avait lu Freud, était l’ami de Françoise Dolto, entreprit une psychanalyse et cherchait dans le milieu familial «la source des régressions intellectuelles, des stagnations affectives de l’enfant, de ses troubles du comportement et du langage». Clément Launay fonda  le premier centre médico-psycho-pédagogique et se consacra également à la question de l’adoption.  Il demandait à la psychiatrie de traiter différemment les adultes et les enfants, dont il avait le souci de favoriser la personnalité, l’originalité, ambitionnant de «préparer le petit d’homme à exercer plus tard sa pleine liberté, et de ne jamais empêcher un destin de s’accomplir».

Ces deux personnages, intimement liés à l’enfance et à la jeunesse de l’auteur, donnent lieu à des portraits attachants en même temps qu’au  panégyrique d’une tradition médicale qui place l’humain, l’humanité, l’humanisme au centre de sa pratique et de son éthique. Et qui possède sa propre temporalité, distincte des grandes dates du calendrier national – cours, publications, congrès,  ses hauts-lieux – La Salpêtrière, l’Hôtel-Dieu, Laennec, Bicêtre, Trousseau, Hérold, l’académie de Médecine…

Launay, Clément  Collection BIU Santé Médecine : Collection de portraits. Réf. image : CIPB1900

Et Jérôme Garcin, dont la vie a été précocement marquée par les deuils familiaux, qu’il exorcise en écrivant, de conclure : «Quelle consolation ou quelle argumentation, enfin, suis-je donc allé chercher en visitant cette dynastie de mandarins ? Peut-être l’idée toute simple que si soigner, c’est sauver des vies, écrire, c’est les prolonger.»

Emmanuelle Prévost

Bibliographie

Ouvrages de Raymond Garcin et Clément Launay disponibles à la BIU Santé, ou accessibles en ligne, bibliothèque Medic@ :

Raymond GARCIN

  1. Garcin R. Physiologie normale et pathologique des nerfs crâniens: trijumeau, nerf vestibulaire glosso-pharyngien, pneumogastrique, spinal et grand hypoglosse. Paris: Masson; 193X.
  2. Garcin R. Le syndrome paralytique unilatéral global des nerfs craniens: contribution à l’étude des tumeurs de la base du crâne thèse pour le Doctorat en médecine [Internet]. [Paris]: A. Legrand; 1927. Disponible sur: http://www.bium.univ-paris5.fr/histmed/medica/cote?epo1111
  3. Garcin R. Les ataxies: rapport de neurologie. Paris: Masson et Cie; 1933.
  4. Garcin R, Bertrand I. Etude anatomo-clinique d’un cas d’hémiballismus. Lésion dégénérative du corps de Luys et de la zona incerta. Poitiers: Société française d’imprimerie et de librairie; 1933.
  5. Garcin R, Bertrand I, Frumusan P. Etude anatomo-clinique d’un cas de syndrome de Parinaud et de myoclonies rythmiques du voile du palais. Paris: Masson; 1933.
  6. Garcin R, Bertrand I, Thévenard A, Schwob RA. Sur un cas de melanoblastome diffus primitif des centres nerveux: étude anatomo-clinique. Paris: Masson; 1933.
  7. Garcin R, Chevalley M, Bize R. Etude anatomique d’un cas de dysostose cranio-faciale. Maladie de Crouzon. Paris: s.n.; 1934.
  8. Garcin R, Halbron P. Contribution à l’étude des migraines accompagnées et en particulier de la physiopathologie des migraines ophtalmiques accompagnées. Paris: Masson; 1934.
  9. Garcin R, Petit-Dutaillis D, Sigwald J. Tumeur latente de l’angle fronto-cerebelleux révélée tardivement par un syndrome de sclérose en plaques aiguë sur la valeur diagnostique. Paris: Masson; 1934.
  10. Garcin R, Bertrand I. Etude expérimentale des lésions du névraxe consécutives aux chocs anaphylactiques répétés et aux injections réitératives espacées d’albumine étrangère: Sur quelques considérations pathogéniques applicables à la pathologie humaine. Paris: s.n.; 1935.
  11. Garcin R, Bertrand I, Laplane R. Sur certaines lésions histologiques du névraxe consécutives aux chocs anaphylactiques et aux injections réitératives espacées d’albumines étrangères chez l’animal. Paris? s.n.; 1935.
  12. Garcin R, Bertrand Y, Petit-Dutaillis D. Compression medullaire par épidurite chronique staphylococcupie chez une diabétique. Paris: Masson; 1935.
  13. Garcin R, Kipfer M. Réaction pupillaire tonique à la convergence et immobilité à la lumière au cours d’une paralysie unilatérale de la IIIe paire associée à une double atteinte trigémellaire: Excentration marquée et de topographie variable de la pupille au repos. Paris: Masson; 1935.
  14. Garcin R, Rouguès L, Laudat M, Frumusan. Syndrome thomsenien et syndrome mysoedemateurx cliniquement associés: début simultané et évolution parallèle Etude clinique. Paris: Masson; 1935.
  15. Garcin R. Sclérose en plaques familiale ou paraplégie spasmodique familiale à forme de sclérose en plaques. Paris: Masson; 1936.
  16. Garcin R, Deparis M, Hadji-Dimo A. Hémiplégie spasmodique de l’adulte avec atrophie musculaire tardive considérable: Contribution à l’étude pathogénique des atrophies musculaires de l’hémiplégie cérébrale de l’adulte. Paris: Masson; 1936.
  17. Garcin R, Kipfer M. A propos du phénomène de l’excitation pupillaire variable. Paris: Masson; 1936.
  18. Garcin R, Darquier J, Tiret J. Sur deux cas de cataplexie. Paris: Masson; 1937.
  19. Garcin R, Legrand G, Bernard P. Sur un cas de fissures osseuses symétriques imulant des fractures spontanées (syndrome de Milkman) d’étiologie inconnue avec guérison clinique et réparation radiographique sous l’influence d’un traitement calcique et vitaminé. Sur l’intérêt pronostique de la connaissance de ce syndrome. Paris: s.n.; 1937.
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Clément LAUNAY

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