De l’eau, de l’air et surtout du soleil – Les DIEVX de Juillet

Télécharger le calendrier de juillet 2017.

Les rayons du soleil n’ont pas toujours été frappés d’anathème et ont même été considérés, dans la seconde moitié du XIXe siècle, comme une source de santé.

Pour Arnold Rikli les bains de soleil étaient l’élément thérapeutique principal des cures qu’il proposait à Bled, en Slovénie. Après avoir appliqué les principes de l’hydrothérapie développés par le Dr Carl Munde à ses propres problèmes de santé, il a conçu son programme de naturothérapie qui reposait sur des immersions dans l’eau du lac de Bled, des bains de soleil, une vie simple et pratiquement dépourvue de vêtements, de la marche et un régime végétarien plutôt frugal.

La cure a rapidement gagné en popularité mais les tarifs de l’institution la réservaient à une clientèle aisée.

Aujourd’hui, les nombreux hôtels de Bled sont toujours prêts à accueillir les touristes en quête d’air pur et des bienfaits de l’eau locale. Le sentier de randonnée qu’empruntaient les curistes du XIXe siècle est toujours accessible.

Curistes de l’institut d’Arnold Rikli en randonnée. Source: alchetron.com

Alors pourquoi ne pas tenter une promenade en Slovénie sur les pas de ce guérisseur cet été, une de ses publications sous le bras mais pourvu d’un bon écran total ? Quant au régime frugal, il est fort à craindre qu’il soit contrecarré par une des spécialités locales, le Kremsita, le gâteau à la crème de Bled.

Kremsita. Source: Wikicommons

Pour en savoir plus

Chloé Perrot

Société d’Histoire de la Pharmacie : séance du 7/6

Le mercredi 7 juin 2017, la salle des Actes de la faculté de Pharmacie de Paris (4, avenue de l’Observatoire) a accueilli une séance de la Société d’Histoire de la Pharmacie.

Trois interventions se sont succédé au cours de cette séance :

1) Cécile Raynal, membre de la SHP : Le chocolat Pailhasson et les pastilles Malespine, deux confiseries fabriquées par des pharmaciens ;

2) Rached Besbes, pharmacien hospitalier de Tunisie retraité : Ali Bouhageb, pharmacien, ministre de la Santé de Tunisie sous le protectorat français ;

3) Oliver Lafont, président de la SHP : Charles Tanret, pharmacien d’officine et chercheur scientifique.

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Nouvelle numérisation à la BIU. Sentez !

Extrait de La parfumerie française et l’art dans la présentation, 1925

Née en Orient et aujourd’hui fleuron de la culture française, la parfumerieet la cosmétique en général – inscrit son histoire dans celle de l’hygiène et de la mode.

Le XIXe siècle et l’industrialisation marquent un véritable tournant avec l’avènement des procédés chimiques qui se substituent peu à peu aux produits naturels. À partir de 1860, les usines des parfumeurs quittent Paris pour la proche banlieue et Grasse est le second pôle de la parfumerie française[1]. Comme le soulignait fort justement Madame de Staël, «La parfumerie moderne, c’est la rencontre de la mode, de la chimie et du commerce».

La parfumerie française et l’art dans la présentation, 1925

 

Reflet du développement considérable qu’elle connaît depuis, La Parfumerie française et l’art dans la présentation est un volumineux ouvrage qui retrace l’histoire des différentes maisons de parfums, dont un grand nombre a disparu aujourd’hui, des pratiques commerciales et des procédés de fabrication. Véritable arrêt sur image en 1925, l’ouvrage fleure bon une époque révolue aux effluves de rose, de lavande et de violette.

La BIU Santé vous propose de découvrir cet ouvrage riche d’informations et de nombreuses illustrations sur le site de Medic@. Sa numérisation s’inscrit dans le cadre d’une collaboration avec un programme de l’ANR, Littépub, qui s’intéresse à l’histoire croisée de la littérature et de la publicité.

Pour aller plus loin

Retrouvez une sélection de ressources en histoire de la parfumerie dans un billet précédemment publié sur notre blog.

On consultera utilement notre exposition virtuelle «Secrets de beauté» dédiée à la cosmétologie et le dossier Medic@ qui lui est associé, avec une introduction du Dr Jacques Chevallier.

Nous signalons également l’exposition qui vient de s’ouvrir au Musée international de la parfumerie de Grasse : Christian Dior, Esprit de parfum (17 mai – 1er octobre 2017)

[1] Rosine Lheureux, Une histoire des parfumeurs : France 1850-1910, Ceyzérieu, Champ Vallon, 2016.

Chloé Perrot, chargée de numérisation des collections

Les DIEVX de juin invitent Caroline Muller

Ce mois-ci les Dievx de la BIV reçoivent Caroline Muller, historienne et blogueuse. Agrégée d’histoire, elle est professeure agrégée à l’université de Reims Champagne-Ardenne et soutiendra prochainement une thèse sur la direction de conscience au XIXe siècle à l’université Lyon 2.
Ses recherches touchent, entre autres, à l’histoire du genre et à l’histoire du soin et de la thérapeutique. C’est donc tout naturellement que nous lui avons demandé d’analyser l’illustration de notre calendrier du mois de juin.

Télécharger le calendrier de juin 2017.

La gravure zoomable sur notre banque d’images.

Cette caricature de Draner est parue en 1883 dans l’Almanach du Charivari. Le caricaturiste révèle le climat qui entoure les revendications des femmes qui souhaitent avoir accès à la carrière de médecin dans le dernier tiers du XIXe siècle.

La caricature suit une rhétorique plutôt classique, celle de l’inversion des sexes. On y présente les femmes dans des rôles inhabituels dans le but de tourner en ridicule celles qui revendiquent de nouveaux droits. Cette « inversion des rôles » se retrouve dans de nombreuses caricatures, par exemple celles qui visent les suffragistes. Elle constitue une violente charge contre les femmes qui voudraient devenir médecins, mais est aussi un excellent révélateur des angoisses masculines au sujet des places et rôles de genre.

When Women vote, carte postale, coll. C. H. Palczewski

Draner souligne d’abord l’incapacité des femmes à devenir médecins : elles cherchent à « se mettre à la hauteur des Princes de la science » (vignette « En consultation ») mais leurs seules qualités professionnelles sont la séduction. C’est le sens de la vignette « Vous êtes paralytique, vous voudriez marcher ? Eh bien, venez m’embrasser ». Les femmes manquent non seulement d’intelligence, mais aussi de l’autorité qui permet d’incarner la fonction de médecin : la « chirurgienne major », juchée sur son cheval, est tournée en dérision. Le titre même de la caricature renvoie à cette imposture : là où le « médecin » est une identité professionnelle à part entière, c’est la féminité qui prime dans la dénomination de « femmes médecins ». Les vignettes ne cessent de renvoyer à cette « essence » féminine : le médecin est d’abord une femme qui accouche (« mon médecin qui est en mal d’enfant ») ou une séductrice profitant de la situation pour assouvir son désir sexuel (« est-il jeune et joli garçon ? »). Continuer la lecture de « Les DIEVX de juin invitent Caroline Muller »

Chemist and druggist online

À l’instar de la BIU Santé avec Medic@, la Wellcome Library numérise également ses collections de périodiques anciens.

chemist

sequaLa Wellcome Library a donc récemment mis en ligne la collection complète de Chemist and Druggist, revue officinale publiée depuis 1859. La numérisation, qui court jusqu’à 2010, complète la collection locale du pôle Pharmacie de la BIU Santé (qui s’étend quant à elle de 1865 à 2007, avec quelques lacunes).

Vous pourrez désormais retrouver ce périodique, souvent appelée C+D, dans notre liste de revues électroniques.

À noter que les journalistes d’il y a un siècle s’intéressaient aux actualités pharmaceutiques des autres pays, et notamment la France.

En savoir plus

L’accès à la revue numérisée sur le site de la Wellcome Library.

« Chemist and Druggist » : 157 ans de pharmacie à portée de clic. Article dans le n°3291 du Quotidien du pharmacien [abonnés]

Fecit ex natura : journée d’étude du 18/11

Plus que quelques jours avant notre journée d’étude sur le métier d’illustrateur des sciences médicales du XVIe au XXe siècle, «Fecit ex natura».

fecitexnatura_final-page-001Pour mémoire, elle aura lieu le vendredi 18 novembre 2016, à partir de 9h50, dans le grand amphithéâtre de l’université Paris Descartes (12, rue de l’École-de-Médecine, 75006 Paris – métro Odéon).

L’entrée est libre et gratuite dans la limite des places disponibles.

Le hashtag utilisé pour la journée sera

Retrouvez les informations complémentaires sur ce billet de blog et notamment le programme détaillé (PDF).

expo-biu-sante-a1-page-001Attention, le service d’histoire de la santé (salle de la Réserve) sera exceptionnellement fermé pendant cette journée. La consultation des ouvrages de la Réserve ou publiés avant 1800 ne sera donc pas possible ce jour-là. En revanche les autres documents pourront être communiqués dans la grande salle de lecture.

En parallèle de cet événement, la Bibliothèque interuniversitaire de santé présente l’exposition Anatomie d’une image.

En savoir plus

Annonce détaillée de la journée d’étude

Dievx de la BIV : un caprice hygiénique

octobre2016Télécharger le calendrier d’octobre 2016.

Cette livraison d’octobre vous propose une estampe, issue de nos collections, mais dont nous savons bien peu de choses.

Elle fut publiée en 1877 par l’imprimeur Cadart, la gravure est d’Alphonse-Charles Masson (1814-1898) d’après le peintre Charles Bulteau. Elle représente une femme nue, marchant sur les mains, sous le titre énigmatique «Caprice hygiénique». La dame en question est visiblement en train de faire de la gymnastique, comme l’attestent les gants et haltères posés à terre. Mais pourquoi cette (absence de) tenue, et ce tableau de guingois dans le fond ?

Le tableau original semble être cité par René Ferdas dans son texte La physiologie expérimentale et le Roman expérimental, Claude Bernard et M. Zola  (1881) – à propos de la conception de l’artiste, sur laquelle s’opposent Claude Bernard et Zola :

«Qui ne se souvient du tableau de M. Bulteau, exposé il y a deux ans, je crois, – intitulé Un caprice hygiénique, et représentant une femme nue marchant sur les mains ? – c’est là, il me semble, une œuvre d’art originale.»

Œuvre qui aurait aussi été l’objet d’un procès à la même période, entre Mme Duval, sa propriétaire, et un théâtre qui l’aurait utilisé pour un décor. Mais ceci est une autre histoire…

Les lecteurs qui auraient plus d’informations à nous donner sur cette œuvre sont les bienvenus !

Journée d’étude : le métier d’illustrateur des sciences médicales (18/11)

La BIU Santé organise une journée d’étude le vendredi 18 novembre 2016 sur le thème :

Fecit ex natura : le métier d’illustrateur des sciences médicales du XVIe au XXe siècle

Nicolas Henri Jacob : Muscles du dos (étude). Dessin pour le Traité complet de l'anatomie de l'homme de J. M. Bourgery, 1831-1854. Paris, BIU Santé, cote : Ms 81.
Nicolas Henri Jacob : Muscles du dos (étude). Dessin pour le Traité complet de l’anatomie de l’homme de J. M. Bourgery, 1831-1854. Paris, BIU Santé, cote : Ms 81.

Sous la direction de Maxime Georges METRAUX (université Paris-Sorbonne), Chloé PERROT (université de Lille 3), Jean-François VINCENT (Bibliothèque interuniversitaire de santé, Paris).

À Paris, 12, rue de l’École-de-Médecine, grand amphithéâtre de l’université Paris Descartes (métro Odéon).

Entrée libre.

L’illustration médicale a attiré de nombreux collectionneurs et institutions en raison de son intérêt scientifique comme pour ses qualités formelles. Certaines de ces œuvres ont été abondamment diffusées et commentées. À ce jour, les métiers de cette imagerie spécialisée ainsi que les relations entre praticiens et artistes ont pourtant peu intéressé la recherche.

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Un inventaire de nos catalogues (et réciproquement)

twitterL’année dernière s’est tenue l’exposition «De l’argile au nuage : une archéologie des catalogues», à la bibliothèque Mazarine puis à la bibliothèque de Genève. Il y a été question, entre autres, du fichier rotatif Columbia de la BIU Santé – qui attise toujours la curiosité de nos visiteurs, mais qui est loin d’être notre premier catalogue.

Le plus ancien inventaire des collections de ce qui deviendra le pôle Médecine remonte à 1395. Les quelques livres qui la constituent appartiennent à la faculté de médecine, située rue de la Bûcherie. C’est dans le plus ancien des volumes conservés des Commentaires de la faculté (en cours de numérisation dans Medic@), qu’il est fait mention de treize ouvrages, dont plus un seul ne subsiste aujourd’hui.

Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que la faculté de médecine se dote d’une bibliothèque.

Sous l’Ancien Régime, plusieurs inventaires et catalogues sont réalisés et nous sont parvenus, pour deux des bibliothèques qui seront réunies en 1795 pour former la bibliothèque de l’École de santé, l’ancêtre directe de la BIU Santé : celle de la Faculté de médecine, et celle des chirurgiens.

  • l’inventaire de la donation Picoté de Belestre et d’autres donations qui ont constitué le fondement de la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris (cote BIU Santé Ms 2009 ; disponible en ligne sur Medic@) ;
  • le catalogue de la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris de J.-L. Livin Baude de la Cloye, Catalogus librorum omnium… qui pertinent ad bibliothecam facultatis medicinae Parisiensis (1745), conservé aujourd’hui à la Bibliothèque Mazarine ;
  • le catalogue de la bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris de Edme-Claude Bourru, Catalogus librorum qui in bibliothecam Facultatis saluberrimae Parisiensis asservantur (1771 ; cote BIU Santé Ms 35 et 36) ;
  • Le catalogue de la bibliothèque des chirurgiens jurés de Paris proprement dite (1739 ; cote Ms 2094) ; et l’inventaire des livres de François de la Peyronie, légués à la bibliothèque des chirurgiens jurés de Paris en 1747 (Ms 2010) ;

Ces deux bibliothèques importantes furent attribuées à l’École de santé, parmi plusieurs autres ensembles. Elles comptaient à elles deux environ 10 000 volumes à la veille de la Révolution.

La bibliothèque de l’École de santé ouvrit ses portes en octobre 1795, et changea deux fois de nom en ce début du XIXe siècle : bibliothèque de l’École de médecine dès 1796, puis – comme avant la Révolution – bibliothèque de la Faculté de médecine de Paris en 1808. Sa production d’inventaires et catalogues partiels est importante en nombre. Faire la liste de ces dizaines d’outils de travail serait très fastidieux : nous en avons recensé environ 80 !

Le grand catalogue du début du XIXe siècle est celui qui a été commencé sous la direction de Moreau de la Sarthe (bibliothécaire de 1808 à 1823), et qui continua de servir jusqu’aux années 1880 (cote BIU Santé  Ms 31 à 34). On ne peut omettre de mentionner à ses côtés les Tables annuelles des thèses soutenues à l’École de médecine, puis à la Faculté de médecine de Paris, qui, de 1798 à 1975, outil d’accès indispensable aujourd’hui encore si l’on veut exploiter à fond les dizaines de milliers de thèses parisiennes qui sont conservées à la BIU Santé (accessibles en ligne dans Medic@). Ni le catalogue imprimé des manuscrits, qui parut en 1908 dans un des volumes de l’immense Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Mais bien d’autres inventaires et catalogues partiels ont été réalisés, ou parfois seulement entrepris avant d’échouer sous le poids de la quantité toujours croissante. Parmi les succès relativement récents, on doit mentionner deux catalogues imprimés très importants : le Catalogue des congrès, colloques et symposia (1963-1969) et le Catalogue des périodiques français et étrangers depuis le XVIIe siècle (1976).

Car la croissance de la bibliothèque fut rapide. De 20 ou 30 000 volumes en 1800, elle passa à 120 000 vers 1895 et 200 000 en 1908, 400 000 environ en 1945, selon des statistiques du temps. Énorme effort de rangement, et énorme effort catalographique, réalisés avec un personnel fort limité en nombre.

La bibliothèque dut appliquer la circulaire du 4 mai 1878 sur les bibliothèques universitaires. Ce texte très important conduisit à réorganiser entièrement la cotation des ouvrages : les cotes que nous connaissons encore datent de cette période, et correspondent à une organisation purement numérique, avec des tranches par types et formats : de 1 à 4999 pour monographies de très grands formats, de 5000 à 10 000 pour les grands formats (petits in-folio et in-quarto), de 20 000 à 30 000 pour la taille inférieure (in-octavo), 90000 pour les périodiques in-octavo, etc.

À cette réorganisation physique devait se joindre la réalisation de registres d’entrée-inventaire (qui sont toujours en usage aujourd’hui pour la gestion quotidienne de la collection), et de deux catalogues : celui par nom d’auteur et titres des périodiques, que l’on voit toujours en partie derrière le «bureau central» ; et celui par matière, qu’il fut impossible de réaliser avant la fin du XIXe siècle, et qui ne concerna jamais que la partie postérieure de la collection, et pas son fonds plus ancien.

Le catalogue par nom d’auteur et titres des périodiques sur fiches fut entretenu à l’usage des seuls bibliothécaires jusqu’en 1952. Signalons qu’on peut le consulter aujourd’hui tout entier (à des fins de vérifications ou pour des recherches très spécifiques) sous le nom de «Catalogue ancien» sur notre site www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/ancien-catalogue/. Les amateurs de nostalgie catalographique en goûteront les vieilles écritures… Les plus aventureux sauront même trouver des astuces qui leur permettront de faire, dans cette version numérisée qui a rendu de grands services, certaines recherches difficiles à réussir dans le catalogue général actuel.

Ce fichier du «bureau central» donna lieu à des publications reprographiées, comme on en a fait assez souvent dans la deuxième moitié du XXe siècle : on fit ainsi une extraction des fiches des ouvrages antérieurs à 1501 pour obtenir par photocopie de ces fiches placées côte à côte un Catalogue des incunables, puis un Catalogue des livres du XVIe siècle. Et on avait entrepris une photocopie complète du fichier, qui aurait permis de le consulter sans avoir à être présent dans la grande salle de lecture : elle ne fut pas achevée.

À la toute fin du XIXe siècle, on entreprit de fournir aux lecteurs un catalogue qu’ils puissent manipuler eux-mêmes. Dans des tiroirs d’abord, puis dans le spectaculaire catalogue à roues (le fameux Columbia), il fut doublé d’un catalogue par matière. Pour les ouvrages entrés avant cette date, il fallait s’adresser au «bureau des bibliothécaires», et l’accès par matière devait se faire (et doit encore se faire aujourd’hui, d’ailleurs !) à l’aide d’autres outils bibliographiques.

Le grand fichier à roues remplaça un meuble à tiroirs en 1951. La société Columbia était spécialisée, entre autres, dans la fabrication de fichiers rotatifs – dont voici deux exemples, plus récents et plus… modestes ! Voir notre ancien billet de blog pour en savoir davantage…

columbia

1952 est une date importante pour nos catalogues : c’est celle de l’adoption du format de fiches international horizontal 12,5 x 7,5. Considérable changement, bien aussi lourd de conséquences qu’un changement de format informatique majeur aujourd’hui, et qui imposa une rupture de la continuité du catalogue, puisqu’il était réalisé jusqu’alors sur des fiches verticales. Il fallut donc changer de mobilier, comme on le voit encore dans la grande salle de lecture aujourd’hui, et cela compliqua la recherche qui devait se faire dans les deux fichiers successivement – avant et après 1952.

La grande étape suivante est celle de l’informatisation des catalogues. Le catalogage est informatisé dès 1986, mais les fichiers papier continuèrent à être alimentés jusqu’en 1989.

La rétroconversion des fichiers papier, qui a débuté en 1995 par les fichiers les plus récents, n’est à peu près achevée que depuis peu. Désormais, la plupart des recherches peuvent commencer par l’exploitation du Catalogue général.

Il ne s’agit pas toutefois d’une rétroconversion intégrale, puisque certains types de documents (certains mélanges, certains tirés à part) n’ont pas été pris en compte. La rétroconversion des catalogues de thèses progresse rapidement, mais son résultat n’est pas encore intégralement consultable dans le Catalogue général de la bibliothèque. C’est pourquoi les bibliothécaires ne sauraient, aujourd’hui, faire l’économie des catalogues sur fiches, dont l’usage s’avère parfois précieux. Et c’est pourquoi les lecteurs, lorsqu’ils ne trouvent pas une référence, ne doivent pas hésiter à solliciter les bibliothécaires !

catalogueFaut-il rappeler d’ailleurs qu’un catalogue de bibliothèque ne recense pas le détail de tout ce qui s’y trouve ? Bien souvent, nombreux sont les outils bibliographiques qui sont nécessaires pour mener à son terme une recherche.

Quant aux catalogues de la bibliothèque de pharmacie, il s’agit d’une autre histoire, qui commence à peine à être racontée

 

Traité d’anatomie de Bourgery : du nouveau sur Medic@

teteLa BIU Santé a depuis peu mis en ligne une nouvelle numérisation de la seconde édition du Traité complet de l’anatomie de l’Homme de Jean-Marc Bourgery, en couleurs, publiée entre 1866 et 1867. Les moyens techniques actuels nous permettent en effet de vous proposer une version dématérialisée plus conforme à l’original que celle réalisée il y a dix ans.

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Pour compléter cet ouvrage, nous vous offrons également l’accès, sur le portail de Medic@, à un document exceptionnel : plus de deux cents dessins de Nicolas Henri Jacob destinés à l’illustration du Traité. De nombreuses notes manuscrites complètent et documentent les esquisses ainsi que le travail préparatoire de l’artiste.

Signalons aussi à cette occasion les travaux de Martial Guédron et Olivier Poncer sur l’atlas de Bourgery et Jacob, qu’ils ont présentés en avril 2015 lors d’un séminaire organisé par le Centre André Chastel.

Chloé Perrot