Contraintes budgétaires et désabonnements 2014

[Billet original publié le 7 janvier 2014]

En raison des restrictions budgétaires 2014, nous sommes contraints d’interrompre un grand nombre d’abonnements (ressources électroniques et imprimées).

Certains droits réservés capl@washjeff.edu

Vous trouverez dans les fichiers ci-dessous la liste des accès concernés :

Toutes les ressources concernées, électroniques et imprimées (PDF, 175 Ko) ;

Revues imprimées concernées  (PDF, 500 Ko).

Certains accès ont déjà été interrompus (par ex. Conf+, que nous aurions dû prolonger en 2014), les autres devraient l’être progressivement dans les semaines qui viennent.

Grâce à la générosité de certains éditeurs, certaines ressources ont pu être maintenues, sous forme papier ou électronique (cliquez ici pour le détail des accès concernés).

En cas de besoin nous vous proposons, à titre provisoire, la solution du Prêt Entre Bibliothèques (PEB / cliquez sur ce lien).

Nous sommes désolés de ne plus pouvoir assurer un service adapté à vos besoins.

Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter.

Vous pouvez aussi nous faire part de vos réactions ou poser vos questions dans les commentaires ci-dessous.

[Mise à jour par Guy Cobolet, directeur de la BIU Santé]

Le 15 janvier 2014,

Pour répondre à certains des commentaires postés sur ce blog, je puis apporter les éléments d’information suivants :

1. les difficultés résultent de plusieurs facteurs, qui se combinent :

* un problème structurel, lié au modèle économique de l’information électronique adopté par les éditeurs à la fin des années 90. Modèle fondé depuis toujours sur le chiffre d’affaires papier. Notre bibliothèque, très ancienne, possédant la collection de revues la plus importante de toutes les universités françaises, paie donc les ressources électroniques deux ou trois fois plus cher que la plupart des établissements comparables.

* par ailleurs, étant CADIST, la bibliothèque doit (c’est l’une de ses missions nationales parmi d’autres) continuer d’acquérir des revues imprimées, les diffuser et les conserver, de manière à ce que les autres établissements soient exemptés de cette tâche et qu’il existe, dans le pays, une collection de référence et de sauvegarde.

* comme vous le savez, l’inflation annuelle du coût de la littérature scientifique varie entre 5 et 15% selon les titres, les disciplines, les pays de publication. Avec un budget stagnant depuis des années et en diminution depuis 2013 (-5%), il est bien évident qu’un jour le système ne fonctionne plus.

De 2007 à 2013, nous avions, pour maintenir l’essentiel, dû résilier 650 abonnements à des revues, et avons donc supprimé les titres les moins importants, les moins consultés.

Aujourd’hui, vu les contraintes budgétaires, c’est le cœur de la collection qui est atteint, car il constitue la seule variable d’ajustement possible qui reste (pour préserver l’offre documentaire, tous les autres postes budgétaires ont été déjà rognés dans le passé : informatique, matériels, papier photocopie, travaux, déplacements, fournitures…).

Dans ce cœur de collection, figurent des titres que la bibliothèque possédait depuis le n°1 du 19e siècle : Jama (1883), New England Journal of Medicine (1928), PNAS (1915), Nature (1869), l’Année psychologique (1895) et des centaines d’autres. Des titres complets depuis leur origine, qui constituent un patrimoine scientifique unique en France.

* enfin, pour le budget primitif 2014, l’ Université Paris Descartes fait face à des contraintes budgétaires très fortes et doit faire 22 M€ d’économies. Le budget primitif de la BIU a été réduit de 800.000€, celui du Service commun de la documentation de 500.000€, et c’est donc 1,3 M€ de ressources qu’il fallait supprimer au 1er janvier 2014 (24% du budget demandé, qui reconduisait le budget 2013).

2. Les critères de suppression :

* ont dû être conservés des bouquets de titres pour lesquels on s’était engagé dans le cadre de contrats pluri-annuels : Springer, Elsevier, CAS-ACS pour un total de 1,47 M€. Les deux revues mineures citées par M. Warlin font partie de ces bouquets.

* le solde disponible (70.000€, une fois pourvus tous les autres postes budgétaires incompressibles) a ensuite été consacré à l’acquisition de quelques ressources (revues et bases de données) dans les domaines couverts par la bibliothèque (médecine, pharmacie et odontologie en priorité, mais aussi psychologie, soins infirmiers et paramédical), en conservant aussi quelques ressources pour les étudiants, qui seront les chercheurs ou les praticiens de demain. Et l’on a tenté de préserver un certain niveau d’achat d’ouvrages.

3. À la lumière de ces faits qui, espérons-le, ne sont pas irréversibles et peuvent être amendés, la vraie question que l’on peut se poser, me semble-t-il, est la suivante :

Quelle est la place de l’information scientifique, de la documentation et des bibliothèques dans l’université, ici comme ailleurs ? Relèvent-elles du potentiel de recherche, et/ou du potentiel pédagogique, ou d’autres secteurs plus ou moins nécessaires ?

Des réponses apportées à ces questions découlent les financements.

Guy Cobolet, directeur

[Mise à jour par Guy Cobolet, directeur de la BIU Santé]

[Voir ci-dessus pour le billet original sur les désabonnements en cours]

Le 30 janvier 2014,

Quelques autres éléments d’information :

À la suite des messages reçus et publiés sur ce blog depuis le 15 janvier [voir ci-dessous], il me semble nécessaire d’apporter des précisions complémentaires sur les points suivants :

1. L’Open Access : tout le monde en parle, et la question a été abordée sur le blog de la bibliothèque.

Nous en avons présenté très rapidement l’économie générale, en effleurant la question des coûts, qui pourtant est bien réelle, car l’édition a un coût.
La formule Gold, où le chercheur paie pour être publié (1.000, 2.000, 3.000 euros l’article) et qui se développe à grands pas depuis quelque temps, mérite d’être étudiée sérieusement.
Vous l’avez compris : aujourd’hui, une revue est financée par deux sources principales : les abonnements annuels (souscrits par les particuliers et surtout par les institutions, notamment les bibliothèques) et les chercheurs/laboratoires.

Pour appréhender ce que représente en totalité le poste budgétaire de la documentation et de l’information scientifique, il me semble utile et nécessaire que l’université connaisse toutes les dépenses des uns et des autres, si elle veut se doter d’une politique efficiente en la matière. Avec le Gold Open Access, des transferts de charges (ou des additions de charges ?) sont en cours, mais personne ne connaît exactement le total des sommes consacrées à l’acte de publication. C’est bien dommage, et il est temps de se doter des outils indispensables et pertinents pour mesurer la chose.

2. Le temps est aussi venu, je crois, de revoir la politique d’achat qui prévaut en France (et ailleurs) depuis 15 ans, celle des « big deals », où l’on achète des bouquets de titres (en général tous les titres électroniques d’un éditeur, vendus en bloc), quel que soit leur contenu, au motif (avéré, mais uniquement fondé sur des pratiques commerciales discutables) qu’un big deal est moins coûteux que l’achat sélectif des quelques titres pertinents qui correspondent aux recherches et formations dispensées dans l’institution.
Un exemple, pris parmi d’autres : à Paris Descartes (comme partout ailleurs), nous sommes abonnés au bouquet Science Direct d’Elsevier, qui donne accès à 2.000 revues.

Voici les statistiques d’usage de ce portefeuille dans notre université :

  • 96 revues font l’objet de 50% de toutes les consultations ;
  • 264 revues font l’objet de 75% de toutes les consultations ;
  • 519 revues font l’objet de 90% de toutes les consultations.

Et je pourrais multiplier les exemples…
Faut-il continuer ainsi ? Stop ou encore ?

3. Je crois, pour en finir, que la seule solution n’est pas la révolution, mais ne pourra procéder que d’un partage d’idées, d’un vrai débat dans la communauté académique et d’une action conjuguée entre tous les acteurs concernés au sein des universités et de la nôtre, qui tous jouent un rôle déterminant en la matière : les chercheurs qui publient et/ou participent aux comités de lecture, les bibliothécaires qui gèrent les acquisitions et les accès, en fonction d’une politique à long terme, les usagers qui ont des besoins et leur mot à dire, et les décideurs qui doivent définir une politique fondée sur des bases solides, justifiées, adaptées et pertinentes.

Lisez le message du directeur général des bibliothèques de l’université de Montréal, qui s’est ému des suppressions d’abonnements que nous avons opérées en janvier et dont je partage entièrement la philosophie.

Lisez aussi cette interview de Paul Thirion, directeur général du réseau des bibliothèques de l’université de Liège – université qui a été l’une des premières à imposer le dépôt en Open Access pour tous les articles rédigés par ses membres.

Guy Cobolet, directeur

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101 commentaires sur “Contraintes budgétaires et désabonnements 2014”

  1. Bonjour,

    c’est tout bonnement incroyable. Comment un tel établissement, avec votre prestige et vos références, est-il contraint d’en arriver là ? C’est la première fois que j’assiste à une telle vague de désabonnement dans le monde de l’Enseignement Supérieur. Se pose alors la question du financement des établissements inter-universitaires comme le votre. Et quelles vont être les conséquences pour le personnel, désormais obligé de se former et de s’adapter à un nouvel environnement ?

    Bon courage pour la suite.
    Cordialement.

  2. De tels désabonnements sont en effet dommages, mais la BIUS demeure à Paris (et vraisemblablement en France) le plus bel exemple d’encyclopédisme médical, et de loin. Cette noble institution autorise un nombre incalculable de recherches bibliographiques et, à l’heure de la numérisation, les auteurs se font un plaisir de faire parvenir aux chercheurs du monde entier le pdf de leur article sur simple demande. Je ne pense sincèrement pas que ces désabonnements gèneront de façon significative les recherches bibliographiques des chercheurs, qu’ils soient étudiants de premier, deuxième ou troisième cycle. Nous sommes de plus tous affiliés à des laboratoires INSERM, CNRS ou AP-HP possédant en leurs noms propres des abonnements aux dites revues. Donc il est toujours possible de trouver ailleurs ce qui est devenu indisponible ici.
    La réunion de la BIUM avec la Bibliothèque de Pharmacie, le fond ancien, les activités éducatives (qui elles, sont ininterrompues), tout ceci fait de la BIUS un véritable trésor qu’il faut continuer à défendre et à aimer.

    1. Bonjour,

      Je suis interne de médecine générale, en province. Je ne suis pas enseignant chercheur, ni de l’INSERM, ni du CNRS, ni de l’AP-HP. Je finis mon internat dans 10 mois et je continuerai à soigner des patients, à enseigner auprès d’étudiants de deuxième et troisième cycle et à faire de la recherche clinique.

      J’avais trouvé un moyen de faire des recherches exhaustives grâce à BIUM Info et à notre travail en collaboration. Or maintenant que la BIU Santé n’a plus accès à certains outils comment je fais? Car oui, vous avez raison pour les articles, nous pouvons faire autrement (voir cet article: http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3250025/) et vous le savez les internes sont les rois de la débrouille pour les récupérer, le système D comme leurs seniors. Mais pour le reste (Embase, Pascal, etc.) comment faisons-nous si nous ne sommes pas chercheur?

      Je trouve vraiment dommage qu’un nombre important d’étudiants en médecine, internes et médecins (universitaire-chercheur ou non) hospitaliers ou ambulatoires (il ne faut pas les oublier) se voient privés de tous ces outils pour les aider dans leurs recherches cliniques et leur pratique courante.

      Comme souvent, apprenant beaucoup des échanges et rencontres, je suis prêt à discuter avec vous sur ce sujet.

      1. Tous les médecins ne sont pas chercheurs!!!
        Et pourtant dans notre pratique médicale courante, la recherche bibiographique est un élément essentiel. J’ai passé des heures à la BIUM pour ma thèse de médecine, et il aurait été beaucoup plus compliqué de glaner à droite à gauche les informations.
        La BIUM est ma principale source bibliographique depuis que je travaille dans un hôpital modeste qui n’a pas les moyens de s’abonner à toutes les ressources bibliographiques possibles, et je trouve ces désabonnements extrêmement dommageables. Les codes d’accès biblioinserm par exemple ouvrent à une recherche plus « fondamentale » et pas toujours très intéressante dans notre pratique.

        1. en effet, tous les médecins ne sont pas chercheurs… Médecin hospitalier en province, je dépend des ressources de la BIU Santé pour mon auto formation, et pour la diffusion de « bonnes lectures » à mes internes (nos jeunes collègues ont bien besoin d’être stimulés pour prendre de bonnes habitudes de formation continue indépendante… la diffusion de ces documents est remarquablement bien accueillie, et représente au quotidien une action modeste mais prometteuse pour la survie dans l’avenir de l’envie de lire des textes originaux par les jeunes praticiens)
          la disparition de la quasi totalité des titres de la littérature internationale (pour ma part, en neurologie) va me laisser encore plus isolé et perplexe (nos bibliothèques hospitalières provinciales, celles des centre hospitaliers généraux, ont depuis longtemps jeté l’éponge… et ne nous procurent que quelques titres « papier », chaque année remis en question… la Bibliothèque Charcot de La Salpêtrière, que j’ai fréquenté assidument, a disparu au départ à la retraite de son conservateur…)
          Je reste ahuri de constater que je ne peux plus, de retour dans les salles de lecture de la BIUS, me connecter au New England ou à Annals of neurology…
          Je m’associe aux protestations qui s’élèvent contre les restrictions budgétaires qui affligent la BIUM et rendent problématique la formation continue des médecins hospitaliers

          Dr Didier VINCENT

  3. Lamentable !!! Même en tenant compte de l’avis plutôt optimiste de Philippe Charlier c’est très inquiétant pour l’avenir. Chacun d’entre nous sait très bien que nous sommes confrontés au serrage de vis budgétaires dans tous les domaines, mais il reste que c’est très dommageable. De plus on peut s’inquiéter en se demandant si ces restrictions ne vont pas augmenter en 2015, 2016 et après. une autre question : une fois les budgets diminués, vont-ils un jour augmenter si les finances générales vont mieux ? Bien sur, ces coups de canifs ne vont pas affaiblir d’une façon conséquente l’énorme machine qu’est la BIUSanté, mais cette pente nouvelle ne laisse pas indifférent.

  4. Je suis médecin, ancien hospitalo-universitaire à Paris, avec des activités de clinicien, de chercheur, d’enseignant, et aussi d’historien de la médecine, et j’ai également l’expérience de la gestion d’une bibliothèque médicale.

    Pendant toute ma carrière et encore actuellement, c’est-à-dire depuis environ 45 ans, je fréquente assidument la BIUM – BIU Santé, car c’est une bibliothèque universitaire exceptionnelle, qui mérite largement le statut et les moyens d’une « National Library of Medicine » française qu’elle représente dans les faits.

    Quel contraste entre ce statut et cette activité d’une des plus riches et et des plus efficaces bibliothèques médicales du monde, en tout cas de loin la première de France et du monde francophone, et la terrible obligation de restreindre les ressources auxquelles la BIU Santé est confrontée ! Cette restriction est d’autant plus inadmissible que les ressources de la BIU Santé sont mises à la disposition des médecins, des étudiants, des chercheurs, et donc in fine de toute la population, par une équipe particulièrement compétente, qui illustre bien l’importance du métier de la documentation médicale.

    Je suppose que tout le monde sait que la documentation est absolument indispensable à toute activité médicale et que ce sont bien évidemment les malades qui souffriront le plus, et le plus directement, de l’invraisemblable restriction de l’accès à la documentation que représente l’actuelle suppression de l’accès à des milliers de revues, bases de données, …

    Je m’associe donc aux protestations qui s’élèveront contre les restrictions budgétaires qui mutilent les possibilités de la BIUM. Je crains que les usagers des bibliothèques ne soient pas enclins à manifester bruyamment, à mener de ces actions qui font qu’on est entendu. J’espère que les associations de malades, d’usagers de la santé, seront informés des difficultés d’information-documentation de leurs médecins, et joindront leur voix à celle des professionnels pour aboutir à un rétablissement des possibilités documentaires de médecins.

    Dr Daniel Wallach

  5. Cette vague de désabonnement est véritablement massive : 12 bases sur 22 et 8000 periodiques électroniques sur 11500!!
    il est possible en effet que les auteurs envoient rapidement un exemplaire de leur article mais qu’en est-t-il du temps perdu à le demander et à faire l’échange? sans compter le temps à trouver les coordonnées des auteurs (ils peuvent avoir changé de lieu de travail plusieurs fois entre l’article et la date de la demande).
    Il est infiniment plus rapide et efficace de pouvoir les télécharger depuis son bureau dans l’université, surtout si la recherche bibliographique implique une 20aines d’articles différents!

    Je pense en effet qu’il faut défendre cette bibliothèque et c’est justement la défendre que de demander un retour de ces abonnements

  6. Je veux bien comprendre les mesures d’austérité budgétaire et les contraintes économiques qui pèsent sur la BIUM, mais quand je vois que des périodiques chirurgicaux absolument majeurs, comme le British Journal of surgery, ou encore Archives of surgery, voire JAMA surgery, sont retirés des listes (alors que des périodiques de 2ème choix, comme le World Journal of Surgery, ou l’African Journal of Urology ont sauvé leur tête, je me demande quels ont été les critères retenus pour cette politique de raréfaction de l’information.
    J’ai l’impression d’être passé d’un haut lieu de la recherche médicale au centre de documentation d’un hôpital de sous préfecture.
    Quel gâchis!

  7. Bonjour à tous, et merci pour vos réactions.

    Des réponses aux questions posées se trouvent désormais dans le corps du billet (ci-dessus), qui a été mis à jour par Guy Cobolet, directeur de la BIU Santé.

  8. Quatre mots: solidarité, tristesse, colère, espoir.
    solidarité avec les personnels des bibliothèques qui, tous grades confondus, servent avec un dévouement « idéaliste » la recherche et la culture scientifiques,
    tristesse en constatant que l’information scientifique constitue la variable d’ajustement de « difficultés financières » nommées « contraintes budgétaires » pour la circonstance. Faut-il inclue la « désabonnance » comme branche de la « gouvernance ».
    Colère. Au-delà de la politique « néo-libérale » des éditeurs qui abusent, quel a été le coût global de la mascarade (certains parlent de « grande imposture »), appelée « évaluation de l’université Paris Descartes » par l’AERES, à la charge de ladite et/ou de ses composantes (UFR, équipes, labos,…).
    Espoir. Le pire n’est pas toujours sûr et l’on peut rêver, pour le futur proche, au beau temps retrouvé…

    1. sidéré par cette information (nonobstant l’explication remarquable de Mr Cobolet), j’ai manqué « d’r »: il faut lire « inclure » et non pas « inclue »…

  9. Merci, M. Cobolet, pour ces explications franches et directes.
    A vrai dire, le coup fait mal, très mal, puisqu’on pouvait penser qu’un établissement prestigieux et unique comme la BIU Santé, encaisserait mieux que d’aucuns les soucis financiers que connaît l’ESR. Il semble au contraire qu’il paie un tribut plus lourd que les autres, et vous expliquez malheureusement pourquoi.
    Alors que la BIU Santé est engagée dans un plan de conservation partagé, l’hypothèse irréalisable se produit (= « défaillance d’une université co-contractante »). Les circonstances particulières de 2014 pouvant se répéter ici ou ailleurs, maintenant ou plus tard, comment faire survivre la notion même de PCP sans altérer leur crédibilité ? Voila un des défis de l’année qui débute … Bien malgré vous, la BIU Santé se révèle être un cas d’école. Bon courage à vous.
    Cordialement.

  10. Oui merci mr Cobolet pour ces explications. Et espérons qu’une négociation va pouvoir se mettre en place entre l’université et les éditeurs afin d’un retour de ces abonnements papiers et électroniques avec un tarif plus raisonnable.
    Concernant, la dernière question posée : la recherche bibliographique est essentielle voir vitale pour l’enseignement et la recherche. Bien sur, on va devoir se débrouiller dans ce nouveau contexte, mais on va y perdre un temps considérable et de manière indirecte, l’université y perdra de l’argent : à cause du coût des prêts interuniversitaires ou déplacements des agents dans les autres bibliothèques de la capitale afin de faire les précieuses photocopies…

  11. Obviously, time has come to embrace open source. Nonetheless, it will be the researcher who will have to pay for his publications from his proper research funds, something that clearly has limited open source so far (in addition to the fact that new open source journals have no impact factor…).
    What comes to mind is the development of Napster type journals or Bit Torrent (it seems to work very well for copyrighted movies and songs). This should not be a problem for individual researchers and the server capacities in universities. Peer review can be done by international researchers as it basically exists for ACS and other journals and we can ask the EU to cover the editing costs (it would be peanuts in comparison to what they pay for other overhead, in particular their own, imagine just the « European Union Journal of Pharmaceutical Sciences »).

    No subscription fees and no publication fees!

    And the library can focus on maintaining its historical (paper!) collections. Maybe for the sake of preservation (clouds tend to evaporate) we could entrust a few libraries with a paper copy of those « EU » journals, but in times of budgetary constraints this is optional of course.

  12. Je suis catastrophée d’apprendre qu’en raison de restrictions budgétaires, nous, lecteurs, chercheurs ou praticiens désireux de se tenir à la pointe de l’actualité scientifique serons désormais privés de l’accès à un savoir que l’on ne peut trouver nulle part ailleurs avec autant de facilité et d’efficacité dans la distribution.
    Que cela arrive de plus à la bibliothèque de médecine et de toutes les autres disciplines de santé sise à Paris, qui est la troisième au monde, c’est plus que scandaleux, c’est faire preuve d’un mépris absolu à l’égard de ceux, Français comme Étrangers qui la fréquentent assidûment, confiants d’y trouver tout ce qu’ils sont en droit d’attendre d’une telle structure. Est-il nécessaire de rappeler que de ces connaissances à la pointe de la science dépend l’avenir de cette santé publique qui devrait être considérée comme primordiale aux yeux de nos économistes ? J’ose espérer de toutes mes forces qu’ayant tranché trop hâtivement sous des pressions désinvoltes, ceux-ci ne pourront que revenir sur cette sauvage et infiniment dramatique décision.

    Dr M. Ruel-Kellermann

  13. En réponse aux commentaires les plus optimistes (« on trouvera les documents ailleurs, il faut renégocier les tarifs »), et avec mon expérience de responsable d’une bibliothèque universitaire de médecine, je dois ajouter que cela fait plusieurs années que le monde des bibliothèque annonce la catastrophe. M. Cobolet a expliqué les raisons pour laquelle la BIUS en est une des premières victimes mais elle n’en sera pas la dernière, et si rien ne change, l’accès à l’information scientifique deviendra de plus en plus difficile au fur et à mesure que les désabonnements (ou les restrictions d’usage) gagneront d’autres établissements et institutions (y compris CNRS, Inserm, APHP).
    Je ne crois pas que les éditeurs de ressources électroniques, appuyés sur leurs quasi-monopoles, soient prêts à se montrer moins gourmands. Ils sont en fait en voie de diversifier leurs modes de commercialisation, et de trouver de nouveaux clients (vaches à lait?) en faisant payer non plus les bibliothèques et les institutions de recherche (payer pour lire) , mais aussi les chercheurs individuellement ou collectivement (payer pour publier).
    Une importante voie de lutte serait de réapproprier l’information scientifique aux chercheurs et aux institutions de recherche qui la produisent, et de promouvoir le libre-accès à l’information scientifique.

  14. Dans ce cas, on se retrouve devant une situation vraiment difficile :
    publier dans les revues libres d’accès, OK, cela semble très bien
    cela semble vraiment idéal d’avoir un libre accès à l’information scientifique partout dans le monde, la recherche n’en sera que facilitée
    mais en attendant le virage complet (soyons optimistes) de tout le monde vers ces revues, les articles déjà publiés ou en cours de publication dans les autres revues deviennent inaccessibles car plus d’abonnements nulle part….
    bref un vrai casse -tête… et concrètement, comment fait-on pour avoir l’information scientifique (sous quelques formats que ce soit : papier ou électronique) ?

  15. Je ne m’attendais pas à ce que la BIUS soit la première bibliothèque universitaire à être aussi sévèrement touchée par l’effondrement des ressources budgétaires de l’enseignement supérieur. Mais il ne fait aucun doute que bien d’autres suivront.

    Ce que je trouve le plus ironique, c’est que les seuls éditeurs à ne pas avoir encore été touchés par cette vague de désabonnements sont précisément les mastodontes de l’information scientifique et technique : Elsevier, Springer, ACS (du fait du caractère pluriannuel des contrats).

    Cette catastrophe documentaire aura au moins le mérite d’attirer (enfin) l’attention des acteurs de l’ESR sur l’invraisemblable racket que représente l’accaparement des résultats de la recherche par les multinationales de l’édition scientifique et technique.

    Ce n’est qu’à partir du moment où les chercheurs seront privés d’accès au texte intégral de leurs revues habituelles qu’il seront forcés de se pencher sur ce problème. Et bien nous y sommes, au moins pour les secteurs de la médecine et la pharmacie.

    A mon avis, il ne fait aucun doute que nous devons désormais nous tourner vers le mouvement de l’Open Access. A ce propos, voici de quoi alimenter votre réflexion :

    http://openaccess.inist.fr/?-Archives-ouvertes-

  16. Une question essentielle a été posée dans la mise au point faite par M. Cobolet. Quelle est la place de la bibliothèque dans l’université ? Et par voie de conséquence auprès des chercheurs, des enseignants et des étudiants ? Une des fonctions essentielles d’une bibliothèque est de donner au chercheur la possibilité de se tenir au courant des recherches contemporaines, donc de fournir cette documentation indispensable. Comment enseigner et transmettre un savoir si l’on n’est pas soi-même informé et si la documentation de haut niveau reste inaccessible au risque de devenir réservée à des chapelles ? À l’heure où le mot de patrimoine devient courant, obliger une des plus grandes bibliothèques publiques de France à s’amputer d’une partie de son propre patrimoine documentaire, est impensable et choquant. Choquant par rapport à la politique dynamique et volontariste de diffusion et de partage des connaissances initiée par la direction et le personnel particulièrement compétent et efficace de cette grande bibliothèque, qui ne trouve pas la reconnaissance de ce travail de longue haleine, bien au contraire, qui est touchée au cœur de sa fonction. Choquant aussi pour les professionnels de la santé et les étudiants inscrits dans des cursus universitaires et autres formations, qui ont besoin de cette documentation pour acquérir et maintenir un niveau de connaissance élevé indispensable pour l’avenir de la médecine et de la santé publique (ou alors devront-ils aller chercher individuellement cette documentation sur les sites payants des éditeurs ?). On peut aligner les services offerts, les offres de formation aux outils de la documentation, les réponses à des demandes précises de documentation, la présence aux journées du patrimoine et aux autres grandes manifestations ouvertes au public, la mise en ligne de documents, la participation du personnel aux activités de recherche, de documentation et d’enseignement…. qui font de cette bibliothèque un lieu unique connu pour sa richesse et sa diversité, à Paris, en province et à l’étranger. Je veux espérer que le nombre de soutiens sera suffisamment élevé et de sources différentes (professionnels de la santé, universitaires, étudiants, historiens de la médecine et des SHS) pour que cette politique d’accès et de divulgation d’une documentation et d’une culture scientifique de haut niveau soit reconnue comme critère d’excellence.

    Jacqueline Vons,
    Enseignant-chercheur honoraire de l’Université François Rabelais de Tours (CESR)

  17. Je ne peux que partager les réactions de mes collègues et trouve particulièrement lamentable ce véritable massacre à la tronçonneuse de la documentation de notre Faculté.
    Il y a longtemps que je pense que les gouvernants, quels qu’ils soient, font en sorte que les systèmes universitaire et hospitalier n’arrivent jamais à fonctionner au mieux, par crainte de voir se constituer des groupes de pression trop influents.
    A l’instar de René Céolin, l’on pourrait ajouter la branche « massacrance » à la « gouvernance » !

  18. Comme beaucoup de fidèles de la BIUM devenue BIUS, j’ai découvert avec surprise la suppression de nombreux abonnements, dont des revues majeures. Je lis et comprends que cette décision n’est pas de votre fait mais ces restrictions sont très préjudiciables pour la formation continue, l’apprentissage permanent des médecins et les capacités de publication, sans omettre la qualité des soins aux patients. Je souhaiterais interpeler les autorités sur l’impact de ces restrictions budgétaires qui vous sont imposées en écrivant au ministère responsable car il existe une risque majeur d’appauvrissement intellectuel médicale. Comment peut-on favoriser l’innovation, la recherche en ignorant ce que d’autres font ? S’agit-il du ministère de la santé ou de l’enseignement ?

  19. Simple praticien hospitalier en centre hospitalier non universitaire, j’avais pris l’habitude de passer 1 ou 2 jours par an à la bibliothèque rue de l’Ecole de médecine, pour faire le « plein de biblio ». A la place, s’il n’y a plus rien à lire ici, j’irai faire les boutiques. Tant pis pour les protocoles de service, pour les petites publications que je faisais et pour les présentations en congrès. A la place, j’aurai des chaussures neuves.

  20. C’est affligeant et dramatique…Chercheurs, médecins, pharmaciens, doctorants et étudiants vont perdre une source phénoménale d’informations ….Et on nous demande de faire de l’excellence ! Comment faire de l’excellence avec des moyens de pays en voie de développement ! On ne peut que comparer cette baisse d’un 1,3 M € du budget de la BIUM au coût des Opérations Extérieures de l’Armée Française en 2013 : 1,25 milliards € (http://www.bfmtv.com/economie/1-25-milliard-deuros-depenses-militaires-exterieures-2013-640996.html). Il y a des choix politiques à faire !
    Que faire ? Une campagne de presse, une pétition ? une manifestation ?
    Je reste à votre disposition.
    Pr Jean Dupouy-Camet, Paris Descartes, Membre du Conseil national des Universités

  21. La nouvelle de la disparition d’une grande partie des abonnements papier ou en ligne,m’ a tellement surpris que j’espérais avoir mal compris,tellement ce fait me semblait impossible.Hélas non,la lecture des commentaires ci dessus me laisse craindre le pire.Une bibliothèque littéraire ou générale peut et doit garder les éditions de Balzac ou de Proust jusqu’à la fin des temps.Leur intérêt ne change pas avec les siècles.Un livre médical est dépassé au bout de 10 ou au mieux 15 ans. Un lecteur a indiqué qu’il y avait la possibilité de s’adresser aux bibliothèques du CNRS,de l’ INSERM,de l’AP-HP.Ayant travaillé à l’AP-HP,mais n’y étant plus,je doute que je puisse avoir accès à cette bibliothèque.Quand au CNRS,à l’INSERM….. Mais,c’est surtout pour les revues que la question se pose.Dans chacune de nos activités,il y a une ou deux revues principales,irremplaçables.Mais,souvent, d’autres revues dites secondaires,publient des articles très inintéressants.Il n’est pas possible de s’abonner à 6 – 7 voir 8 revues. Le rôle d’une bibliothèque est d’offrir la possibilité de consulter ces revues,elles se complètent, permettant de se tenir à jour dans des domaines vastes et variés. Qu’est ce qu’une bibliothèque sans revue? un musée.

  22. La prise de décision de fermer les accès online de bouquets de périodiques et/ou de supprimer un nombre énorme de titres papier me laisse « sans voix » !!!! La BU de Santé est juste incontournable quand les professionnels de la santé ont besoin de « matières premières » (articles-livres-thèses-book series….). Nulle part ailleurs, je trouve la diversité d’accès aux documents. Je suis une professionnelle de l’information depuis plusieurs années et là je réponds à quelques commentaires : NON, je ne trouve pas tous mes documents sur les bouquets online : INSERM – CNRS – JUSSIEU – APHP !!! Je viens depuis plus de 10 ans chercher tous les 10 jours des bibliographies pour les professionnels de santé pour lesquels je travaille. Je suis, de ce fait, très inquiète de l’avenir que nous réserve cette prise de décision inopportune et déstabilisante !!! Le travail bibliographique est en grand danger si les différents accès aux documents sont verrouillés. Toute la communauté scientifique du monde de la santé va être impactée dans leur quotidien : suivi des patients – intervention dans des séminaires ou congrès – intervention dans les enseignements – développement dans la recherche fondamentale etc… et en plus ils n’auront plus d’accès à leur propre production bibliographique (les éditeurs n’envoient plus les pdf finaux des articles aux auteurs !!!!). Cela a déjà commencé depuis 1 mois !!!! Faites le savoir autour de vous !!!

    Nathalie Haslin

  23. Bonjour,
    Je réagis au message de Mr COBOLET, en date du 30 janvier 2014.
    Il est malheureusement inévitable que la crise économique actuelle touche la BIUS.
    Toutefois, il me semble qu’un oubli a été fait concernant les participants au débat. A mon sens, les utilisateurs doivent également y être conviés.
    Je me tiens également à votre disposition.
    Cordialement,

  24. C’est malheureux mais je pense qu’il fallait en arriver là pour qu’on ait la chance que peut-être un jour le ministère arrête ce délire et déclare que les publications générées par les deniers publics mis dans la recherche font partie du domaine publique et sont librement accessible. Je suis même sûr qu’en tant que chercheurs on est prêts à se cotiser pour payer au ministère un serveur où mettre à dispo une fois pour toutes les publis!

    PS: je reprends un chiffre hallucinant cité sur le blog de la BU de Montréal et qui en dit long (et on se demande où vont tous les sous de la recherche??): En 2012, l’éditeur John Wiley & Sons a déclaré des profits de 437 millions pour des revenus de 1 milliard de dollars canadiens. (et ce n’est pas le seul éditeur!)

  25. Bonjour,

    J’aurai une petite question un peu provocante.
    Serions-nous devenu un pays sous-développé ou en voie de développement en ce qui concerne la recherche documentaire, voire même pire encore.

    Je vous dis cela après une expérience forte enrichissante. Je travaille sur l’écriture d’un papier avec deux de mes collègues dont un vient d’Afrique, d’un pays en voie de développement. Nous avions du mal avec mon autre collègue français à trouver nos articles en texte intégrale avec nos deux BU provinciales réciproques. Et bien, il nous a montré qu’avec Hinari (www.who.int/hinari/fr/‎) il avait accès à un nombre important de revues médicales qui l’aidaient à faire de la recherche documentaire aisément. Il va bientôt repartir. C’est dommage nous ne pourrons plus « profiter » de lui.

    Voici donc mes conclusions:
    A bien y réfléchir, plutôt que des enseignants chercheurs (INSERM, CNRS) me fassent ma recherche et me trouve mes articles puis mes les transmettent (ce qui est proposé par l’un d’entre nous plus haut), ce qu’il ne pourra faire au vu de son travail, je préfèrerai que nous demandions à Hinari si au vu de notre situation, nous ne pouvons pas être classer dans les pays en voie de développement pour la recherche documentaire et que nous puissions avoir des codes.

    Quelqu’un pourrait-il m’expliquer comment ça marche Hinari? Merci.

  26. Je vous remercie de ces explications et j’ai lu avec intérêt les réactions, je constate que beaucoup de chercheurs pourront effectivement obtenir les articles par les services de documentation de leurs laboratoires ; en revanche, concernant les associations de personnes malades et en situation de handicap, il n’y a pas cette possibilité et quand bien même les conseils scientifiques des associations de personnes malades peuvent aider les administrateurs d’associations, un service public comme celui de la BIUS est précieux. Il s’agit bien de l’accès à l’information.

  27. Je réagis au message de Mr. Cobolet du 30 janvier 2014.
    La BIUS est une institution prestigieuse, incontournable pour les chercheurs, les praticiens et les étudiants. Les coupes budgétaires, qui se traduisent par l’abandon des abonnements, sont alarmantes. Je suis bien décidé à participer aux actions qui pourraient être entreprises.

    François Delaporte, professeur émérite de l’Université de Picardie.

  28. Même en période de crise, de telles restrictions brutales et massives et leurs inévitables effets ne sont pas justifiables, si l’on considère que ce qui contribue à l’enrichissement culturel, à la connaissance, ce qui aide à la recherche et complète l’enseignement universitaire sont un investissement pour l’avenir. Dans ce domaine, la Bibliothèque de l’Ecole de médecine, la BIUM a toujours joué un rôle essentiel. Un large mouvement d’opinion doit se manifester, et ces mesures devront être révisées.
    Michel Caire, psychiatre des hôpitaux, docteur en médecine, docteur en histoire.

  29. Je suis profondément choquée par la sévère amputation du budget de la Bibliothèque interuniversitaire de santé et je m’associe aux protestations qui s’élèvent contre cette mesure qui conduit à l’interruption d’un grand nombre d’abonnements. Puisque cette interruption atteint le coeur de la collection, c’est maintenant la définition même de la mission de cette bibliothèque prestigieuse qui se trouve altérée et les conditions de son fonctionnement régulier qui sont compromises. Comment accompagner et soutenir les activités d’enseignement et de recherche, si l’accès aux ressources documentaires les plus récentes se trouve réduit de façon aussi importante? Le débat souhaité par Monsieur Cobolet sur la place de l’information scientifique et de la documentation fiable dans l’université est légitime.
    Il est essentiel que la plus importante bibliothèque médicale de France puisse continuer à permettre un accès facile à l’information la plus récente dans des domaines qui évoluent aussi rapidement que la médecine, la chirurgie et la thérapeutique. Cet accès aisé aux ressources documentaires scientifiques les plus contemporaines est d’abord un atout considérable pour les étudiants en fin d’études, puisqu’il leur permet d’acquérir un niveau élevé et actualisé de connaissances. Il l’est aussi pour les chercheurs et praticiens des formations de santé, car il leur permet de se maintenir dans le contexte de la compétitivité internationale. C’est ensuite une garantie indispensable à la qualité de l’accès à la formation continue des médecins et praticiens en exercice. La discontinuité dans les abonnements aux revues équivaut à une perte de la qualité d’un instrument de travail indispensable et fiable.
    La situation est d’autant plus regrettable que le travail de l’équipe compétente, efficace et dynamique de la BIUS a un impact identifiable: les connexions sur le site, particulièrement riche de la BIUS, sont nombreuses chaque jour; les questions posées par les lecteurs, sur place ou à distance, sur des questions d’actualité médicale, chirurgicale, ou d’histoire de la médecine, trouvent des réponses précises et rapides.
    Il serait donc préjudiciable, d’une part, aux usagers de la BIUS et d’autre part, au rayonnement international de cette grande bibliothèque au fonds patrimonial remarquable et judicieusement mis en valeur, que l’université maintienne sa décision de restrictions drastiques. Je forme des voeux pour que l’université revienne sur cette décision, afin de permettre à la BIUS de fonctionner dans les conditions qui lui maintiennent son niveau d’excellence.
    Annie Bitbol-Hespériès

  30. Je ne vous cacherai pas ma surprise et ma colère de constater que des abonnements papiers ou en ligne sont supprimés!! Est-ce vraiment possible pour une bibliothèque de renommée internationale? Que font les tutelles pour laisser cet état de fait qui aura pour conséquence de pénaliser les chercheurs et les étudiants?
    Directeur d’une école de kinésithérapie depuis de nombreuses années, j’encourage nos 240 étudiants à découvrir cet univers non seulement sur le plan culturel mais aussi pour l’aide précieuse à la réalisation de leur mémoire de fin d’études. Afin qu’ils puissent utiliser au mieux les ressources proposées par la BIUS, elle assure de plus la formation de nos étudiants à la connaissance et à la recherche des bases de données mises à disposition. Cette décision est très inquiétante pour l’avenir du fonctionnement de Notre bibliothèque. Nous espérons que notre soutien et celui des internautes pourra faire modifier les décisions tranchées, qui ne prennent en compte les conséquences sur la formation et la recherche. Quid de l’avenir?

  31. La BiuSante est la bibliothèque française de référence dans le domaine médical et l’Ecole nationale vétérinaire d’Alfort en fait un grand usage tant elle est complémentaire de sa Bibliothèque en matière de formation des étudiants vétérinaires. Nous les y envoyons très régulièrement notamment pour la préparation de leur thèse de doctorat vétérinaire. Au delà de cet usage d’enseignement, les enseignants-chercheurs de l’Ecole d’Alfort en sont de grands utilisateurs.

  32. Bonjour, encore lui et oui.

    Une question: quand la bulle « économique Elseviospringowiley » va péter, comment cela va se finir pour les chercheurs, les médecins, les infirmières, les masseur-kinésithérapeutes, etc.?

    Est-ce que cela va faire comme pour les banques? C’est le particulier (patient) qui va payer? On paye déjà trois fois…nous pouvons peut être nous arrêter.

    Billet à lire: http://scoms.hypotheses.org/119

    Quelle action, pouvons-nous mener? Un article dans le monde est déjà paru.
    Le « fair use » en France pourrait-il être un moyen intéressant?

  33. I am very concerned that the BIUSanté may have to reduce its number of important subscriptions to the current medical literature. The Library’s collection of old and rare books relating to the history of medicine in France is one of the largest and most important in Europe; it serves not only Paris, but the world with its extensive holdings. Ensuring that important journal titles in its collection (such as the New England Journal of Medicine and Journal of the American Mediccal Association) are complete, is of the utmost importance; the Library’s mission is not only to give access to this material but to preserve it for future generations of scholars. Paris and the BIUSanté run the risk of falling behind important academic libraries in the United States in terms of collections and services if these budgetary reductions are made.

  34. Triste.
    A la société d’études et de recherches historiques en psychiatrie (SERHEP), nous sommes heureux et fiers de préparer nos Expositions d’Histoire de la Psychiatrie, avec, entre autres la BIUS. Alors même que momentanément handicapée, je ne pouvais faire de grands déplacements, j’ai continué à y faire des recherches et des découvertes, grâce à la numérisation. J’aime la BIUS. Pour préparer les recherches qui mènent à nos Expositions, j’ai l’habitude de fouiller partout, et toujours aussi à la BIUS. Je sais que le trésor est là, et qu’on y veille, je sais que la numérisation a été faite très tôt et très bien. J’y envoie nombre de chercheurs et d’écrivains. Comment obtenir une attention vigilante pour préserver les choses qui comptent vraiment ? Pétitionner? manifester ? écrire ? Ou autre chose ? J
    e veux bien !

  35. La Bibliothèque Inter-Universitaire de Santé est ce lieu privilégié unique en France où l’enseignant, le chercheur, l’étudiant… éclairent leur savoir à la lumière de l’histoire de leur discipline et le confrontent aux publications les plus récentes.
    Faut-il penser que les restrictions budgétaires imposées s’inscrivent dans une politique d’effacement d’une mémoire à l’instar de la politique muséale des grandes collections médicales entreposées dans les hôpitaux ou les universités ?
    Faut-il penser que le repliement ainsi obligé soit le symptôme d’une incapacité à inscrire notre recherche dans ce qu’il est convenu d’appeler la mondialisation ?
    La Bibliothèque Inter-Universitaire de Santé serait-elle simplement victime d’un système éditorial gouverné par le profit ?
    La protestation doit être forte, et ce d’autant que les personnes qui animent ce lieu font preuve d’un professionnalisme et d’un dévouement remarquables. Cette protestation doit s’inscrire à différents niveaux :
    – l’institution universitaire qui impose ses choix ,
    – les Ministères dont les actes vont à l’encontre des discours qu’ils tiennent.
    C’est donc à la communauté scientifique toute entière qu’il revient de réagir. Chacun conviendra que cette protestation doit être également constructive. Certaines propositions ont été ici faites. Volontiers, nous opterions pour que le mécénat privé (qui peut-être existe déjà) supplée la carence institutionnelle et que mieux que payer pour être publié, l’on paye pour avoir accès à la publication.

    Bernard DEVAUCHELLE, PU-PH à l’Université de Picardie Jules Verne.

  36. Je souhaiterais ajouter que ce noble institut n’est pas réservé aux étudiants dans leur faculté et aux chercheurs dans leur laboratoire, mais que des médecins en activité l’utilisent également dans l’amélioration de leur pratique quotidienne, individuelle ou collective (protocoles de service) au service des patients.

  37. Une bibliothèque scientifique ce n’est pas un objet fini comme oeuvre patrimoniale. Elle devance et elle prolonge dans le temps les générations qui s’en servent. C’est donc comme un arbre généalogique qu’on coupe, cette décision. Quelle tempête sur notre civilisation pour que les priorités soient ainsi fauchées!
    Nous sommes des personnes qui avons choisi de réfléchir à nos pratiques. Nous avons besoin des livres, des revues, d’un outil de travail qui nous permette d’écrire, de diffuser, de confronter et non pas de recevoir la connaissance sans critique et dans confrontation.
    Réagissons et faisons comprendre l’importance d’un outil essentiel de la démocratie à défendre et à protéger.
    Caroline Mangin-Lazarus, psychiatre, membre de la SFHM, de la revue Superflux

    1. Ce ne sont pas les priorités qui sont fauchées, c’est notre ministère qui l’est…
      Merci madame pour ce rappel inspiré par une (trop?) belle conception de l’humanisme .
      Je crains malheureusement qu’elle ne soit pas comprise par les valets, serviles ou trompés, d’un pouvoir vermoulu…qui nous a mis en faillite (nous sommes aussi contribuables).
      La bibliothèque d’Alexandrie a été incendiée au moins deux fois. Il n’en reste rien aujourd’hui et la terre tourne toujours. On peut donc espérer qu’un jour, ailleurs, la flamme sera ranimée (la vie n’a cure des vivants), et qu’on n’entendra plus, pour « expliquer ces choix budgétaires », des justifications pitoyables du type « quand j’entends le mot culture, je sors mon désabonnement »…

  38. A titre personnel et comme Secrétaire Général de l’Académie Nationale de Chirurgie, je pense qu’il tout à fait désolant – au moment où nous constatons auprès des jeunes, un engouement pour la recherche en chirurgie – qu’il ne soit plus possible d’accéder à l’ensemble de la Bibliographie internationale qui constitue le trésor inestimable de la BIU Santé.
    Les Membres de l’Académie de Chirurgie ont également pour leurs travaux, besoin d’avoir recours à ces sources indispensables.
    La Recherche médicale et chirurgicale peine en France à trouver sa place vis-à-vis des pays étrangers, il est donc indispensable de la soutenir, plutôt que d’en réduire les ressources.
    Dans le choix des coupes budgétaires, inévitablement nécessaires, celle-ci ne parait pas la plus opportune !

  39. En tant que rédacteur en chef de La Revue du Praticien, revue qui est victime, avec bien d’autres, des restrictions économiques drastiques qui affectent les abonnements souscrits par la BIUS, je souhaite apporter les commentaires suivants :
    – il est très triste qu’une institution aussi prestigieuse et utile, et avec laquelle nous avons toujours collaboré, soit réduite à cette situation. Compte tenu de la notoriété de la BIUS, ce n’est pas un symbole positif pour l’enseignement et la recherche médicale française ;
    – l’abonnement à une revue comme la nôtre, qui n’appartient pas à un puissant groupe de presse international et qui n’est pas disponible dans un « bouquet » proposant des centaines d’autres titres, est avant tout la manifestation d’un soutien qui nous est indispensable. Le coût de l’édition d’une revue de qualité est très élevé. Dans le cas de La Revue du Praticien, il est presque exclusivement supporté par ses abonnés. C’est dire combien le désengagement de la BIUS est un signe négatif.
    – Enfin, par ses abonnements, la BIUS soutenait symboliquement deux formes de presse qui ont un besoin urgent d’être défendues : d’une part, une presse de formation de qualité qui, si elle n’a pas les mêmes objectifs que les revues scientifiques éditant des travaux de recherche originaux, a un rôle incontournable dans la formation des étudiants et des médecins. D’autre part, une presse médicale francophone : que les visiteurs de la BIUS n’y trouvent plus La Revue du Praticien, le Concours médical, Prescrire, La Revue médicale suisse et bien d’autres encore, n’est-ce pas aussi une forme de renoncement à défendre la langue française ?
    Pour toutes ces raisons, nous continuerons à adresser à la BIUS, mais dorénavant gracieusement, la version « papier » de La Revue du Praticien afin que soit préservée la continuité de la collection (intégralement conservée depuis la fondation de La Revue en 1951) et aussi, pour qu’en ne cessant d’affirmer notre présence dans ce lieu, nous puissions contribuer à le défendre dans la période difficile qu’il traverse.

    Jean Deleuze, Rédacteur en chef de La Revue du Praticien

  40. Il est infiniment regrettable de réduire les possibilités d’accès à la littérature internationale, à un moment où de toutes parts, nos jeunes et moins jeunes collègues, sont sollicités pour renforcer leur épreuve de Titres et Travaux.
    Cette restriction s’explique certes par une réduction des crédits alloués à la BIU Santé, mais elle aura inévitablement des conséquences très négatives sur l’accès à l’information et aux travaux de nos étudiants et de nos chercheurs.
    Elle va à l’encontre de tous les discours tenus par nos dirigeants qui encouragent la production scientifique de notre pays. Dans le même temps nous assistons à contrario, au maintien voire au développement de ces mêmes moyens dans les pays européens, nord-américains et même dans les pays émergents (Chine…).
    Il faut espérer que cette mesure sera rapidement révisée.

  41. En tant que chirurgien praticien ayant beaucoup publié et continuant à le faire, en tant que membre du bureau de l’Académie de Chirurgie comme Archiviste Bibliothécaire, je m’associe pleinement au mouvement de soutien de la BIUM initié par son directeur M. Cobolet dont la réputation n’est plus à faire et dont la notoriété est internationale. Cette BIUM est à la fois un patrimoine exceptionnel que la France se doit d’entretenir et un outil de travail et de recherche ultramoderne unique que nous devons développer au bénéfice des jeunes générations de praticiens et de chercheurs.

    Dr P. Marre, membre du Bureau de l’Académie nationale de chirurgie

  42. La Bibliothèque interuniversitaire de santé, notre bibliothèque à tous, celle des chercheurs, des professeurs, des étudiants, des historiens, toutes générations mélangées, vient d’être frappée par des mesures financières catastrophiques, obligeant sa direction à se désabonner de la plupart de ses revues. Plus de revues, plus de savoir ; plus de savoir, plus de médecins ; plus de médecins, plus de déserts, mais un seul immense désert où refleuriront des rebouteux peut-être, si les savoirs ancestraux refont surface. Plus de français non plus d’ailleurs, puisque les premières revues supprimées sont forcément les revues francophones, moins « prestigieuses ». Encore moins de revues italiennes. La générosité des uns et des autres est remarquable : ainsi telle revue italienne de mon cercle sera offerte ; et Jean Deleuze (cf. supra) continuera d’ « adresser à la BIUS, mais dorénavant gracieusement, la version « papier » de La Revue du Praticien afin que soit préservée la continuité de la collection (intégralement conservée depuis la fondation de La Revue en 1951) ». Honte à un État qui transforme en mendiants les meilleurs des siens, et qui rend impossible l’exercice d’un devoir essentiel des institutions savantes, assurer la continuité du savoir.
    Danielle Gourevitch, directeur d’études à l’École pratique des hautes études.

  43. En tant que chirurgien et rédacteur en chef des e-Mémoires de l’Académie, je ne comprends pas cette mesure qui condamne l’efficacité du travail de recherche que l’on recommande aux jeunes chercheurs et aux futurs chirurgiens français qui souffrent d’un manque de soutien pour publier leurs travaux et les mettre en valeur.
    Cette bibliothèque que je fréquente régulièrement est le plus souvent pleine mais faute de place il m’est arrivé de repartir. Elle est donc très attractive. Je proteste avec vigueur contre cette situation néfaste car elle supprime l’accès aux revues récentes, impossibles à obtenir sur la toile ou hors de prix pour des étudiants et des chercheurs.

    Pr Bernard ANDREASSIAN
    Rédacteur en chef e-Mémoires
    Académie Nationale de Chirurgie

  44. Cette situation est inadmissible et scandaleuse!
    Je ne comprends absolument pas que M. le directeur de la BIUS n’ait pas réussi à maintenir les abonnements des revues électroniques, en s’appuyant sur la solidarité de tous les enseignants-chercheurs de Paris-Descartes.
    Qu’attendent les professeurs d’université de médecine, et le doyen de Paris V au premier chef, pour rétablir la situation?
    Il en va de l’honneur de la médecine française pour former ses jeunes apprenants.

    Ecrivons tous une lettre de protestation et de dénonciation au doyen de Paris-Descartes, à l’Académie de médecine, au ministère de la Santé, etc…
    Il ne manque pas d’instances et de relais de poids tout de même pour faire face et exiger le minimum minimorum!

  45. Ayant été informé de la situation actuelle de la BIU Santé, autant par mes confrères que par des professionnels de la documentation, je tiens à réagir au nom de l’Académie nationale de médecine.

    Les importantes collections qu’elle a constituées au fil des années ont rendu la BIU Santé unique et incontournable dans le paysage de la documentation médicale, en France. Elles sont nécessaires aux chercheurs, aux praticiens et aux étudiants, tant sur place qu’à distance, grâce aux nombreuses ressources qu’elle propose en ligne ou par le biais du prêt entre bibliothèques. Les académiciens n’hésitent pas à y avoir recours dans le cadre du travail des commissions.

    La BIU Santé joue également un rôle moteur dans la préservation et la conservation des périodiques médicaux, en se portant garante de la conservation complète de plus de cinq mille titres de périodiques médicaux. La Bibliothèque de l’Académie nationale de médecine collabore elle-même activement à ce plan de conservation partagée des périodiques médicaux d’Île-de-France, en parfaite harmonie avec la BIU Santé.

    C’est pourquoi je ne peux que déplorer l’ampleur des restrictions budgétaires qui affectent aujourd’hui la BIU Santé. Je souhaite exprimer le soutien de l’Académie nationale de médecine à la BIU Santé dans sa recherche de solutions et veux rappeler que les particuliers mais également les institutions et les bibliothèques médicales doivent pouvoir continuer à s’appuyer sur le dynamisme et les capacités documentaires de la BIU Santé.

    Pr Raymond Ardaillou
    Secrétaire perpétuel de l’Académie nationale de médecine

  46. Je suis effaré !
    Après avoir été émerveillé pendant 25 ans (depuis ma thèse) par les ressources formidables de cette bibliothèque, je la vois dépouillée, sacrifiée…
    Recherche sur le Lancet (obscure petite revue de médecine)…
    Réponse : The article or journal you have requested is not available to
    UNIVERSITE RENE DESCARTES PARIS 5. We have detected that you do not have sufficient credentials to access this record. Please contact your library administrator for assistance.
    Quelle misère !

  47. I love this library – truly an international treasure. Under the leadership of Guy Cobolet, the library (and its history of medicine museum) is a virtual friend in France for the world, not to mention a rich accessible resource for French-speaking West Africa.

    J’adore cette bibliothèque – vraiment un trésor international. Sous la direction de Guy Cobolet, la bibliothèque (et son histoire de la médecine musée) est un ami virtuel en France pour le monde, de ne pas mentionner une riche ressource accessible pour l’Afrique de l’Ouest francophone.

  48. Quelle nouvelle! Les contraintes budgétaires frappent la BIU Santé, l’obligeant à interrompre cette année des centaines d’abonnements de revues. Bien entendu, chacun trouvera moyen de pallier la défaillance pour obtenir la revue désirée. Mais que penseront les prochaines générations de chercheurs devant des collections momentanément (dans le meilleur des cas) interrompues ? Si personne ne conteste la nécessité d’économies, ce gardien du savoir médical unique en France qu’est la BIU Santé, au rayonnement international, devrait avoir un budget sanctuarisé. Quelle responsabilité prend l’Université de rattachement avec une telle décision ! Sans réaction des chercheurs, pourquoi les décideurs s’arrêteraient-ils de poursuivre dans la même voie au cours des prochaines années?

  49. Depuis l’antiquité (bibliothèque d’Alexandrie), les bibliothèques sont l’outil principal de recherche et d’enseignement. A Harvard, première Université de la classification de Shanghai, la bibliothèque est au centre du campus et a beaucoup fait pour son rang. La BIUM est depuis toujours la bibliothèque de l’actuelle Faculté de Médecine de Paris jusqu’en 1968. Grâce à ce développement, la BIUM est à égalité avec les grandes Universités et Compétitive sans la moindre restriction. L’interruption des abonnements, c’est sa destruction. C’est une bibliothèque qui Brûle… B.Launois MD; FACS (H); FASA (H), FRCST (H)
    Président de la Commission Internationale de l’Académie de Médecine

  50. Alertés par certains de nos membres impliqués au quotidien dans la recherche documentaire concernant la médecine bucco-dentaire, mais aussi parce que nous travaillons en parfaite harmonie avec la BIU santé, notre réaction se veut immédiate et solidaire.
    Nous nous interrogeons en académiciens, donc garants de l’histoire de notre profession, sur l’impact d’une politique documentaire restrictive, alors même que nos chercheurs, nos doctorants, nos historiens, nos académiciens se nourrissent d’un nombre de plus en plus grand de références et sont demandeurs de plus d’informations.
    Le rôle de fédérateur entre les différents services communs de documentation qu’occupe la BIU doit perdurer et pour ce faire, les réserves importantes de richesses documentaires en sa possession doivent être préservées.
    Le président de l’Académie nationale de chirurgie dentaire et le bureau souhaitent que la BIU ait demain les moyens d’une politique scientifique nationale efficace.

  51. Combien de réabonnements possibles avec la suppression d’une quinzaine de députés, d’une poignée de sénateurs, d’une pincée de secrètaires d’état à attributions folkloriques ? Financer des sinécures redondantes (et fréquemment népotiques!) est, en France, depuis longtemps prioritaire sur le financement de la recherche.
    Mais cela, Monsieur Cobolet, je comprend que vous ne puissiez le dire. Alors acceptez qu’un vieux médecin se charge du rôle peu glorieux du grognon populiste et sénile.
    Je reviendrai, néanmoins, car mes passages chez vous, me sont toujours agréables et (jusqu’a quand ?) utiles.
    Dr Jean-Pierre Aymard
    Metz

    1. l’aeres, agence d’escrocs évaluateurs, c’est au moine 12,5 millions d’euros de locations de locaux rue Viviennne, par an…..

  52. vous écrivez dans votre explication « les revues les plus importantes, les plus consultées »:il arrive qu’un article devienne important rétroactivement comme la publication princeps de l’inutilité du DES dans les Map (université de Chicago 1952) je n’ai pas encore localisée ce « papier » en France malgré une référence bibliographique exacte, d’où l’interet de conserver des sauvegardes systematiques papier dans au moins une bibliotheque universitaire

    1. Bonjour et merci pour votre commentaire. Il s’agit probablement de la référence suivante:
      Does the administration of diethylstilbestrol during pregnancy have therapeutic value? / DIECKMANN WJ, DAVIS ME, RYNKIEWICZ LM, POTTINGER,RE. in: Am J Obstet Gynecol. 1953 Nov;66(5):1062-81.
      Nous possédons la collection complète de cette revue.
      Il est bon en effet que la mémoire de cette équipe de recherche qui a fait du bon travail soit conservée. Elle l’est, ici, à la BIU Santé, disponible pour tous. En tant que bibliothèque de référence dans les disciplines de santé au niveau national nous espérons poursuivre notre mission de conservation du patrimoine imprimé dans la longue durée.
      Hélène Gautier-Gentès
      Conservateur, responsable du service questions-réponses BIUM-Info

  53. Mesdames et Messieurs les commentateurs,
    Tous ces messages de soutien postés sont bels et bien bons, leur unanimité chauffe le coeur.
    Cependant, qui sont les responsables dans cette histoire et quelles sont les forces de pression susceptibles de renverser la vapeur?
    J’en appelle donc à tous les décideurs, quelle que soit leur fonction, pour exiger instamment le rétablissement des abonnements.
    Nos chers Maîtres de l’Académie de Médecine sont les premiers concernés par ce devoir.
    Un blog de désolation ne suffit pas: engagez-vous au plus haut niveau au nom de votre réputation!

    Cordialement.

  54. Aucun médecin n’aurait eu le toupet de tailler dans les ressources bibliographiques.
    C’est absolument suicidaire pour la recherche et le développement de la médecine française!

    Reprenons le pouvoir des mains des technocrates gestionnaires débiles pour les rendre à ceux qui font la médecine: aux médecins!

  55. J’ai appris avec effarement la coupe sombre qui était faite dans les crédits de la BIU Santé mettant en péril le fond documentaire des périodiques.

    J’ai présidé le Conseil de la BIUM de 1979 à 1993. En 1979 j’ai pris cette fonction en même temps que madame Yvonne GUÉNIOT était nommée directrice de l’établissement. Le BIUM venait d’être créée sur Paris V, Paris VI, Paris VII et nous avions en outre mission de mettre en place le CADIST. Pour atteindre l’exhaustivité de documentation qui nous était
    demandée sur tous les supports, nous avions organisé d’emblée un réseau de bibliothèques dont j’ai eu le plaisir d’apprendre qu’il fonctionnait encore. J’ai poursuivi cette activité avec Madame Pierrette CASSEYRE qui a succédé à Madame Yvonne GUÉNIOT.

    Membre de l’Académie Nationale de Médecine, je préside actuellement la Commission XIX – « Langage médical – Dictionnaire de l’ANM – Bibliothèque ».

    Il m’est insupportable de penser que les très riches collections des périodiques de la BIUM dont tous les chercheurs, tous les médecins ont besoin pour poursuivre leurs travaux sont mises en péril, alors que l’on sait la rapidité avec laquelle évoluent les connaissances
    scientifiques en médecine. La répercussion d’une telle décision économique va se faire sentir sur l’ensemble des bibliothèques qui concourent à la constitution du réseau de documentation. C’est au total l’ensemble de la documentation médicale française et la diffusion de la pensée médicale française qui se trouvent mises en jeu.

    Je ne suis pas le seul à pousser ce haut cri d’alarme mais, en raison de l’intérêt que je porte à votre établissement depuis des décennies, je ne pouvais taire mon indignation.

    Pr. Jacques HUREAU, membre de l’Académie nationale de médecine

  56. Je ne comprends pas que le contribuable finançant la recherche publique ait autant de difficulté à accéder à ses fruits.

    En tant que responsable de la préparation à l’agrégation en Sciences de la Vie, Sciences et la Terre et de l’Univers de l’Université Paris-Sud, et membre du conseil de la Société Botanique de France, je suis un utilisateur régulier des ressources mises à notre disposition par la BIUS.
    Je forme en particulier les futurs enseignants de SVT (Science de la Vie et de la Terre).
    Sur beaucoup de thématiques, l’enseignement de la biologie n’est en retard que de quelques années sur le monde de la recherche. La formation initiale comme la formation continue des enseignants s’alimentent donc nécessairement de publications scientifiques, dont beaucoup se trouvent ici.
    Par ailleurs, quels sont les moyens dont dispose un enseignant qui a fait ses études il y a 20 ou 30 ans pour se mettre à niveau dans ses connaissances ? La BIUS permet, par la quantité de publications mise à disposition, une autoformation complémentaire indispensable dans un contexte où l’éducation nationale et l’enseignement supérieur ont dû mal à assumer financièrement la formation des enseignants.

    A une époque où beaucoup de préoccupations sociétales, de controverses Science-Société touche le domaine des Sciences de la Vie et de la Terre, quelles armes voulons-nous donner à nos enseignants pour les aider à offrir aux futurs citoyens une formation de qualité : transmettre des connaissances actualisées, leur apprendre la spécificité d’une démarche scientifique, éveiller leur esprit critique …

    Ces restrictions budgétaires privent de connaissances ceux dont la mission est de la transmettre.

    La fonction sociale de cette bibliothèque va donc bien au delà du monde médical.
    Je regrette très vivement que cet outil indispensable soit autant maltraité, c’est proprement choquant.

    Samuel Rebulard
    Préparation à l’agrégation
    Sciences de la Vie, de la Terre et de l’Univers.
    Université Paris-Sud 11, Ecole Normale Supérieure,
    Muséum National d’Histoire Naturelle

  57. Bonjour

    Je trouve vraiment dommage d’interrompre des collections commencées il y a si longtemps pour économiser un peu d’argent, que l’on pourrait trouver autre part. C’est la construction du patrimoine de l’université et son rayonnement que vous êtes en train de déconstruire. En plus étant une bibliothèque inter-universitaire, elle sert à encore plus de gens. Je suis moi-même d’ailleurs et j’étais enchanté quand on m’a répondu qu’on avait la revue que je cherchais depuis les éditions de 1925 !

    J’espère vivement que vous pourrez faire quelque chose pour endiguer le phénomène et retrouver le sens des priorités.

    Chaleureusement

    Nayan Marchal, étudiant en 3ème année à Paris VI ( 😉 )

  58. Plutôt que de faire pression sur les décideurs afin que les pouvoirs publics paient la facture, ce qui résoudrait peut-être (à très court terme) les problèmes des abonnements électroniques de la BIUS, il me semble plus judicieux de se pencher sur les tenants et aboutissants du modèle économique dominant aujourd’hui dans le secteur de l’édition scientifique.

    A cette fin , je vous recommande la vidéo suivante (en anglais) :

    http://youtu.be/L5rVH1KGBCY

    En 8 minutes et 23 secondes, cette vidéo explique pourquoi le modèle alternatif de l’Open Access peut apporter une solution pérenne au problème de l’accès aux publications scientifiques.

    1. Monsieur,
      je vous remercie pour votre commentaire.
      Comme vous, je suis persuadé que l’Open Access est un modèle en plein développement, d’avenir et légitime.
      Sera-t-il le modèle unique demain ? Je l’ignore, pensant que l’édition scientifique peut être l’affaire de plusieurs intervenants (les éditeurs commerciaux que nous connaissons, d’autres à venir, et les institutions publiques qui commencent à s’en emparer, dans certains pays).
      Cette diversité permettrait en tout cas d’introduire une saine concurrence dans un secteur où actuellement il n’existe qu’une fausse concurrence (à tendance monopolistique) dans un marché captif.
      Pour ce qui nous concerne à la bibliothèque, nous allons prochainement modifier notre offre de services telle qu’elle apparaît sur les pages d’accueil de notre site web : depuis deux mois, les personnels ont été mieux formés aux ressources en open access, et nous allons donc mettre ces ressources en évidence sur notre site : elles sont nombreuses, mal connues et méritent en effet, comme vous le dites, d’être explorées, utilisées plus largement et valorisées.
      Guy Cobolet, directeur BIU Santé

  59. Le lien entre la Société botanique de France et la Bibliothèque interuniversitaire de Santé est à la fois ancien et vital pour notre société.

    Il nous permet d’abord, à moi-même comme à de nombreux membres de la Société qui s’en sont ouverts à moi, l’accès à un fonds riche et diversifié. Le dépôt à la Bibliothèque de la partie la plus précieuse de notre propre fonds a rendu celui-ci plus accessible à nos membres, mais aussi au public. La qualité du fonds contemporain de la Bibliothèque complète le fonds ancien pour permettre de mener les recherches transdisciplinaires. Bien sûr, la Bibliothèque fait un travail de numérisation extraordinaire; néanmoins, un certain nombre d’ouvrages et de documents plus spécialisés ne sont pas actuellement disponibles en ligne. La possibilité pour nous tous de pouvoir les consulter à la Bibliothèque constitue une plus-value considérable, sinon unique pour nos travaux. Elles les distingue de travaux qui eussent été faits simplement avec ce qui est disponible en ligne. L’accès à la Bibliothèque est donc un pivot essentiel de notre compétitivité scientifique, qui nous distingue à coup sûr de bien d’autres communautés scientifiques étrangères.

    Enfin, notre lien a connu ces dernières années un enrichissement supplémentaire, avec l’organisation de colloques alliant le savoir-faire organisationnel de la Bibliothèque et l’invitation des orateurs par la Société. Ce partenariat nous a permis de réaliser des colloques (sur la biodiversité, la domestication, et bientôt l’agroforesterie) dans un cadre prestigieux et d’accès facile, nous assurant un nombreux public. Bien plus, les conseils des collègues de la Bibliothèque ont fait sortir notre panel d’orateurs d’un cadre trop strictement disciplinaire, seulement botanique ou biologique. Sur la forme, comme sur le fond, ces manifestations ont suscité la plus grande satisfaction du public, content de colloques réellement pluridisciplinaires.

    Enfin, l’hébergement de notre site web par la Bibliothèque, et sa mise à jour régulière, a augmenté le rayonnement de notre société savante. Il a notamment permis la diffusion des actes des colloques organisés conjointement.

    Nous sommes gré à la Bibliothèque Interuniversitaire de Santé d’avoir conclu ce partenariat fondamental pour la Société botanique de France: ce lien nous a permis de renouveler nos activités, et nous espérons le développer à l’avenir.

    Marc-André SELOSSE, Président de la Société Botanique de France

    Professeur du Muséum national d’Histoire naturelle, Paris
    Département Systématique et Evolution, UMR 7205 ISYEB

  60. Je suis etonné des difficultés rencontrées par BIUS.Je vais parfois à Ste Geneviéve et il me semble que le fonctionnement est le^même qu’il y a quelques années.Avec autant de personnel.On y trouve un grand nombre de revues,à jour,et des livres récents dans tous les domaines.Je vais assez souvent à la bibliothéque PMF ou Tolbiac.C’est le grand luxe.Il y a beaucoup plus de livres qu’ici.Et surtout;il y a un grand nombre de revues de Droit dont le coût des abonnements est élevé (250-350 euros,voir plus) Toutes ces revues sont reliées par année et cela doit avoir un coût.Et du moins il me semble;on y trouve les mêmes revues qu’il y a quelques années et tous les abonnements continuent.Des travaux de ré aménagement ont été faits durant les derniéres grandes vacances.D’ou vient cette différence de moyen financier?A Tolbiac,la crise,connais pas!Ah,si,une différence,les écrans des ordinnateurs sont plus petits.Bon courage tout de même.

  61. Un petit supplement pour indiquer que la BIUS doit etre abonnée aus revues médicales d’intérêt mondial.Souvent,lors d’un staff dans un hopital,les Hautes Autorités médicales citent des articles que l’on ne peut consulter qu’ici (papier ou internet) cela est indispensable car la Medecine évolue vite.Ces revues sont des références indispensables.Un médecvin ne peut abonné à 4 ou 5 revues Dans mon domaine je viens réguliérement consulter 5 à 6 revues ,si je ne peux les consulter ici je ne les trouverai nul part ailleurs.Je ne suis pas chercheur,mais j’ai absolument besoin d’etre au courant de l’évolution.

  62. Je tiens à m’associer au mouvement de soutien à la BIUS dont témoignent les messages postés ci-dessus : enseignante à l’Université de Bourgogne depuis plus de dix ans, je ne peux faire mes recherches sur l’histoire de l’ophtalmologie antique que grâce à la documentation exceptionnelle publiée en ligne par la BIUS. Ces restrictions budgétaires sont catastrophiques pour tous les chercheurs travaillant en province ou à l’étranger.

  63. Depuis plusieurs années notre société utilise avec bonheur les services de la BIU pour documenter les dossiers et contrats que nous menons pour l’industrie pharmaceutique. Pharmacologie, toxicologie et clinique sont nos principaux axes de recherche nous permettant de rédiger des parties de dossiers d’AMM ou de rapports bénéfice/risque. La facilité d’accès, la grande diversité et la qualité des sources proposées nous sont d’une aide précieuse.
    Ce service fonctionne à la satisfaction de l’industriel que je suis ; évidemment cela ne devait pas durer. Le bon fonctionnement d’un service et la satisfaction des clients ne rentrent sans doute pas dans les critères d’évaluation des  »hauts » technocrates décisionnaires. La survenue de cette coupe budgétaire démontre une fois de plus que dans certaines  »grandes » écoles, l’apprentissage de la manipulation des ciseaux passe avant la fréquentation des bibliothèques.
    C’est bien dommage. En tous cas, pour la BIU Santé.

  64. Les revues papiers et informatiques sont souvent inutiles pour les externes.

    Ce que l’on attend d’une bibliothèque médicale, ce sont les livres pour préparer l’ECN :

    Collèges (dermato, ophtalmo, pediatrie, rhumato, urgence-réa, pneumo, médecine interne
    KB (Cardio, endoc, Gyneco-obstétrique, hépato-gastro, ortho, psychiatrie, santé publique,
    Pilly (maladies infectieuses)
    Medline (Neuro, ORL)

    Le top des livres : http://www.leblogmedical.fr/?p=445

    Sinon la bium est un endroit super pour travailler!

    1. Pour la préparation du concours de l’internat, beaucoup de collections imprimées sont en effet très utiles, comme vous le faites remarquer justement.

      Malheureusement, les désabonnements ont également touché des ressources électroniques précieuses pour les externes : Conf+, par exemple, qui était un outil très apprécié des étudiants (d’après nos statistiques d’usage), une ressource à laquelle nombre d’entre eux ont dû s’abonner à titre personnel.

      David Benoist pour la BIU Santé

    2. Bonjour Monsieur,
      Vos réflexions sont intéressantes et m’ont interpellé.
      Elles prennent toute leur place dans l’item 12 de l’ECN.
      Oui, je suis d’accord avec vous la BIU santé est un lieu agréable pour travailler, pas seulement son examen Classant National mais aussi pour apprendre et découvrir plein de choses sur la médecine et sa pratique de tous les jours : l’EBM et l’EBP.
      Ces deux pratiques sont indispensables de la mise à jour des connaissances que nous acquérons par la lecture d’articles.
      Savez-vous par exemple que les recommandations sur lesquelles se basent nos livres de l’ECN sont tirées de revues médicales. Il peut parfois être intéressant d’aller voir les revues de la littérature dans des revues comme les CME du BMJ, les Seminar du Lancet et en français les questions traitées dans la Revue du Praticien Monographie écrites par des membres des collèges des enseignants (merci à l’éditeur de fournir cette revue à la BIU Santé gracieusement pour que les étudiants hospitaliers puissent préparer leur ECN) pour faire le point. (Le Seminar du Lancet sur la SEP en 2008 est très bien).
      Je me rappelle bien m’être sorti de l’incompréhension de l’anémie hémolytique et ses méandres, quand j’étais comme vous étudiant hospitalier et que je révisais mon ECN, en utilisant une revue de la littérature d’une revue française.
      Dans le futur concours, l’iECN, si j’ai bien tout compris et j’en suis ravi, une importance plus grande sera donné à la réflexion médicale. J’invite alors ceux qui seront concernés par ce nouveau type d’examen, de jeter un œil aux Case report du New England Journal of Medicine et ses « Clinical Problem Solving » ou aux cases reports de nos revues françaises. Un case report par semaine, 5 à 8 pages cela peut aider.
      Enfin, je finirai par ce résultat de l’étude menée par Morgan Rouprêt, Laurent Karila et leurs co-auteurs dans « L’apprentissage de la « médecine fondée sur les preuves » est-il influencé par des facteurs déterminés ? Résultats d’une enquête nationale auprès de 1870 étudiants français en sixième année de médecine » (http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/20466510). Il nous indique que « La lecture fréquente d’articles médicaux en français ou en anglais était associée avec un meilleur rang de classement à l’EBCN ».
      Si cela n’a pas trop changé avec le temps, généralement les biens classé(e)s aux ECN Blancs étaient également les biens classé(e)s aux ECN. Cette information peut être intéressante pour tous ceux qui préparent leur ECN.
      Poussez les portes de vos BU Santé, ce monde plein de richesses insoupçonnées. Utilisez les bibliothécaires même lors de votre préparation à l’ECN quand une question vous semble obscure, ils / elles peuvent parfois vous aider à trouver des papiers pour vous aider.
      C’est pour ces raisons que je suis effrayé par la perte de toutes ces informations par la BIU Santé et par d’autres de nos BU santé en France. Car après l’ECN, il y a tout un monde encore à apprendre… et les revues papiers ou électroniques ont tout leur sens.
      Je reste à votre disposition pour échanger sur ce sujet.
      Ludovic Hery.

  65. La BIU Santé, c’est la BNF du secteur santé. Lorsqu’on ne trouve pas une référence dans notre bibliothèque universitaire, on se dit « au moins je le trouverai à la biu santé ». Si nous, étudiants, chercheurs, n’avons plus cette garantie, que nous reste-t-il ? Il est essentiel que la BIU santé puisse maintenir la totalité de ses abonnements, sinon, elle devient une BU de médecine ordianire parmi d’autres…

  66. Cette atteinte à un fonds de documentation capital pour les professionnels et chercheurs en santé est une aberration d’énarques en folie. Malheureusement, elle n’est pas la seule.

  67. Nul ne saurait aujourd’hui contester la nécessité de réduire les dépenses de l’Etat si l’on considère les conséquences actuelles d’une crise quasi constante et planétaire.

    Toutefois les réductions nécessaires, proportionnées aux contraintes certes, mais justement réparties ne devraient en aucun cas affecter l’outil de travail que constituent les bibliothèques universitaires, essentiel à tant de parties prenantes et principalement aux étudiants dont la formation est ainsi compromise.

    Tant d’exemples aux conséquences désastreuses et durables sont fournis par l’histoire lors de destructions accidentelles ou volontaires de bibliothèques célèbres (Alexandrie, Cordoue…) ! Au-delà de ce risque d’obscurantisme, il conviendrait de considérer le désaveu que ces mesures exceptionnelles de restriction (plus de 50% des bases et plus de 70% des e-revues) représentent pour les personnels de quelques niveaux qu’ils soient et dont le dévouement et l’efficacité ne sont plus à démontrer.

    Pour les bénéficiaires de la BIU, certes certains pourront s’accommoder de compromis notamment par le biais de contacts avec les auteurs d’articles mais que de temps et d’efficacité perdus quand la compétition internationale est permanente.

    La médecine comme la pharmacie mais aussi toutes les disciplines, y compris l’histoire des sciences, qui nécessitent les sources documentaires indispensables jusqu’alors disponibles dans les deux établissements parisiens de la BIU (Pharmacie et Médecine), méritent mieux qu’un traitement subsidiaire permettant l’ajustement budgétaire de l’université.

    Retraité, je m’associe en tant qu’ancien enseignant et encore fervent utilisateur de la BIU, aux protestations de mes confrères pharmaciens actifs, pour m’indigner face à cette situation qui met en danger l’avenir et l’excellence nécessaire de nos métiers de santé déjà malmenés par ailleurs. Un retour à la raison des décideurs est indispensable.

  68. C’est bien triste, pour ne pas dire honteux, de constater le déclin de nos institutions françaises. La BIUM est pour moi le porte-drapeau de l’excellence de notre médecine et de ses prétentions. Haut-lieu de formation et de recherche, qui m’a toujours impressionnée par la qualité sans faille de ses services, on peut la considérer comme un temple sacré. Conserver l’excellence de notre patrimione culturel et institutionnel, la qualité de notre formation médicale, et le prestige de notre profession est un impératif aussi bien pragmatique que symbolique, à l’échelle nationale et internationale, pour les professionnels comme pour les profanes, pour ne pas faire le premier pas sur le chemin du déclin. Restrictions budgétaires? La boite de Pandore est ouverte.

  69. La BIU Santé a doit supprimer tous ses périodiques, le coeur du coeur de l’information médicale! Tout le monde en parle! C’est la scandale absolu! Pourquoi ? Est-ce parce qu’il s’agit de « LA » BIU ? Paris et la médecine ne sauraient tolérer tel scandale!
    Mais vous oubliez que c’est la situation depuis très longtemps des bibliothèques scientifiques, à Paris comme en province, car vous avez, comme d’habitude, tendance à oublier la province. Depuis plus de 20 ans, les bibliothèques scientifiques ont du supprimer, titre après titre, une grande majorité de leurs abonnements. Que la BIU le fasse en une seule fois, en une seule année, signifie tout simplement que la BIU a été privilégiée: elle a survécu vingt ans de plus que les bibliothèques scientifiques. Qu’elle se retrouve au même niveau que les autres bibliothèques, on ne peut pas s’en réjouir, certes, mais c’était fatal, inévitable.
    Qu’est ce que cela signifie? Une BU ou BIU devrait-elle se retrouver dans cette situation? Non, bien sûr que non. Cela signifie que les BU en réalité ne sont pas intégrées aux universités. Elles sont toujours, malgré les textes, des excroissances, des appendices, maintenant des appendicules, dont les universités ne se sentent pas responsables, qu’elles peuvent laisser tomber, mourir, en disant: ce n’est pas de notre faute, c’est la faute au ministère qui ne donne pas assez d’argent. Peut-on imaginer qu’une université déciderait de fermer son service administratif, essentiel à son fonctionnement, au prétexte que le ministère a diminué subventions? Non, bien sûr! Alors pourquoi une université (ou des universités dans ce cas) laisse(nt) LEUR bibliothèque couper tous ses abonnements, c’est-à-dire l’euthanasie(nt)? en en rendant responsable le ministère.
    Les responsables, ce sont ces universités qui n’ont pas intégré la bibliothèque à leur fonctionnement, sinon sur le papier. Dans une université normalement constituée, comme au USA par exemple, les budgets ne sont pas séparés: tout est en commun et la BU n’est pas mise à mort: chacun prend sa part de la richesse ou des restrictions, si elles arrivent.
    Il est temps de changer le mode de fonctionnement et de financement des BU/BIU. Pourquoi les étudiants payent-ils un droit de bibliothèque et les enseignants, dont la documentation coute des fortunes, devraient-ils tout avoir gratuitement? Le droit d’utiliser la BU doit-il être payant pour les uns et gratuit pour les autres? N’ont-ils pas le même besoins documentaires, dans les mêmes conditions?
    Que messieurs et mesdames les enseignants-chercheurs cessent donc de verser des larmes de crocodile ou pousser des cris d’orfraie. Qu’ils regardent la réalité et leur responsabilité en face.

  70. Bonjour, je suis attérée par la diminution de la liste des revues consultables. C’est tout simplement pitoyable. Encore une fois nous sommes la risée de nos confrères européens. Comment voulez vous publier des articles si vous n’etes même pas capables d’accéder à une revue de la littérature correcte. La BIUM était encore une des rares bibliothèques capables d’avoir un large bouquet de revues en ligne.

  71. Bonjour,
    C’est une mauvaise nouvelle de voir la culture et le savoir bradés pour des raisons budgétaires.
    Vous avez tout mon soutien et la revue Humanitaire continuera de vous être adressée gratuitement dans sa version imprimée.
    Par ailleurs, la revue étant en Open Access, chacun est libre de la consulter sur son site : http://humanitaire.revues.org
    Bien cordialement
    Boris Martin, rédacteur en chef de la revue Humanitaire

  72. Cette nouvelle de la restriction des budgets pour la bibliothèque inter-universitaire de santé de Paris n’est pas seulement douloureuse et attristante, c’est presque un scandale et une offense faite à la recherche médicale. Certaines institutions sont certes protégées car elles ont leur accès autonome aux bases de données. Tant mieux! Mais qu’en est-il des étudiants et de tous les professionnels de la santé qui ont comme unique et précieux instrument cette merveilleuse institution à qui l’on doit tant, et dont les racines remontent à Louis XV, bien avant la révolution Française. Nous sommes encore un pays moderne et merveilleux par l’histoire, la culture, le patrimoine et les caractéristiques climatiques et géographiques. Sans parler de son peuple pétri d’intelligence. Une partie inestimable du patrimoine français est conservée par la bibliothèque de santé de Paris, et l’on parle d’amputer ses futures références du savoir! Puisse ce coup de fer à chaud dans la plaie suintante être réversible et que la bibliothèque soit en mesure de reconstituer plus tard ces précieuses collections que de stupides restrictions budgétaires lui amputent à compter de 2014. Il en va aussi de la qualité des soins distribués en France aux malades. La France n’est pas condamnée à attendre que les progrès médicaux viennent hors de ses frontières.
    Les possibilités qu’offrent le matériel de recherche bibliographique devraient être un domaine sacré intouchable, inviolable. Et il est affligeant de constater que nous sommes tombés bien bas pour que des restrictions budgétaires osent s’attaquer à ce secteur si noble et si essentiel. Bonne chance à la bibliothèque pour négocier au mieux ce virage délicat quelle doit affronter, dans l’intérêt de tous et de la science.

  73. les revues NEJM, JAMA et NATURE,font partie des revues avec « impact factor » les plus élevées. En les supprimant, les responsables de la faculté privent les médecins de leur droit à la mise à jour de leurs connaissances par la publication de données nouvelles dans des revues de premiers choix. Ceci peut a pour conséquence directe des prises en charge inadaptées des patients à court ou moyen terme, sans parler du handicap à la mise à la connaissance scientifique.Cette bibliothèque est censée être la bibliothèque médicale de reference à Paris, elle se voit cannibalisée par des bibliothèque semi privées bénéficiant de dons de richissimes personnes civiles et morales et également de fonds publicsavec l’assentiment des responsables universitaires. Merci de rectifier cette injustice et de rendre à ce lieu son statut.

  74. Informer les praticiens de ce qui se fait et se dit des bonnes pratiques cliniques est directement lié à l’efficacité auprès de nos patients. Ce n’est pas une nouvelle.

    L’information que nous venons chercher dans ce lieu de transmission du savoir qu’est la BIUM, est donc au cœur de notre pratiques.

    Faute d’information, le praticien est inévitablement médiocre. Ce qui risque d’être nouveau est que nous devons réussir à le justifier … et là…

    Un grand merci encore une fois à toute cette équipe de la BIUM qui depuis 20 ans que je viens n’a jamais manqué de trouver les informations recherchées.

  75. Ouverte à tous les publics (enseignants, étudiants, chercheurs), ayant une forte attractivité, fournissant des documents en France et à l’étranger la BIU Santé remplit des missions régionales, nationales et internationales, grâce à la richesse de ses collections et à tous les services qu’elle offre.
    Pour ce lieu de diffusion des connaissances les plus récentes et possédant des collections de référence mondialement reconnues, il ne peut être accepté que des contraintes budgétaires drastiques et des conditions de vente imposées par les éditeurs conduisent aux désabonnements de milliers de titres de revues.
    L’Académie nationale de Pharmacie exprime sa grande inquiétude face à cette situation qui va, si elle se prolonge, priver la communauté scientifique nationale et internationale de façon irréversible d’un potentiel scientifique unique et indispensable.
    Elle propose de :
    – ouvrir un vrai débat dans la communauté scientifique et coordonner les actions entre tous les acteurs concernés : les enseignants-chercheurs, les chercheurs qui publient et participent aux comités de lecture, les bibliothécaires qui gèrent les acquisitions et les accès, en fonction d’une politique à long terme, les usagers qui ont des besoins et les décideurs qui doivent définir une stratégie fondée sur des bases solides, justifiées, adaptées et pertinentes ;
    – adopter une politique ambitieuse de publication en Open Access ce qui permettrait de réintroduire de la concurrence sur ce marché ;
    – dénoncer la politique de bouquets de revues imposée par les éditeurs.

  76. Il est navrant de voir que ce qui était prévisible arrive… le très actif et influent lobby des éditeurs et des sociétés de répartition finira, par son avidité, par tuer la poule aux œufs d’or, en grande partie parce que les acheteurs, qui devraient en principe être les rois (« le client est roi… ») sont trop divisés.

    En ce qui concerne les bouquets d’abonnements aux revues médicales, pourquoi l’AP-HP et la BIU Santé ne font elles pas affaire pour négocier ensemble : les hospitalo-universitaires franciliens puisent aux deux sources et les doublons sont inutilement coûteux et in fine nous appauvrissent.
    Le consortium Couperin est il suffisamment vivace, et ouvert ? On pourrait faire en sorte qu’il s’étende à l’ensemble des bibliothèques et services de documentations académiques (universités, grandes écoles, ESPT…) et à tous les CHU et hôpitaux publics ou participant au service public (ESPIC) français et francophones (Suisse, Belgique, Luxembourg, Québec…), ainsi qu’aux ARS et autres agences publiques de santé (HAS, ANSM, etc.) ; il pèserait alors bien plus lourd en face des groupes d’édition Springer, Elsevier, Wiley et autres…

    Comme le montre la chronique de l’Université de Montréal, citant le « privilège » accordé par Wiley à McGill, chacun croit encore bien trop souvent qu’il a intérêt à négocier individuellement un petit avantage par ci, un petit avantage par là, de sorte que les acheteurs se laissent encore tondre comme des moutons.

    Lorsque j’étais chargé de mission au ministère de l’enseignement supérieur, dans les années 2000, les négociations avec le Ministère de la culture, chargé de la protection de la propriété intellectuelle viraient toujours au détriment de l’éducation nationale… il serait temps d’alerter nos tutelles actuelles pour tenter d’inverser le courant et leur faire prendre conscience qu’il en va de la richesse nationale lorsque nos collections s’amenuisent et que les chercheurs ou les praticiens doivent acheter individuellement leurs revues ou leurs articles.

    Autre suggestion, que l’Université tente une politique de mise en commun des abonnements rendant inutile les abonnements individuels… je suis personnellement abonné à une dizaine de titres français ou étrangers, de revue que la BU ne proposait pas. En regroupant tous ces budgets individuels, et les budgets de services hospitaliers, de laboratoires universitaires ou académiques, on devrait pouvoir consolider les budgets, à condition que chacun soit assuré que les titres auxquels il tient et serait prêt à renoncer en mutualisant son budget personnel ou d’équipe seront assurés pour une période contractuellement fixée…

    Merci de vos efforts, que la période de vache maigre invite à intensifier…
    Bien cordialement

    V Hazebroucq, MD, PhD

  77. Bonjour,

    Je reviens après 4 ans dans cette bibliothèque qui m’apparaît comme une référence pour tous et à tous les niveaux.

    Je suis choqué que les restrictions budgétaires puissent amputer le monde des recherches à ce point.

    Continuez à vous battre et à résister.
    Il ne faut pas que la B.I.U. sombre.
    Ce serait une perte inestimable.

    Merci pour nous tous de poursuivre…

  78. Il ne reste que deux choix à tous les professionnels de santé:
    – accepter les décisions budgétaires que les politiciens ont décidées, avec les conséquences = moins bien soigner la population tout simplement
    – devoir payer de sa propre poche, mais c’est dommage, aucun de nous n’aura jamais le salaire pour se payer l’abonnement aux dizaines de revues que nous consultons régulièrement.

    Il y a beaucoup de coûts que l’on peut réduire, on peut renégocier les tarifs, mais couper tout simplement les fonds détruit de la valeur, et c’est difficile de le justifier.

    Commencent à se mettre en place des alternatives, des chercheurs qui paient eux -mêmes la publication, ou partagent: http://www.academia.edu/

    Et vous, qu’allez vous faire?
    Stéphane, étudiant en médecine, abonné par mes propres moyens à 2 revues scientifiques.

  79. Habitant et travaillant à Mayotte, donc un peu loin de la BIUP, je l’utilise à distance de temps à autre. Et aujourd’hui je suis saisi de stupeur en apprenant les gravissimes choix budgétaires et leurs conséquences bien pires encore.
    Agissons.
    Quelles sont les voies d’actions en cours ?

  80. Bonjour,
    Où en êtes-vous pour l’année 2015? Allez-vous pouvoir de nouveau accéder aux revues auxquelles vous vous êtes désabonnées (avec regret je n’en doute pas) pour des raisons budgétaires?
    Merci de votre réponse.

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