Calendrier des Dievx de décembre : La licorne dans tous ses états

Dans la première partie de son « Discours de la licorne »[1] Ambroise Paré réunit les sources historiographiques et les légendes qui entourent l’animal. Il détaille notamment les différentes particularités anatomiques qu’on lui a attribuées. La description ne manquant pas de sel, il nous a semblé amusant, en ce mois de décembre où opère la magie de Noël, de la reprendre et de faire un point sur son actualité.

Télécharger le calendrier de décembre 2017.

Montage à partir d’un dessin d’Albrecht Dürer et d’une gravure du XVIe siècle

Tout d’abord, Paré énumère les animaux dont elle se rapprocherait le plus. Et si aujourd’hui il est bien fixé que son corps est celui d’un cheval, elle a autrefois été décrite comme s’apparentant à un âne ou à un cerf. Elle a aussi été comparée à un rhinocéros, disant du même coup adieu à sa grâce légendaire, voire à un éléphant[2] ou encore à un lévrier.

Montage à partir d’une gravure de Nicolas Marechal et d’une gravure du XVIe siècle.

Du point de vue des couleurs, les témoignages compilés par le médecin divergent également. Les «uns la figurent noire, les autres de bay obscur». Tantôt moitié blanche, moitié noire, elle est aussi décrite comme tirant sur le pourpre en sa partie supérieure, quand elle n’est pas «rayee tout à l’entour comme une coquille de limaçon».

Il est désormais plus courant de la croiser couleur d’arc-en-ciel, éventuellement pourvue d’une corne à paillettes ou d’un doré du plus bel effet.

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Sa taille fait également l’objet de toutes les interprétations. Sa version «large» a peut-être inspiré les créateurs d’emoticons pour messagerie instantanée, qui proposent d’illustrer ses agapes par une licorne énorme en train de s’empiffrer de gâteaux à la crème.

Voilà donc un bien étrange animal, polymorphe, multicolore et à géométrie variable. Mais comme le soulignait fort justement, et non sans humour, Ambroise Paré, toutes ces descriptions fournies par les uns et par les autres «demonstre[nt] assez, que ces gens là n’en sçavent rien au vray».

Estampe extraite de P. Pomet, « De la licorne » dans Histoire générale des drogues…, Jean-Baptiste Loyson & Augustin Pillon, 1694. Cote : pharma_res000061

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[1] A. Paré, Discours d’Ambroise Paré, conseiller premier chirurgien du roy, à scavoir , de la mumie, des venins, de la licorne et de la peste, Paris, Gabriel Buon, 1582. 

Le texte a fait l’objet d’une réplique à laquelle Paré a répondu à son tour.

[2] On peut voir à Singapour, dans le quartier de Marina Bay une sculpture représentant un éléphant-licorne.

Chloé Perrot

En savoir plus

Ambroise Paré et ses ouvrages dans notre bibliothèque numérique Medic@

Ambroise Paré, chirurgien et écrivain français, exposition virtuelle sur notre site (2010) par Evelyne Berriot-Salvadore

Le GIF de licorne utilisé dans le tweet annonçant ce billet est une œuvre de Walter Newton, tous droits réservés

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