La BIU Santé et le Moyen Âge

Les hasards du calendrier valorisent soudainement le Moyen Âge dans nos collections.

Tous nos documents médiévaux sont concernés : les manuscrits parce qu’ils sont en passe d’être entièrement reproduits, et les incunables (c’est-à-dire les imprimés antérieurs à 1501) parce qu’ils sont exhaustivement décrits.

L’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT) numérise en ce moment même tous les manuscrits antérieurs au seizième siècle conservés dans les deux pôles de notre bibliothèque : une fois traitées, leurs images seront rendues disponibles par l’intermédiaire de la base de données Medium.

Pierre Hamouda, de l’IRHT, au travail dans nos locaux.

Cet ensemble de vingt-trois manuscrits inclut des pièces exceptionnelles : les trois premiers volumes des Commentaires de la Faculté de médecine de Paris (1395-1511), un grand recueil de traités de médecine enluminé (Ms 2046, Italie du Nord, XIVe siècle), un charmant manuscrit enluminé d’Avenzohar, le Liber Taysir (Ms 5119, XVe siècle), le cartulaire du Collège des apothicaires parisien (REG 7)… Quelques-uns d’entre eux sont les seuls survivants des collections primitives de nos bibliothèques.

Que nos collègues médiévistes et photographes de l’Institut soient chaleureusement remerciés.

Ms 2046. Recueil de traités de médecine, XIVe siècle.
Ms 1, première liste des ouvrages de la Faculté de médecine de Paris,1395.
Frontispice du cartulaire du Collège des apothicaires parisien (REG 7).

 

D’autre part, nous avons le plaisir d’annoncer la parution longtemps attendue du volume XV des Catalogues régionaux des incunables des bibliothèques publiques de France, par Yvonne Fernillot et Pierre Aquilon.

Consacré aux collections d’incunables de notre bibliothèque, mais aussi de celles de l’Académie de médecine, du Service de santé des armées, du Muséum national d’Histoire naturelle, de l’Observatoire de Paris, de l’École polytechnique, de l’École nationale des ponts et chaussées, du Conservatoire national des arts et métiers et du Sénat, ce nouveau volume réunit les descriptions érudites de 337 volumes, dont 97 sont conservés au pôle Médecine de la BIU Santé, et 38 au pôle Pharmacie.

Arbolayre contenant la qualitey et virtus… Lyon, 1485. Pharmacie RES 5773.

Cinquante-huit pages d’illustrations enrichissent le méticuleux travail de description et de compréhension des ouvrages que Pierre Aquilon a mené à son terme dans ce volume. Le classement principal, par nom d’auteur, est accompagné de sept tables (recueils, auteurs secondaires, reliures, bibliothèques, imprimeur et libraires, lieux d’impression, provenances). De nombreuses références bibliographiques accompagnent les notices. L’attribution des œuvres, quand c’est nécessaire, est faite en fonction des connaissances philologiques d’aujourd’hui – un labeur considérable dans certains cas.

Pierre Aquilon a eu la générosité de faire profiter la bibliothèque de ses notices longtemps avant leur présente publication, de sorte que nos incunables sont déjà tous décrits dans le Catalogue général informatisé de la BIU Santé. Son catalogue imprimé est cependant la meilleure source désormais pour cette partie de nos collections.

Sebastian Brant. Stultifera navis, Johann Bergmann, Bâle, 1497

Nos incunables sont pour nombre d’entre eux entrés dans les collections grâce aux confiscations révolutionnaires (pôle Médecine) ou grâce aux acquisitions de Paul Dorveaux (1851-1938) côté Pharmacie. Ils témoignent de l’activité éditoriale de la fin du XVe siècle, en faisant la part belle à ce qui constituait le corps du savoir médical de ce temps : auteurs antiques, auteurs arabes, savants, médecins et chirurgiens médiévaux, « jardins de santé », « régimes de santé », antidotaires, herbiers… Quelques ouvrages s’éloignent de la médecine (le Songe de Poliphile de Francesco Colonna, la « Chronique de Nuremberg » d’Hartmann Schedel, par exemple.)

Pline l’Ancien. Historia naturalis, Venise, 1498 (daté de 1497).

L’ouvrage ci-dessus provient par exemple de la bibliothèque du fameux bibliophile Jean Grolier (1479-1565) : c’est l’une des belles découvertes dues à ce catalogue.

Jean-François Vincent

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2 réflexions sur « La BIU Santé et le Moyen Âge »

  1. Quand j’ai aperçu la mandragore et son air triste une fois sortie de la terre , je me suis souvenu de la légende qui voulait qu’elles crient lorsque l’on les arrachaient à la terre …j’ai entrevu l ‘espace d’une fraction de seconde le cri de Munch, peut être l’effet à distance de cette solanacée et de ses alcaloïdes !

    L ‘aperçu de ces quelques pages fabuleuses nous donne l’envie de les découvrir toutes. Un grand merci et bravo pour ce travail minutieux qui permet de partager ces trésors.

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